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Scheer promet plus de pouvoirs à Québec sur l’immigration

Le chef conservateur Andrew Scheer a fait son annonce depuis le chemin Roxham, au Québec.

Le chef conservateur Andrew Scheer a fait son annonce depuis le chemin Roxham, au Québec.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Valérie Boisclair

Depuis le chemin Roxham, Andrew Scheer a réitéré sa promesse de mettre fin à « la vague d’entrées illégales » à la frontière en « éliminant la faille » dans l’Entente sur les tiers pays sûrs signée avec les États-Unis. Le chef conservateur s'est engagé du même souffle à appuyer les demandes de Québec en matière d'immigration.

Après quatre ans au pouvoir des libéraux, le Canada est aux prises avec une « profonde crise de confiance dans le système d’immigration », a indiqué le chef conservateur, qui a choisi de faire son annonce au chemin Roxham, principal point de passage pour les migrants qui traversent la frontière illégalement afin de demander asile au pays.

En passant par une voie irrégulière comme le chemin Roxham, les migrants peuvent en effet contourner l'Entente sur les tiers pays sûrs, qui fait en sorte que les demandeurs d’asile doivent présenter leur demande dans le premier pays sécuritaire où ils arrivent. Elle s'applique uniquement aux migrants qui demandent l'asile en se présentant à un poste frontalier canado-américain.

Entre janvier et août, 10 343 personnes en provenance des États-Unis ont été interceptées par la Gendarmerie royale du Canada dans tout le pays. De ce nombre, seulement 267 n’ont pas été interceptées au Québec, selon des données du gouvernement fédéral.

À cause de l’incompétence et de la négligence du gouvernement Trudeau, une majorité des Canadiens ont une impression négative de l’immigration.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Les Canadiens doutent de l’équité de notre système et remettent en question le contrôle de nos frontières, a déclaré Andrew Scheer. Ils n’aiment pas non plus voir des personnes traverser illégalement la frontière, comme c’est le cas ici, au chemin Roxham, alors que d’autres doivent suivre le processus normal et subissent de longs délais.

Pour remédier à la situation, le chef conservateur s'engage à augmenter les effectifs à la frontière en ajoutant 250 agents des services frontaliers du Canada. Il entend également déployer à court terme des juges de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada aux points chauds de la frontière, sans indiquer de nombre.

Le Parti conservateur du Canada (PCC) prévoit entre autres favoriser la réunification familiale et l'immigration économique, en améliorant la reconnaissance des compétences pour les travailleurs étrangers.

Le PCC compte aussi porter « une attention spéciale aux individus qui pourraient être membres d’organisations criminelles, comme MS-13 », a déclaré M. Scheer, évoquant la Mara Salvatrucha, un gang actif depuis des dizaines d’années aux États-Unis et en Amérique centrale.

S'il compte fixer chaque année de nouveaux niveaux d'immigration « basés sur les besoins du Canada », Andrew Scheer n'a pas avancé de chiffres.

Bien qu'il ait déjà dit lors d'une entrevue à CBC que la cible fixée par Ottawa à 350 000 nouveaux résidents permanents d'ici 2021 était raisonnable, le chef conservateur a été moins enclin à approuver les évaluations du gouvernement Trudeau mercredi.

Pour des raisons politiques, je ne veux pas présenter des chiffres plus élevés ou plus bas s'ils ne sont pas appuyés, a-t-il indiqué. On va arriver à un niveau basé sur les données, les informations et les besoins de notre pays.

En 2018, 321 045 personnes ont été admises en tant que résidents permanents au Canada. Ottawa prévoyait en accueillir 330 800 cette année.

Andrew Scheer marche sur le chemin Roxham.

Le chef conservateur Andrew Scheer a fait son annonce depuis le chemin Roxham, au Québec.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Appui aux demandes de Québec

Rappelant que c’est au Québec qu’ont lieu la majorité des entrées illégales au Canada, et plus spécifiquement au chemin Roxham, le chef conservateur a annoncé qu'il était en faveur d'accroître les pouvoirs de la province en matière d'immigration.

Je vais recevoir avec intérêt les demandes de modifications de l’accord Canada-Québec sur l’immigration, a-t-il dit.

Le premier ministre François Legault avait notamment demandé aux chefs de partis fédéraux de laisser à Québec le soin de choisir le nombre d'immigrants admis et de fixer des conditions à l’obtention d’une résidence permanente, comme l’imposition d’un test de français et de valeurs.

La meilleure façon de régler la situation à la frontière, c’est d’élire un nouveau gouvernement conservateur qui va prendre cette situation au sérieux et qui va faire preuve de leadership pour la régler, a fait valoir Andrew Scheer. Il en a profité pour attaquer à la fois le Parti libéral et le Bloc québécois.

Le Bloc québécois pourra seulement regarder Justin Trudeau continuer à ne rien faire, car la véritable priorité du Bloc n’est pas de régler les problèmes qui sont importants aux yeux des Québécois. La priorité du Bloc est uniquement de travailler avec le Parti québécois pour réaliser la souveraineté.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Le Bloc québécois avait déjà dit qu'il « appuyait le Québec dans ses efforts de régionaliser l’immigration », en demandant qu’Ottawa permette à la province « d’imposer des conditions à l’octroi de la résidence permanente ».

Notre dossier Élections Canada 2019

Pas de raccourci, assure Trudeau

Le chef libéral Justin Trudeau, qui fait campagne en Ontario, a de son côté affirmé que le système d’immigration est « complet et rigoureux » et qu’il « fonctionne », notamment grâce « aux investissements et aux mesures mises en place [par le gouvernement] au chemin Roxham ».

Il n’y a pas de raccourci, on ne saute pas d’étape avec notre système d’immigration, a-t-il assuré.

Selon Justin Trudeau, les Canadiens sont en faveur de l’immigration « parce qu’ils comprennent que c’est bénéfique pour notre économie, nos communautés et notre pays ». Mais les Canadiens continueront de soutenir l’accueil de nouveaux arrivants « seulement s’ils ont confiance que le système d’immigration fonctionne », a-t-il ajouté.

Saluant l’aide des résidents du chemin Roxham et du Québec « qui ont été des partenaires extraordinaires » pour gérer l'afflux de migrants traversant la frontière, le chef libéral a déclaré qu’il continuera de travailler avec les États-Unis afin de renforcer « la coopération et l’intégrité de nos frontières ».

Selon un sondage mené par CBC au printemps dernier, 64 % des répondants estiment que l'immigration illégale est devenue un problème grave et 57 % disent que le Canada ne devrait pas accepter plus de réfugiés. Mais 76 % croient toutefois que le Canada devrait en faire davantage pour favoriser l'immigration de main-d'oeuvre qualifiée.

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