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Le plus grand syndicat du pays déroule le tapis rouge pour Jagmeet Singh

Contrairement à Unifor, le SCFP appuiera encore le NPD sans réserve cette année.

Jagmeet Singh donne l'accolade à un membre de l'exécutif du Syndicat canadien de la fonction publique, alors que d'autres personnes applaudissent.

Le NPD bénéficie de l'appui du Syndicat canadien de la fonction publique, qui a reçu le chef du parti, Jagmeet Singh, à son congrès de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a été reçu avec tous les honneurs, mercredi matin, par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui l’a autorisé à prendre la parole pendant 45 minutes dans le cadre de son congrès national bisannuel.

Conquis d’avance, les 2200 délégués présents ont réservé au chef du NPD un accueil plus que chaleureux. Ils se sont même levés pour l’applaudir à six reprises, dont trois fois lorsque M. Singh a rappelé la promesse de son parti d’implanter au Canada l’assurance médicaments dont bénéficient déjà les Québécois.

Le chef du NPD a notamment profité de sa tribune pour attaquer le Parti libéral et le Parti conservateur. Il a aussi accusé le Parti vert de ne pas être « l’ami des travailleurs » (« The Green Party is no friend of labour », en anglais), reprochant en outre à sa chef, Elizabeth May, d’être prête à travailler avec Andrew Scheer et d’entretenir le flou sur la question de l’avortement.

Le leader néo-démocrate a également mis en garde les syndiqués quant au vote stratégique. Accepteriez-vous des concessions qui nuiraient aux travailleuses et aux travailleurs? Non. Alors, n'acceptons pas des concessions dans l'urne non plus, leur a-t-il lancé.

Je ne veux pas que le Canada se contente de moins.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

De fait, les appels au vote stratégique se font de plus en plus nombreux à l’approche du jour du scrutin.

Unifor, par exemple, appelle ses 315 000 membres à bloquer le Parti conservateur. Son président, Jerry Dias, a invité Justin Trudeau au plus récent congrès de la centrale syndicale, trois semaines seulement avant le déclenchement des élections, ce qui a été largement perçu comme un appui indirect au premier ministre sortant.

Jerry Dias et Justin Trudeau marchant dans un couloir du parlement à Ottawa.

Le président national d'Unifor, Jerry Dias, et Justin Trudeau avaient aussi eu une rencontre en novembre 2018 à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Le Parti libéral a fait adopter plusieurs projets de loi progressistes durant la dernière législature; ce n’est plus le Parti libéral d’autrefois, a expliqué M. Dias à CBC, au cours d’une entrevue téléphonique réalisée la semaine dernière.

Unifor appuiera cependant certains candidats néo-démocrates dans les quelques circonscriptions où ils sont le mieux placés pour battre les conservateurs. M. Dias cite par exemple Berthier–Maskinongé, où la candidate Ruth Ellen Brosseau tentera de se faire élire pour une troisième élection d'affilée.

Notre dossier Élections Canada 2019

Les membres du SCFP seront appelés vendredi à voter une résolution pour soutenir le NPD aux élections du 21 octobre. Pour les organisateurs, il ne fait aucun doute que la résolution sera adoptée.

Après tout, c’est nous qui avons lancé ce parti!, explique Lisa Djevahirdjian, du service des communications du SCFP, rappelant que le syndicat est affilié au Congrès du travail du Canada, qui s’est allié au Parti social-démocratique pour créer le NPD en 1961.

À moins d’un revirement, Jagmeet Singh pourra donc continuer de compter sur le soutien du plus grand syndicat du pays, qui compte aujourd’hui 700 000 membres un peu partout au Canada.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), à laquelle le SCFP-Québec est affilié, a pour sa part décidé de ne pas se prononcer sur les élections cette année. La centrale, qui a longtemps appuyé le Bloc québécois, a cessé de le faire en 2015, et ses dirigeants ont fait savoir le 11 septembre dernier qu’ils n’entendaient pas renouer avec cette tradition.

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