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Le tigre à dents de sabre a bel et bien vécu au Canada

Illustration montrant un tigre à dents de sabre à la chasse.

Illustration montrant un tigre à dents de sabre à la chasse.

Photo : iStock / Daniel Eskridge

Radio-Canada

La mise au jour en Alberta du fragment d’un os provenant d’une des larges pattes antérieures du Smilodon fatalis montre que l’aire de répartition du redoutable félin préhistorique a bel et bien dépassé la frontière canadienne.

De nos jours, le Canada sauvage ne compte qu’un grand félin, le cougar.

Les travaux d’Ashley Reynolds et de ses collègues du Musée royal de l’Ontario et de l’Université de Toronto établissent pour la première fois que le tigre à dents de sabre a vécu dans la région de Medicine Hat, en Alberta, durant l’ère glaciaire.

Ashley Reynolds montre la dent fossilisée.

Ashley Reynolds montre la dent fossilisée ainsi que d'autres restes de tigres à dents de sabre

Photo : Musée royal de l'Ontario

Cette découverte repousse l’aire de répartition du prédateur d’un millier de kilomètres plus au nord.

Savoir que l’aire du smilodon s’étendait si loin dans le nord, au Canada, nous en dit long sur les écosystèmes du Pléistocène et sur leur évolution.

Ashley Reynolds

Le fossile a été identifié lors d’un examen des collections conservées au Musée royal de l’Ontario. Il avait été mis au jour dans les années 1960 dans un escarpement le long de la rivière Saskatchewan Sud.

Une dent fossilisée de Smilodon fatalis dans une main.

La dent fossilisée de Smilodon fatalis retrouvée dans les années 1960 en Alberta.

Photo : Musée royal de l'Ontario/Danielle Dufault

À ce jour, aucun fossile de smilodon n’avait été découvert au nord du réservoir d’American Falls, en Idaho. Des fossiles ont également été découverts dans les fosses de bitume de la Californie et de l’Amérique du Sud.

C’est pourquoi les vestiges de ce prédateur aux dents caractéristiques trouvés au Canada sont si passionnants et si étonnants, observe David Evans, du MRO.

Le saviez-vous?

Le smilodon n'était pas le plus gros prédateur sur le sol américain durant le Pléistocène. Il était contemporain des lions d'Amérique et de l'ours à face courte.

Des lions aussi

Les restes d’un spécimen de lion d’Amérique (Panthera atrox) et d’un lion des cavernes (Panthera spelaea) ont également été identifiés.

Ces quelques os révèlent qu’au moins trois espèces de grands félins vivaient dans l’Ouest canadien durant l’ère glaciaire.

Kevin Seymour, Musée royal de l’Ontario

Ceux du lion des cavernes sont les plus au sud recensés à ce jour. Les autres fossiles nord-américains ont été exhumés en Alaska et au Yukon.

« La présence possible de P. atrox et P. spelaea laisse à penser que la biogéographie des panthérinés du Pléistocène tardif en Amérique du Nord pourrait être plus complexe que ce qui était présumé auparavant, particulièrement durant les périodes interglaciaires relativement chaudes », expliquent les auteurs de ces travaux publiés dans le Canadian Journal of Earth Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

La disparition des grands félidés en Amérique du Nord coïncide avec celle de leurs proies, il y a environ 11 000 ans.

Les félins de l’époque avaient un menu varié qui comprenait les grands herbivores partageant le même territoire, notamment des chameaux, des chevaux, des paresseux marcheurs géants et de jeunes mammouths ou mastodontes.

De nos jours, le cougar s’attaque surtout aux chevreuils.

Paléontologie

Science