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« Toute ma vie s'est écroulée » - la mère de l'adolescent tué devant son école à Hamilton

Une femme en pleurs est consolée par une proche.

Shari-Ann Bracci-Selvey

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Shari-Ann Bracci-Selvey, la mère du jeune Devan, 14 ans, tué près de son école à Hamilton lundi après-midi, s'est exprimée pour la première fois devant les caméras.

Il avait une belle âme, il protégeait tout le monde, il les défendait contre tout ce qui n'était pas bien, a-t-elle d'abord dit en sanglotant.

Devan Bracci-Selvey, a été poignardé tout près de l'École secondaire Sir Winston Churchill.

Je n'ai pas dormi depuis 6 h 30 lundi lorsque je l'ai réveillé pour aller à l'école et puis lorsqu'il m'a appelé pour me dire qu'ils l’embêtaient à l'école. J'y suis allée et toute ma vie s'est écroulée.

Shari-Ann Bracci-Selvey

Selon sa mère, Devan a commencé à être victime d'intimidation dès le deuxième jour d'école, après un incident lors duquel il s'est fait voler son vélo. Ils n'ont cessé de le harceler depuis [...] il a manqué beaucoup de cours, il m'appelait, j'allais le chercher et parfois il refusait d'y aller, a-t-elle ajouté.

Devan Bracci-Selvey portant une casquette, une chemise bleue et une cravate

Devan Bracci-Selvey a été poignardé à mort près de son école secondaire, lundi à Hamilton.

Photo : Fournie par la famille Selvey

Shari-Ann Bracci-Selvey raconte avoir tenté pendant un mois de résoudre la situation avec la direction de l'école.

Selon elle, un jeune a été suspendu. Il ne devait pas être sur le terrain de l'école et puis il s'y est montré lundi, a-t-elle raconté. Ils font croire aux gens que toutes les écoles ont la même politique, une tolérance zéro, pas d'intimidation [...] et ce n'est pas vrai et personne n'est tenu responsable. Ça continue de se produire et puis des choses comme ça arrivent, a-t-elle poursuivi.

Personne n'a été là pour lui et, même moi, j'ai essayé de le sauver et je n'ai pas pu.

Shari-Ann Bracci-Selvey

Shari-Ann n'a pas été en mesure de parler du moment où son fils a été poignardé alors qu'elle était avec lui. Chaque fois que je ferme les yeux, c'est là, alors je ne ferme pas les yeux. Si je ne ferme pas les yeux, je ne peux pas le revivre.

Devan aurait bientôt été oncle, puisque sa sœur attend un enfant. Elle est effondrée. Elle ne sait pas comment surmonter tout ça non plus, mais elle essaie d'être forte pour moi et j'essaie d'être forte pour elle.

Il ne va jamais grandir, il ne va jamais se marier, il ne saura jamais ce que c'est que d'être père.

Shari-Ann Bracci-Selvey

Shari-Ann a aussi tenu à faire passer un message : Plus de gens doivent agir. Arrêtez d'être spectateurs!

Mon fils était [fin comme] un cure-dent et il défendait les gens. Personne ne pouvait s'approcher de ses amis. [...] Ils ne pouvaient pas les insulter ou Devan intervenait. Il ne méritait pas ça.

S’élever contre l’intimidation

Mercredi soir, plusieurs centaines de personnes ont participé à une veillée à la chandelle devant l’École secondaire Sir Winston Churchill, là où Devan Bracci-Selvey a été poignardé.

Plusieurs membres de sa famille, dont sa mère, étaient présents. Une minute de silence a été observée, et la chanson Give Peace a Chance, de John Lennon, a été reprise en chœur.

Une foule importante participe à une veillée à la chandelle.

Des centaines de personnes ont participé à un rassemblement à la mémoire de Devan Bracci-Selvey.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Plusieurs personnes ont pris la parole pour dénoncer l’intimidation.

Des chandails appelant à la fin de l’intimidation ont été distribués.

Les gens pouvaient également faire des dons pour aider la famille à payer les funérailles.

Une campagne GoFundMe a aussi été lancée par la sœur de Devan.

Le point sur l'enquête

Un jeune de 18 ans et un adolescent de 14 ans sont accusés de meurtre prémédité dans cette affaire.

En réponse aux questions des journalistes mercredi après-midi, le sergent-détective Steve Bereziuk de la police de Hamilton a affirmé que c'est le jeune de 14 ans qui aurait poignardé Devan Bracci-Selvey.

Il a répété que le garçon et la fille de 16 ans arrêtés mardi avaient été relâchés sans condition après avoir été interrogés jusque tard dans la nuit. Les policiers ne recherchent plus aucun suspect.

Le sergent-détective Steve Bereziuk de la police de Hamilton

Le sergent-détective Steve Bereziuk de la police de Hamilton a fait le point sur l'enquête mercredi.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

L'autopsie réalisée mardi a également confirmé que Devan Bracci-Selvey était mort des suites de ses blessures après avoir été poignardé.

Steve Bereziuk a par ailleurs assuré que les policiers sont au courant du vol de bicyclette survenu le mois dernier, mais qu'il n'y a aucun lien entre cette affaire et le meurtre. Quant aux allégations d'intimidation, elles constituent une piste de plus en plus importante, selon lui.

Le sergent-détective a ajouté avoir eu l'occasion de parler au père de la jeune victime, mais pas encore à sa mère voulant lui accorder le temps nécessaire compte tenu de l'épreuve qu'elle vit actuellement.

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