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Prévention des incendies : des milliers d’infractions à Halifax

Fermez les portes de l'immeuble durant la nuit, et vérifiez les piles de votre avertisseur de fumée, recommandent les pompiers.

Matt Covey en uniforme devant un camion de pompiers.

Matt Covey, chef de la division de la prévention des incendies à Halifax.

Photo : CBC / Angela MacIvor

Radio-Canada

Depuis le début de l’année, 846 habitations à Halifax ont été responsables de 5912 manquements au code de prévention des incendies. La majorité des édifices pris en défaut ont commis plusieurs infractions à la fois. Certains en ont même des dizaines.

L’infraction la plus courante est de ne pas avoir testé et tenu à jour les dispositifs de sécurité, et de ne pas avoir documenté correctement les tests effectués.

Matt Covey, chef de la division de la prévention des incendies à Halifax, indique que cela englobe plusieurs types de dispositifs, comme les détecteurs de fumée, les alarmes d’incendie, le système de gicleurs et les lumières d’urgence d’un édifice.

Parmi les autres infractions courantes, on remarque l’absence de plan d’évacuation, les sorties de secours bloquées, les portes qui ferment mal, les installations électriques dangereuses, et le mauvais entreposage de matériel susceptible d’être un risque d’incendie.

Matt Covey admet qu’il est très rare qu’aucune infraction ne soit dénotée lors de l’inspection d’un édifice. Ce serait un sur un millier, estime-t-il. Il y a toujours quelque chose qui manque, et je ne blâme pas les propriétaires. Cela en fait beaucoup à gérer et c’est facile d’oublier une chose.

Un extincteur dont on voit l'étiquette pour indiquer qu'il a été inspecté récemment.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les inspecteurs s'assurent que les extincteurs soient toujours en bon état de fonctionnement.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Léger

Selon M. Covey, ce n’est pas la quantité d’infractions qui est la plus problématique, mais la sévérité des manquements aux mesures de sécurité. Lorsqu’il y a plus de 40 infractions lors d’une seule visite, c’est un signe que quelque chose ne va pas, ajoute-t-il cependant.

Tous les types d’habitation sont dans la mire du service des incendies. Par l’entremise d’une demande d’accès à l’information, CBC en Nouvelle-Écosse a appris par exemple que l’édifice Armoury Square, un immeuble de luxueux condominiums sur la péninsule d’Halifax, a été pris en défaut pour 46 infractions plus tôt cette année.

Une visite des services d’incendie a révélé que l’édifice n’avait pas de plan d’évacuation approprié. Après avoir demandé qu’on leur démontre comment les résidents pourraient s’échapper durant un feu, les inspecteurs ont été entraînés jusqu’à une cour arrière et se sont retrouvés devant une clôture verrouillée avec un cadenas.

Toutes les issues doivent permettre aux résidents de sortir sans avoir besoin d’une clé, a indiqué l’inspecteur dans son rapport.

Des constats d’infraction ont aussi été remis pour ne pas avoir tenu à jour le plan d’évacuation, et pour des portes d’entrée ou de sortie qui fermaient mal.

David DiPersio, président du syndicat de condo à Armoury Square, affirme que des mesures ont été prises pour remédier rapidement aux infractions, et qu’une lettre de conformité a été par la suite obtenue.

Selon Mark Covey, s’il est crucial que les systèmes d’alarme d’incendie et le réseau de gicleurs d’un édifice soient en bon état de marche, il est aussi primordial que les propriétaires d’immeubles aient un plan d’évacuation et le communiquent.

Les employés [de l’immeuble] doivent savoir ce qu’ils sont censés faire si une alarme se déclenche, dit-il.

« Vous ne vous réveillerez pas »

Natasha Prest, du service d’incendie de la Municipalité régionale d’Halifax, souligne de son côté l’importance d’avoir des portes qui ferment complètement. Une porte fermée diminuera la quantité de fumée et de gaz qui entrera dans une pièce, mentionne-t-elle.

Elle dit avoir vu des scènes d’incendie où les portes fermaient mal. La fumée se propageait donc plus rapidement, ce qui a réduit de plusieurs précieuses minutes le temps dont disposaient les résidents pour évacuer les lieux et être en sécurité.

Dormez avec vos portes fermées la nuit, je le recommande à 100 %, dit Mme Prest.

Enfin, dans la majorité des incendies majeurs, un détecteur de fumée dont les piles sont à plat est découvert, affirme Mark Covey.

Lorsqu’ils ne fonctionnent pas, trop de gens se disent: “Je vais me réveiller”. Non, vous ne vous réveillerez pas. Le feu va prendre tout l’oxygène, vous allez être plongés dans un sommeil profond, et lorsque vous êtes rendus à ce point, c’est très difficile de s’en sortir, dit-il.

Camion rouge et blanc stationné devant un immeuble à logements.

Un véhicule de la division de la prévention des incendies à Halifax.

Photo : CBC / Paul Palmeter

La division de la prévention des incendies à Halifax compte 14 inspecteurs. Matt Covey aimerait en avoir une trentaine, car les distances à parcourir sont grandes dans la Municipalité régionale d’Halifax. 

Le service d’incendie priorise les édifices « à risque » qui ont déjà reçu plusieurs constats d’infractions, les immeubles à appartements ou condominium, ainsi que les résidences situées les plus loin d’une borne d’incendie. 

M. Covey déplore que son équipe n’ait pas l’autorité d’inspecter les immeubles de trois logements ou moins. Il espère convaincre les élus municipaux de modifier ce règlement.

D'après le reportage d'Angela MacIvor, CBC

Nouvelle-Écosse

Prévention et sécurité