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Simon Brousseau : « La nouvelle oblige à faire beaucoup avec peu »

Il sourit au micro.

Le professeur de littérature et auteur Simon Brousseau

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Radio-Canada

Simon Brousseau privilégie la nouvelle, une forme intense où il n'y a pas vraiment de temps morts, qui parle aux lecteurs et lectrices de notre époque.

Dans Synapses, son premier livre, paru en 2016, Simon Brousseau racontait en 200 petits paragraphes des tranches de vie cocasses et touchantes. La traduction du livre par Pablo Strauss, parue en anglais en 2019, est en lice pour un Prix littéraire du Gouverneur général.

Les fins heureuses, le deuxième recueil de nouvelles de Simon Brousseau, paru en 2018, joue avec le cynisme et le désespoir. On y croise toute une galerie de personnages, à la fois familiers et insolites, notamment un nageur passif agressif qui règle ses comptes à la piscine municipale à coup de missives anonymes.

Mais avant d'écrire ces deux livres de fiction, l'auteur s'était fait remarquer en 2015 avec le récit Le singe joyeux dans la tapisserie, inspiré par le suicide d'un ami, un peu avant Noël, et qui lui avait valu une place de finaliste du Prix du récit Radio-Canada.

Il y avait maintenant une chanson de Bob Marley qui jouait, c'est sans doute ce qui m'avait fait penser à lui, et en fixant les mots sur la première page de ce livre que je n'arrivais décidément pas à commencer, j'ai tenté encore une fois d'imaginer sa dernière minute, la façon dont il l'avait vécue, ce à quoi il avait pensé, s'il avait été calme ou bien nerveux, puis je me suis buté à l'opacité de son geste puisque je ne savais pas comment il avait fait ça, seulement qu'on l'avait retrouvé quelques jours plus tard.

Extrait du récit de Simon Brousseau, « Le singe joyeux dans la tapisserie »

Toucher à l'essentiel

Dans ce récit écrit au « je », le narrateur, attablé dans un café, décrit minutieusement les pensées sombres qui surgissent dans sa tête. « Je crois qu'on doit s'autoriser à essayer de tout écrire », explique Simon Brousseau, qui a commencé à s'imaginer écrivain quand il a découvert la poésie, au secondaire. Car quand on cherche à toucher l'essentiel, on se donne une chance d'écrire quelque chose de juste.

Et c'est là le défi de l'écriture de nouvelles : toucher à l'essentiel. Par sa brièveté, la nouvelle est un genre qui oblige à faire beaucoup avec peu. La nouvelle accepte qu’on ne puisse pas tout dire; c’est un genre qui fait confiance aux lecteurs et lectrices.

En jazz, Simon Brousseau affectionne les artistes qui possèdent un son qui leur est propre, un son qu'on peut reconnaître après quelques secondes d’écoute. Avec la nouvelle, c’est un peu la même chose : Le sujet importe peu, il faut qu’il y ait une voix singulière qui s’exprime dans le texte.

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