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Procès pour corruption de l’ex-maire Robitaille : « La directive venait d’en haut »

L’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille à son arrivée au palais de justice de St-Jérôme.

L’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est accusé de corruption et d'abus de confiance.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Geneviève Garon

L’ex-directeur général de la ville de Terrebonne est demeuré vague quant à la « directive » qu’aurait donnée l’ancien maire Jean-Marc Robitaille sur le partage des contrats d’ingénierie.

Denis Lévesque témoignait mercredi au procès pour corruption et abus de confiance de l’ex-maire et de trois coaccusés.

On va continuer avec les mêmes firmes d’ingénierie qui travaillaient déjà avec les anciennes villes. C’est ce que Jean-Marc Robitaille aurait affirmé au directeur général de la ville de Terrebonne en 2001, après la fusion municipale avec les villes de Lachenaie et La Plaine.

Denis Lévesque s’est fait poser peu de questions au sujet de cette discussion et a fourni de maigres détails, après avoir passé plusieurs heures à la barre des témoins, mercredi.

Ça s’est probablement passé dans le bureau du maire et il a ensuite avisé les directeurs qui avaient à préparer des appels d’offres qu’il fallait faire affaire avec les firmes BPR Triax, LBHA et NACEV [éventuellement achetée par LBHA].

Or, la directive verbale de Jean-Marc Robitaille constitue la pierre d’assise du stratagème de partage de contrats en échange de pots-de-vin, selon l’exposé des faits présenté par la poursuite à l’ouverture du procès, lundi.

L’ex-chef de cabinet du maire Daniel Bélec, l’ancien directeur général adjoint Luc Papillon et l’entrepreneur Normand Trudel sont aussi au banc des accusés, au palais de justice de Saint-Jérôme.

On savait que la directive venait d’en haut, a pour sa part témoigné l’ancien responsable de la planification des infrastructures Jacques Dumas.

Celui qui a pris sa retraite de la Ville en 2011 a affirmé que c’est le directeur de l’ingénierie de l’époque, Marc Bouchard, qui l’avait informé de convier seulement BPR Triax et LBHA aux appels d’offres sur invitation, soit pour les contrats entre 25 000 et 100 000 dollars.

Mardi, Marc Bouchard a déclaré avoir reçu cette directive du directeur général Denis Lévesque.

Voyages payés par un ingénieur

Denis Lévesque s’est rendu trois fois au lac des Neiges, dans les Laurentides, entre 2005 et 2007, pour des parties de pêche défrayées par le dirigeant de NACEV, Aurèle Théberge.

Il se serait aussi fait payer des séjours aux Îles-de-la-Madeleine en 2008 et en 2009. Lors de certains voyages, il aurait partagé des moments avec les quatre accusés.

Une vidéo présentée en salle d’audience montre le maire Robitaille et son épouse attablés sur un bateau en compagnie d’Aurèle Théberge et Denis Lévesque, de même que leurs conjointes.

Les cadeaux des fournisseurs de la Ville étaient monnaie courante pour les fonctionnaires et les élus, et pas seulement à Terrebonne, selon M. Lévesque, qui a soutenu que cela n’avait jamais eu d’influence sur ses décisions.

Toutes les règles devaient être respectées lors des processus d’appels d’offres, a-t-il déclaré en contre-interrogatoire.

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