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Plus d'un million d'Ontariens ont déjà conduit sous l’influence du cannabis

Un homme au volant tient une cigarette de cannabis dans sa main.

Environ 1,2 million d'Ontariens ont, à un moment donné, consommé du cannabis avant de conduire selon une récente étude.

Photo : iStock

Marguerite Gallorini

Une étude révèle qu'environ 1,2 million d'Ontariens ont déjà consommé du cannabis avant de conduire.

Selon l'enquête de l’Association canadienne des automobilistes (CAA) réalisée en juin dernier, 72 % des Ontariens interrogés ont déclaré avoir attendu trois heures ou moins pour prendre le volant après avoir consommé du cannabis, et 27 % en ressentaient encore les effets.

Teresa Di Felice, vice-présidente adjointe des relations gouvernementales et communautaires de la CAA, précise : Nous avons également conduit une recherche l’an passé qui révèle que jusqu’à cinq heures après la consommation d’un joint, la capacité et l’aptitude des gens à conduire est encore affectée.

La conduite avec facultés affaiblies constitue la principale cause criminelle de décès et de blessures au Canada. En 2017, la police a signalé plus de 69 000 incidents de conduite avec facultés affaiblies, dont près de 3500 par la drogue.

Une recherche réalisée en 2017 par le gouvernement sur la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue avait révélé que 22 % des jeunes Canadiens ayant consommé du cannabis avaient indiqué avoir conduit avec les facultés affaiblies, car ils pensaient que ce n’était pas aussi dangereux que l’alcool au volant.

Avec sa récente étude, la CAA souhaite ainsi mettre en garde contre les effets du cannabis, souvent mal compris par la population.

Une prise de conscience nécessaire

Tout comme l’alcool, le cannabis affecte les gens de façon différente selon la physionomie de chacun, mais le fait qu’il y a un effet sur la capacité de chacun à conduire est toujours avéré.

Ce que nous demandons aux gens, c’est que, si vous allez consommer [du cannabis], trouvez d’autres façons de vous rendre là où vous voulez aller ensuite plutôt que de prendre le volant.

Teresa Di Felice, CAA

L'étude montre par ailleurs que plus de la moitié des conducteurs ontariens qui consomment du cannabis consomment aussi de l'alcool en même temps, ce qui décuple l'impact sur leur conduite.

Nous voulons vraiment faire passer le message que, comme nous l’avons fait pendant tant d’années concernant les dangers de boire et conduire, c’est la même chose avec le cannabis [...] : ça a un réel impact, dit Teresa Di Felice. C’est bien la raison pour laquelle les gens en consomment : parce que ça les fait planer.

Et alors que les produits de cannabis comestibles vont bientôt être en vente légale, Teresa Di Felice estime qu'il est important de rappeler que ceux-ci agissent différemment, et que les effets peuvent survenir plusieurs heures après leur consommation.

Les conducteurs doivent ainsi tenir compte de ces effets à retardement avant de décider de se rendre quelque part en voiture.

Une autre représentante de la CAA ajoute que les données scientifiques sur l'alcool au volant existent depuis un certain temps déjà, et nous savons la quantité d'alcool poussant les gens à dépasser la limite légale. Ce qui est délicat avec le cannabis, c’est qu'il est si nouveau qu'il est plus difficile d'avoir une réponse définitive, d'où l'importance d'études sur les effets du cannabis au volant.

Toronto

Cannabis