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Une majorité de femmes autochtones de la C.-B. insatisfaites des soins de santé

Un nouveau-né dans les bras de sa mère.

Le taux d’insatisfaction envers les services de soins de santé atteint 60 % chez les femmes autochtones ayant pris part à une étude en Colombie-Britannique.

Photo : iStock / Enzo Nguyen

Geneviève Lasalle

Se disant victimes de préjugés stéréotypés et du manque d’accessibilité dans leurs communautés, les femmes autochtones de la Colombie-Britannique dressent un portrait particulièrement négatif de leurs interactions avec le système de soins de santé de la province, selon une étude.

Ils ont présumé que j’étais alcoolique alors que je ne bois pas, raconte l’une des participantes d'une étude menée par la Fondation pour la santé des femmes en partenariat avec la compagnie d'assurances Croix bleue du Pacifique.

Près du tiers des Britanno-Colombiennes interrogées affirment ne pas recevoir de soins appropriés ou répondant à leurs besoins de manière satisfaisante. Or, chez les femmes autochtones, le taux d’insatisfaction atteint 43 %, lit-on dans un rapport intitulé « In her Words ».

Marc-Antoine Bélanger a receuilli des réactions

Jusqu'à 60 % d'entre elles soutiennent avoir l'impression que leur médecin minimise les symptômes qu'elles décrivent. Ce taux diminue à 51 % chez les autres femmes.

Rectificatif :

Une version précédente de ce texte affirmait que le taux d'insatisfaction des femmes autochtones par rapport au système de santé était de 60 %.

Or, le pourcentage de femmes qui « ont l'impression que leurs besoins ne sont pas comblés » par le système se situe plutôt à 43%. Le taux de 60 % s'applique plutôt aux femmes autochtones de tous âges qui ont l'impression « que leur médecin minimise les symptômes qu'elles décrivent ».

Une femme parle à la caméra lors d'une conférence de presse.

Chez les femmes autochtones, ce sont surtout les jeunes qui font le plus souvent face à des obstacles, note la Dre Lori Brotto.

Photo : Radio-Canada

Si vous êtes une jeune femme et une Autochtone, cette combinaison de facteurs vous rend plus vulnérable, explique la Dre Lori Brotto, directrice générale de l’Institut de recherche sur la santé des femmes.

Plus de 83 % des jeunes femmes autochtones âgées de 16 à 24 ans dénoncent des problèmes d’accès aux soins médicaux dont elles ont besoin, note le rapport.

Méthodologie :

Le sondage a été mené par la Fondation pour la santé des femmes en partenariat avec la compagnie d'assurances Croix bleue du Pacifique.

Un total de 1000 femmes âgées de 16 ans et plus ont répondu à un sondage en ligne en novembre 2018.

Les résultats ont été pondérés conformément au recensement de Statistique Canada.

Des consultations ont été effectuées auprès des femmes autochtones. Dix groupes de discussion ont été menés par deux chercheuses dans cinq régions de la province, auxquels ont pris part 62 femmes autochtones.

Santé mentale

Le rapport révèle qu’un bon nombre de jeunes Autochtones vivent des épisodes d’anxiété et de dépression, alors qu'un tiers des répondantes autochtones ont indiqué que leur santé mentale était pauvre et qu'elles doivent lutter pour obtenir des soins et des services en santé mentale.

À Prince George, si une personne est suicidaire, elle peut aller à l'urgence, mais il n’y a que six lits, explique l'une des participantes. Ces personnes se retrouvent souvent dans nos communautés, non diagnostiquées, et présentent un danger pour elles-mêmes et pour les autres.

Les familles sont stressées. On ne peut pas obtenir un diagnostic correct et on ne peut pas obtenir les médicaments appropriés, alors [les gens] se tournent vers l'alcool et les drogues.

Participante autochtone citée dans l'étude « In her Words »

Méfiance envers le système

Le rapport note qu’un bon nombre de femmes autochtones ont vécu des situations traumatisantes et que, de manière générale, elles ne font pas confiance aux fournisseurs de soins de santé. Je connais beaucoup d'aînées qui refusent de recevoir des soins de santé, affirme l'une des participantes.

Elles préfèrent mourir plutôt que d'avoir accès à des soins, à cause de leurs traumatismes passés.

Participante autochtone citée dans l'étude « In her Words »

Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones