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Il y a 40 ans, le début des Nordiques dans la LNH

Il y a 40 ans, les Nordiques de Québec faisaient leur entrée dans la Ligue nationale de hockey (LNH)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Nadeau

Guillaume Piedboeuf

C'était en octobre 1979. Les Nordiques de Québec faisaient leur entrée tant attendue dans la Ligue nationale de hockey. Une défaite de 5-3 à saveur de victoire contre les Flames d’Atlanta, au Colisée de Québec, a marqué le début d’une nouvelle ère dans le hockey québécois.

Désirée depuis des années par les dirigeants des Nordiques, la fusion de l’Association mondiale de hockey (AMH) avec la Ligue nationale de hockey (LNH) avait été finalisée six mois plus tôt, à la fin mars 1979.

C’était euphorique pour les partisans de Québec parce que ça signifiait jouer dans la même ligue que le Canadien de Montréal. C’était le but visé depuis la toute première saison dans l’AMH. Finalement, après sept ans de bataille, on y était, se rappelle l’ancien journaliste du Soleil Maurice Dumas, alors assigné à la couverture de l’équipe.

Tout le monde était fébrile, c’est sûr. L’AMH était une belle ligue avec de bons joueurs, mais la grosse ligue, on ne se le cachera pas, c’était la Ligue nationale de hockey, raconte Alain Côté, qui commençait alors sa troisième saison avec les Nordiques.

Alain Côté, alors qu'il évoluait au sein des Nordiques de Québec.

Alain Côté, alors qu'il évoluait au sein des Nordiques de Québec.

Photo : Courtoisie Alain Côté

Au camp d’entraînement, de nombreux nouveaux visages en provenance de défuntes équipes de l’AMH, dont Robbie Ftorek, étaient venus gonfler l’alignement fleurdelisé.

La table était mise pour le match du 10 octobre 1979 face aux Flames d’Atlanta.

Un Colisée plein à craquer

Le Colisée était plein, plein, plein. C’était avant l’agrandissement, donc il y avait à peu près 10 000 places, mais d’après moi on a dû y mettre 12 000 ou 13 000 personnes. Il y avait du monde partout alentour, debout, se rappelle Alain Côté, forcé de regarder le match des estrades en raison d’une blessure subie à la fin du calendrier de présaison.

Après deux périodes, les Nordiques n’ont pas donné grand-chose à se mettre sous la dent à leurs partisans. Tirant de l’arrière 4-0, les hommes de Jacques Demers se butent à un certain Daniel Bouchard devant le filet des Flames. Mais le vent va tourner en troisième période, gracieuseté de Réal Cloutier.

En inscrivant un tour du chapeau en troisième période, chaque but sur des passes de Marc Tardif, la fierté de Saint-Émile vient de faire oublier la défaite de 5-3.

Le lendemain, on ne titrait pas avec la défaite des Nordiques. On titrait avec le show de Réal Cloutier et le fait que les Nordiques avaient fait bonne impression, relate Maurice Dumas.

La naissance de la rivalité Nordiques-Canadien

Mais avant même le match contre les Flames, la véritable date encerclée sur le calendrier des Nordiques est celle du 13 octobre. Le deuxième match des Nordiques dans la LNH est au Forum de Montréal face au Canadien, vainqueur des quatre dernières Coupes Stanley.

Une déclaration de Gilles Lupien a mis le feu aux poudres quelques jours auparavant. Le défenseur du Canadien a prédit une raclée de 10-1 ou 9-0 contre les Nordiques.

Des joueurs comme Réal Cloutier, Marc Tardif et Alain Côté, qui avaient joué dans l’AMH, c’était des gars orgueilleux. Ils ne voulaient pas avoir l’air fous contre le Canadien, rappelle Maurice Dumas. Ils se faisaient dire souvent que l’AMH était une petite ligue, alors ils étaient gonflés à bloc.

Réal Cloutier et Michel Goulet (à droite).

Réal Cloutier et Michel Goulet (à droite) lors d'un match des ex-Nordiques en 2011

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Ça avait été un bon match de hockey. La motivation était au maximum. Jacques Demers n’avait pas eu besoin de parler ben, ben longtemps, lance Alain Côté en souriant.

On avait beaucoup de francophones de notre côté, beaucoup de francophones à Montréal. Deux compagnies de bières comme propriétaires et il y a eu d’autres choses par après. Mais ça a vraiment été une belle expérience. Surtout jouer au Forum, j’adorais ça, poursuit-il.

Défaits 3-1, les Nordiques font tout de même mentir Gilles Lupien. Puis deux semaines plus tard, ils réalisent le rêve de bien des amateurs de hockey de la Vieille Capitale en triomphant du CH par la marque de 5-4 sur la glace du Colisée.

C’est le début d’une des grandes rivalités de l’histoire du hockey.

Une première saison en deux temps

Les performances surprenantes des Nordiques lors de cette saison 1979-1980 se poursuivent jusqu’à la mi-saison. Après 40 matchs, l'équipe joue pour ,500, en position pour participer aux séries. Les prouesses de Réal Cloutier et du gardien Michel Dion y sont pour quelque chose. Mais une régression se pointe à l’horizon.

La première moitié de saison, on tenait notre bout, mais après, on aurait dit qu’on avait frappé un mur. C’est comme si les équipes s’étaient habituées à nous, relate Alain Côté.

Éprouvés par des blessures chez plusieurs joueurs clés, les Nordiques plantent du nez. Pour ajouter à cette fin de saison catastrophique, Jacques Demers crucifie plusieurs de ses joueurs sans les nommer, dans les pages du quotidien montréalais La Presse.

C'est me respecter que de démissionner si les égoïstes et les losers ne changent pas de camp, balance-t-il notamment, déclenchant une guerre avec plusieurs de ses joueurs se sentant visés, dont Tardif et Cloutier. Jacques Demers sera remplacé derrière le banc par Michel Bergeron, la saison suivante.

Cette saison-là, Marc Tardif et Réal Cloutier avaient marqué 30 % des buts des Nordiques, même en manquant une quarantaine matchs à cause des blessures. C’est vous dire la sévérité qu’on avait envers ces joueurs-là. Pourtant, c’est grâce à eux et tout le noyau de joueur de l’AMH, qui avait donné tout un spectacle pendant des années, que les Nordiques ont pu faire le saut dans la LNH, conclut Maurice Dumas.

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