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Algérie : manifestations, répression et impasse politique

Ils s'enfoncent dans la foule.

Des policiers arrêtent des manifestants à Alger.

Photo : AFP

Radio-Canada

Le mouvement de contestation du régime en Algérie, qui en est à sa 33e semaine, a connu une journée particulièrement violente mardi.

La manifestation des étudiants, qui se tient tous les mardis, a été fortement réprimée par la police, qui a empêché les manifestants de défiler dans les rues de la capitale. C’est la première fois que la manifestation des étudiants était bloquée.

Dès que le cortège s’est ébranlé dans la matinée, les forces antiémeute ont chargé les manifestants et ont procédé à des dizaines d’arrestations.

La manifestation s’est ensuite transformée en chasse à l’homme. Poursuivis dans les rues du centre-ville d’Alger, les étudiants ont tenté de se rassembler dans plusieurs places, en vain. Ils ont fini par se regrouper à l’Université d’Alger-Centre, où ils ont scandé des slogans contre les élections présidentielles prévues le 12 décembre prochain.

En fin de journée, les étudiants et les citoyens arrêtés ont été relâchés, à l’exception d’un étudiant qui sera présenté devant le juge mercredi.

Les journalistes de la radio publique algérienne dénoncent «  la résurgence de la censure »

La veille de la manifestation, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a publié la liste des détenus d’opinion depuis le début du mouvement le 22 février dernier.

Selon le décompte de cette organisation, il y aurait 81 personnes détenues dans les prisons algériennes, parmi elles des militants politiques, devenus au fil des semaines des figures de proue du mouvement de contestation.

Le même jour, un groupe de ces détenus a annoncé qu’il entamait une grève de la faim pour protester contre la détention de Lakhdar Bouregâa, 86 ans, un ancien combattant de la guerre de libération (1954-1962), dont l’arrestation a soulevé l’indignation générale.

Par ailleurs, la journée de mardi a été marquée par un communiqué des journalistes de la radio publique algérienne qui a dénoncé la résurgence de la censure dans le traitement de l’information.

Les rédacteurs du communiqué ont souligné qu’il était de leur devoir d’informer […] et d’accompagner ce mouvement dans son évolution. Sans accès à une information juste et impartiale, il n’y a point de service public, ont-ils ajouté.

Les journalistes de la radio publique ont décidé que toute consigne interdisant le traitement des informations doit être signée par le directeur de l’information de la chaîne ou de la direction générale. L’opinion a le droit de savoir qui lui refuse l’accès à l’information, ont-ils averti.

Une impasse politique

La majorité de la population et le régime semblent évoluer sur des voies parallèles. D’un côté, le régime veut imposer à pas forcés la tenue d’élections présidentielles le 12 décembre, de l’autre côté la population rejette cette échéance et réclame la fin du régime qui gouverne le pays depuis plus d’un demi-siècle.

La décision de tenir une élection par le chef d’État-Major, Gaïd Salah, qui détient le pouvoir en Algérie, après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, n’a pas convaincu la population.

Pas d’élections avec les gangs [nom donné par les manifestants au régime], ou Bye bye Gaïd Salah, pas d’élection cette année, scandent les manifestants chaque vendredi depuis l’annonce de la date des élections présidentielles.

Plusieurs candidats se sont déclarés, dont deux anciens premiers ministres.

Avec les informations de Tsa, et HuffPost Algérie

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