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À la veille du dernier débat, Trudeau et Scheer s'en prennent au Bloc québécois

Justin Trudeau signe la pancarte électorale qu'un homme tient dans ses mains.

Le chef libéral Justin Trudeau demande aux électeurs de lui confier un second mandat pour que son plan de lutte contre les changements climatiques demeure en place.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

François Messier

Le chef libéral Justin Trudeau invite les Québécois à l'appuyer pour assurer la survie de son plan de lutte contre les changements climatiques, tandis que son adversaire conservateur accuse le Bloc de ne vouloir que la souveraineté. Une « stratégie hautement prévisible », rétorque Yves-François Blanchet.

C’est le chef libéral qui a lancé les hostilités en cette 29e journée de campagne lors d’une conférence de presse à Markham, au nord de Toronto, où les candidats de son parti et ceux du Parti conservateur d’Andrew Scheer se livrent une chaude lutte en vue du scrutin du 21 octobre.

M. Trudeau s’est fait demander directement quel message il voulait envoyer aux Québécois qui sont séduits par le parti d’Yves-François Blanchet, en position de faire des gains dans la province, selon les sondeurs.

Les Québécois sont, encore plus que d’autres Canadiens, préoccupés par l’environnement, a-t-il répondu.

La réalité, [c’est que] même s'il y a plusieurs partis au Québec qui sont d’accord qu’il faut en faire plus sur l’environnement, dont le Parti libéral du Canada, le Bloc ne peut pas mener un plan pancanadien contre les changements climatiques, et les conservateurs ne veulent pas mener d’actions contre les changements climatiques.

Il a ensuite convié les Québécois préoccupés par l’avenir de leurs enfants, l’avenir que nous sommes en train de bâtir ensemble pour cette planète, à se rallier à lui pour combattre les premiers ministres conservateurs de l'Ontario et de l'Alberta, Doug Ford et Jason Kenney.

Les deux hommes luttent contre le plan de tarification du carbone que le gouvernement Trudeau leur a imposé parce qu'ils avaient abandonné celui que leurs prédécesseurs avaient mis en place. Ils appuient Andrew Scheer, qui a promis de l'éliminer d'entrée de jeu s'il prend le pouvoir.

Les Québécois en opposition ont permis à Stephen Harper de continuer à couper dans les services, de ne rien faire pour lutter contre les changements climatiques. On a besoin de Québécois forts dans un gouvernement qui va lutter contre Doug Ford, contre Jason Kenney, contre les pétrolières, parce qu’on a un meilleur avenir à bâtir ensemble.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Andrew Scheer ne va pas s'en prendre à ses amis Doug Ford et Jason Kenney, [ni] s'en prendre aux grandes pétrolières et combattre les changements climatiques, a ajouté le chef libéral. MM. Ford et Kenney et les pétrolières ont écrit le plan environnemental d'Andrew Scheer, a-t-il attaqué.

Le Bloc ne veut que la souveraineté, selon Scheer

Le chef conservateur s'en est aussi pris au Bloc québécois, mais en utilisant un argument différent.

Le Bloc pourra seulement regarder Justin Trudeau continuer à ne rien faire, car la véritable priorité du Bloc n’est pas de régler les problèmes qui sont importants aux yeux des Québécois. La priorité du Bloc est uniquement de travailler avec le Parti québécois pour réaliser la souveraineté.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Les Québécois et les Québécoises ont fait un choix l’an dernier, ils ont choisi un nouveau gouvernement, et maintenant c’est le temps d'un nouveau gouvernement au niveau fédéral qui va renforcer la nation québécoise, a-t-il plaidé lors d'une conférence de presse portant sur l'immigration.

Andrew Scheer attache son complet en marchant.

Andrew Scheer marche le long du chemin Roxham, près de la frontière canado-américaine, où il est venu faire son annonce du jour.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le chef conservateur a déjà indiqué depuis le début de la campagne qu'il est ouvert à travailler avec le gouvernement Legault pour que le Québec ait plus d'autonomie en matière d'immigration et que les Québécois ne remplissent plus qu'une seule déclaration d'impôts, gérée par le fisc québécois.

