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Cœur et poumons artificiels pour sauver des vies au marathon de Québec

Le compte-rendu de Bruno Savard

Photo : iStock

Jonathan Lavoie

L’équipe médicale du Marathon SSQ de Québec est prête à parer à toute éventualité. Pour la deuxième année, les services d'urgence auront en leur possession un équipement capable de remplacer temporairement le cœur et les poumons en cas d'arrêt cardio-respiratoire.

L'équipement d’oxygénation par membrane extra-corporelle (ECMO) se trouve d'ordinaire dans les hôpitaux mais sera disponible sur le terrain.

C'est quand même très nouveau d'avoir un équipement d'ECMO au marathon, c'est quelque chose qui ne se fait pas vraiment ailleurs à ce que je sache, commente le chirurgien cardiaque Maxime Laflamme.

L’an dernier, l’équipe médicale est passée à un cheveu d’avoir à l'utiliser. Un coureur victime d'un malaise s’est effondré mais les équipes médicales ont réussi à le réanimer.

C'était la première année où on était présent. On a eu un arrêt cardiaque, mais l'équipe d'urgentologues a réussi à remmener le patient et on n'en a pas eu besoin, mais on était prêt à l'utiliser, relate le Dr Laflamme.

Maxime Laflamme, chirurgien cardiaque à l'IUCPQ

Maxime Laflamme, chirurgien cardiaque à l'IUCPQ

Photo : Radio-Canada

On a vraiment un mini bloc opératoire qu'on a aménagé avec les moyens qu'on peut dans la tente médicale d'un marathon.

Maxime Laflamme, chirurgien cardiaque à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Comment ça fonctionne?

Dans le cas d’un arrêt cardio-respiratoire, l’équipement d’ECMO sera branché au patient par de petites incisions dans l'aine.

Un premier tube pompe le sang de la veine fémorale dans l’appareil. Le sang oxygéné par la machine est ensuite renvoyé dans l’artère fémorale du patient par un deuxième tube.

Un coeur modélisé en avant-plan et, à l'arrière, un appareil d'oxygénation par membrane extra-corporelle

L'équipement d'ECMO permet de remplacer le cœur et les poumons d'un patient pendant son transport à l'hôpital.

Photo : Radio-Canada

L'avantage d'avoir l'appareil ECMO au marathon, c'est qu'on sauve énormément de temps, résume le perfusionniste Christian Pigeon.

Sans cet équipement, un patient en arrêt cardio-respiratoire serait maintenu en vie avec un massage cardiaque et une ventilation traditionnels jusqu’à son arrivée à l’hôpital.

[Quand] on est rendu que ça fait trois quarts d'heure qu'on masse, les chances de survie sont relativement nulles. En ayant l'appareil ECMO au marathon, on peut agir beaucoup plus rapidement, précise Christian Pigeon.

Vaste équipe médicale

Pas moins d’une quarantaine de personnes, sans compter les nombreux bénévoles, veilleront à la sécurité des coureurs le 13 octobre.

Disséminés tout au long du parcours de 42 km, on compte 4 médecins, 9 médecins résidents, 25 infirmières, 3 inhalothérapeutes en plus de l’équipe d’ECMO de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Une partie de l'équipe médicale du Marathon SSQ de Québec avec, sur la table, un appareil d’oxygénation par membrane extra-corporelle.

Une partie de l'équipe médicale du Marathon SSQ de Québec.

Photo : Radio-Canada

La tente médicale principale sera installée à proximité du fil d’arrivée, puisque c’est à cet endroit que les coureurs sont le plus souvent victimes d’un malaise.

Au marathon de Montréal il y a quelques semaines, un coureur de 24 ans s’est effondré à 2 km de l’arrivée alors qu’il participait à l’épreuve du 21 km. Il est malheureusement mort d’un arrêt cardio-respiratoire.

L’ambulance aurait mis 25 minutes avant d’atteindre le lieu de l’incident.

À Québec, le chirurgien Maxime Laflamme assure que les équipes médicales sont vraiment organisées pour être capables de rapatrier les gens à la tente médicale avec des corridors rapides, avec des médecins à des avant-postes.

Prévention

Selon la directrice de l’équipe médicale du marathon de Québec, Véronick Cullen, il n’y a pas de recette magique pour éviter les malaises lors des épreuves d’endurance.

Elle recommande aux coureurs de respecter leurs limites et de bien se préparer avant l'épreuve.

Il faut s'écouter et il faut s'écouter avant. Ce n’est pas nécessairement au jour de la course qu'il faut s'écouter. Il faut savoir s'entraîner, reconnaître nos signaux qui nous disent qu'on commence à être fatigué, déshydraté ou qu'on commence à tituber, résume-t-elle.

Les malaises les plus fréquents lors d’un marathon sont liés à la déshydratation, aux coups de chaleur ou à l’hypothermie.

Les cas les plus graves sont les arrêts cardio-respiratoires qui, parfois, causent la mort du coureur.

Avec les informations de Bruno Savard

Québec

Marathon