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L'accord de libre-échange Canada-Europe fait défaut, selon les producteurs de bœuf

Le reportage d'Hugo Lavallée

Photo : Radio-Canada / Régis Peugnet

Hugo Lavallée

Les producteurs de bœuf canadien peinent toujours à tirer parti de l'Accord économique et commercial global (AECG), entre le Canada et l'Union européenne, deux ans après son entrée en vigueur.

Selon les plus récentes statistiques disponibles, les producteurs ont jusqu'ici vendu à peine 2,8 % des 19 580 tonnes de bœuf frais qu'ils avaient le droit d'exporter vers l'Europe en franchise de droits de douane pour l'année 2019. L'an dernier, la proportion a atteint 3,1 % des 14 400 tonnes de viande prévues dans l'accord pour l'ensemble de l'année.

La situation est encore moins encourageante en ce qui concerne le bœuf congelé, puisque les producteurs canadiens n'ont rien exporté ni cette année ni l'an dernier, selon les données d'Affaires mondiales Canada.

Il y a un travail inachevé avec l'Union européenne dont il faut discuter. Si ça reste comme ça, j'ai peur que ça végète, l'exportation en Union européenne, dit le directeur des Producteurs de bovins du Québec, André Roy.

Selon lui, les producteurs canadiens ne bénéficient pas d'un accès réel en Europe. Il fait état des nombreux obstacles auxquels font face les éleveurs qui veulent exporter vers l'Europe.

Des bœufs dans un champ

Les exportations canadiennes de bœufs en Europe stagnent depuis la signature de l'AECG.

Photo : Radio-Canada

De nombreuses règles

En plus de devoir respecter les règles européennes en matière d'alimentation et d'utilisation des médicaments, les agriculteurs qui souhaitent vendre leur viande sur le Vieux Continent doivent obtenir une certification. Celle-ci ne peut être délivrée que par un vétérinaire accrédité, qu'il faut rémunérer. On doit ensuite trouver un abattoir qui soit lui-même certifié, ce qui est très difficile dans plusieurs régions du pays.

C'est un gros projet et c'est pour ça que toutes les barrières techniques auxquelles on fait face actuellement font en sorte de ralentir tout le processus, voire de le geler, explique M. Roy.

Un désaccord entre le Canada et l'Union européenne sur le lavage des carcasses suscite aussi des inquiétudes.

Ce sont des choses qu'on avait soulevées. Malheureusement, l'accord a été signé sans que ce soit résolu. Une fois que c'est signé, c'est un grand défi [de régler les différends], fait valoir le directeur général. L'accès au marché est important, mais il faut que ce soit un accès réel.

Les fromagers européens plus chanceux

C'était l'un des principaux compromis contenus dans l'AECG : en échange d'un meilleur accès du bœuf canadien au marché européen, le Canada accordait à l'Europe un plus gros contingent de fromages en franchise de droits.

On voit des fromages disposés sur une table. Certains arborent un drapeau québécois, un autre un drapeau français et un autre un drapeau espagnol.

La situation des fromagers européens est à l'inverse de celle des producteurs de bœufs canadiens.

Photo : Radio-Canada

Si les producteurs de bœuf canadiens ont des difficultés à accéder au marché européen, les producteurs de fromage outre-Atlantique n'ont pas perdu de temps à profiter du nouvel accord de libre-échange. L'an dernier, ils ont exporté vers le Canada 99 % des volumes de fromages fins et 71 % des volumes de fromages industriels qui leur avaient été consentis dans l'entente.

Lorsqu'on demande au directeur général des Producteurs de lait du Québec si ses membres ont l'impression d'avoir été sacrifiés pour rien, il répond : C'est clair, il y a un sentiment d'injustice de la part des producteurs laitiers qui ont contribué à faire signer cet accord. On a servi de monnaie d'échange et nos collègues ne semblent pas être gagnants de cet échange-là.

Selon lui, les autorités canadiennes se montrent plus souples envers les exportateurs européens que ne le font leurs vis-à-vis d'Europe. André Roy, des Producteurs de bovins du Québec, est d'accord et souhaite pouvoir compter sur plus de bienveillance de la part de l'Union européenne.

Dès la campagne électorale terminée, dit-il, il faudra que le gouvernement canadien se retrousse les manches pour mettre en place des solutions qui seront acceptables et viables.

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