« Le zombie est en train de manger les autres partis »

Commentant ces attaques depuis Gatineau, Yves-François Blanchet a estimé qu'il s'agissait là d'une stratégie hautement prévisible de la part de ses adversaires.

Selon lui, elle est alimentée par la crainte qu'un gouvernement libéral ou conservateur soit aux prises avec un nombre important de députés qui ne porteront que la voix très différente du Québec, dans le sens, seulement, des intérêts du Québec.

Sans commenter directement les sondages, le chef bloquiste a indiqué qu'il est peut-être en train de se passer quelque chose dans les intentions de vote, étant donné les échanges qu'il lit sur les réseaux sociaux et les propos de commentateurs politiques.

Vous savez, il n’y a pas si longtemps, la question que vous me posiez, c’était : "Est-ce que le cadavre du Bloc québécois a recommencé à grouiller?" Aujourd’hui, vous me demandez si le zombie est en train de manger les autres partis.

Yves François Blanchet, chef du Bloc québécois

M. Blanchet a annoncé que la députation bloquiste à la Chambre des communes déposera une nouvelle fois un projet de loi visant à soustraire le Québec à la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Plus il y aura de députés du Bloc québécois qui […] porteront clairement cette volonté de l’Assemblée nationale [exprimée] unanimement, […] plus les chances que le Québec soit soustrait à l’application de la loi canadienne sur le multiculturalisme seront importantes, a-t-il plaidé.

Cet héritage multiculturaliste de Pierre Elliott Trudeau ne sert pas le Québec et ne correspond pas à ce qu’est le Québec, a argué le chef bloquiste.

Yves-François Blanchet, devant un micro. On voit le parlement en arrière-plan.

Yves-François Blanchet a utilisé le parlement canadien comme décor pour sa conférence de presse, mercredi, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Quel rôle pour le Bloc québécois à Ottawa?

M. Blanchet ne s'est pas trop avancé sur ce que son parti fera advenant que le prochain gouvernement soit minoritaire. Qu'il soit libéral ou conservateur, il sera contraint de se piler sur la langue le 22 [octobre] au matin, le cas échéant, puisqu'il lui faudra la collaboration de tiers partis pour gouverner.

Justin Trudeau n'a pas répondu directement lorsqu'une journaliste lui a demandé s'il pourrait travailler avec le Bloc québécois advenant un gouvernement libéral minoritaire.

Les Canadiens savent que j’ai toujours défendu l’unité canadienne et que je vais toujours le faire. Mais honnêtement, quand je parcours le Québec et le reste du pays, les Canadiens ne me parlent pas d’unité nationale, mais plutôt d'environnement, a-t-il commenté.

M. Trudeau n'a pas pris de nouveaux engagements lors de son point de presse. Il a toutefois promis que le premier geste qu'il ferait s'il était réélu consisterait à mettre en oeuvre la baisse d'impôt qu'il a promise plus tôt dans la campagne.

L'appel de MM. Trudeau et Scheer aux Québécois est lancé à la veille du deuxième et ultime débat en français de la campagne électorale. M. Blanchet a dit mardi qu'il s'attendait à être la cible d'un tir groupé des autres chefs de parti.

Le débat entourant la loi sur la laïcité de l'État québécois devrait occuper une place de choix dans cette joute oratoire. Le chef bloquiste estime qu'Ottawa n'a pas à se mêler du dossier, qui relève selon lui de la « compétence exclusive » du Québec.

M. Scheer s'est aussi engagé à ne pas contester la loi, tandis que M. Trudeau laisse la porte ouverte à une intervention. Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh dit qu'il n'interviendra pas, mais admet qu'Ottawa a « le devoir » de se pencher sur les causes qui aboutissent à la Cour suprême.

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