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  • En 1994, Gérald Godin conclut sa trajectoire poétique et politique

    Gérald Godin, en 1971

    Gérald Godin, en 1971

    Photo : Archives de Radio-Canada

    Radio-Canada
    Mis à jour le 

    Gérald Godin nous quittait le 12 octobre 1994. Le poète et militant engagé inconditionnellement pour la souveraineté du Québec disparaissait à l’âge de 55 ans. Radio-Canada a suivi au cours des années sa trajectoire, qui mariait l'action poétique à l'action politique.

    Un poète doit d’abord s’engager dans quelque chose. Participer en quelque sorte à une révolution, qu’elle soit verbale ou qu’elle soit sociale. Il y a peut-être un moyen de se faire joindre les deux révolutions.

    Gérald Godin 1964

    Un double révolutionnaire…

    20 ans express, 11 avril 1964

    L’extrait cité plus haut provient d’une entrevue qu’a accordée le jeune poète Gérald Godin au journaliste Normand Cloutier et qui a été présentée à l’émission 20 ans express le 11 avril 1964.

    On comprend au fil de l’entretien que Gérard Godin est un homme qui veut dépoussiérer, voire renverser, l’ordre établi.

    D'une part, sa poésie rejette une langue française élitiste qui, au Québec, ignore le parler populaire.

    Influencé par des écrivains modernistes et novateurs dans le domaine linguistique comme l’Irlandais James Joyce, Gérald Godin intègre même le joual dans sa poésie et, plus tard, ses romans.

    D'autre part, ses convictions politiques l’amènent à réclamer l'abolition du colonialisme de l’État canadien qui opprimait, à ses yeux, les Québécois.

    C’est pourquoi il milite pour l’indépendance pure et simple du Québec.

    Gérald Godin est né en 1938 à Trois-Rivières.

    Dès son plus jeune âge, il est bercé dans l’art de la poésie, notamment par son père, le docteur Paul Godin qui, à temps perdu, compose des alexandrins.

    Par ailleurs, Gérald Godin s’intéresse très tôt au journalisme. Il travaille pour le journal trifluvien Le Nouvelliste à partir de 1958.

    Par la suite, on le retrouve à Radio-Canada, au Nouveau Journal et à Québec-Presse. Il cofondera en 1963 la revue politique et culturelle contestataire Parti pris qui aura une grande influence dans les débats de la Révolution tranquille.

    ... à l'Assemblée nationale

    Gérald Godin est entré dans l’histoire du Québec le soir de la victoire du Parti québécois.

    Louise Lafontaine, 1994

    Montréal ce soir, 12 octobre 1994

    La journaliste Louise Lafontaine rappelle, dans la biographie qu’elle propose au Montréal ce soir du 12 octobre 1994, un événement crucial dans la vie de Gérard Godin.

    Lors de la soirée électorale du 15 novembre 1976, les Québécois vont de surprise en surprise.

    Le Parti québécois remporte de manière décisive l’élection provinciale!

    À Montréal, dans la circonscription de Mercier, très multiethnique et très acquise aux libéraux, le candidat péquiste Gérard Godin bat le premier ministre Robert Bourassa!

    Son arrivée à l'Assemblée nationale était peut-être une étape logique dans la trajectoire politique de l’indépendantiste Gérald Godin.

    Il s’était fait harangueur de foule durant la Nuit des poésies en 1970.

    Son militantisme lui avait valu d’être arrêté lorsque la Loi sur les mesures de guerre a été imposée.

    Désormais, il transportera son combat à l’Assemblée nationale du Québec.

    Un ministre qui surprend

    En 1979, Gérald Godin devient ministre de l’Immigration.

    En 1981, le premier ministre René Lévesque lui confie le portefeuille du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.

    Les relations entre le Parti québécois et les communautés culturelles sont remplies de méfiance, voire d’hostilité.

    Or, à la surprise générale, le ministre péquiste Gérald Godin réussit à développer d’excellentes relations avec ces dernières.

    Comment peut-on expliquer cela?

    Impacts, 14 janvier 1984

    Une entrevue avec Gérald Godin, réalisée par l’animateur de l'émission Impacts Robert Guy Scully et diffusée le 14 janvier 1984, éclaire en bonne partie ce mystère.

    Le ministre expose dans cette entrevue sa conception résolument positive de ce que représente l’immigration.

    Pour lui, celui ou celle qui décide ou est forcé de venir s’installer au Québec ajoute quelque chose à notre société.

    Gérald Godin s’oppose donc franchement à ceux qui voudraient fermer nos frontières.

    Le 15-18, 14 octobre 2014 (audio)

    L’ouverture et la générosité de Gérald Godin transparaissent également dans un reportage du journaliste Frank Desoer diffusé à l’émission de radio Le 15-18, le 14 octobre 2014.

    Frank Desoer s’est rendu au Cégep Gérald-Godin, situé à Sainte-Geneviève, dans l’ouest de l’île de Montréal.

    Il a alors assisté à une conférence que consacre l’ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau au poète-politicien.

    Grâce à certaines anecdotes assez savoureuses, Jacques Parizeau nous montre le tempérament de Gérald Godin sous un nouveau jour.

    Les deux hommes ne partageaient souvent pas la même vision sociale, mais étaient quand même très liés.

    Jacques Parizeau nous raconte notamment une histoire qui se déroule à l’époque où Gérald Godin était directeur de Québec-Presse dans la première moitié des années 1970.

    Les protagonistes sont Jacques Parizeau, Gérald Godin et le syndicaliste Michel Chartrand.

    Le portrait d’un homme de gauche émerge des propos de Jacques Parizeau sur Gérald Godin. Radical, certes, mais loin d’être sectaire et toujours prêt à dialoguer.

    L’héritage politique de Gérald Godin, selon Jacques Parizeau, aura été de faciliter l’intégration sociale et linguistique des membres des communautés culturelles au Québec.

    Il a ainsi contribué à réduire le clivage entre les immigrants et la majorité francophone.

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