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Un conducteur épileptique coupable d'avoir causé la mort d'une femme enceinte

Le reportage de Yannick Bergeron

Photo : Radio-Canada

Yannick Bergeron

Jonathan Falardeau-Laroche, qui a happé mortellement une femme enceinte devant le CHUL, à l'été 2016, est coupable de négligence criminelle causant la mort.

Le juge Pierre L. Rousseau a conclu que le jeune homme de 25 ans n'aurait pas dû prendre le volant le 10 août 2016.

« Même s'il faut se montrer empathique » envers le jeune homme atteint d'épilepsie depuis son enfance, « ce dernier n'a pas à faire en sorte de ne pas se soucier de la sécurité et de la vie d'autrui », souligne le juge Rousseau dans son jugement.

Jonathan Falardeau-Laroche coupable : les commentaires de la poursuite

Falardeau-Laroche sortait d'une consultation avec son neurologue, Michel Sylvain, qui l'avait avisé de ne plus conduire, à la suite d'une récidive de ses symptômes épileptiques.

« C'est simple, l'accusé invente quand il prétend que le Dr Sylvain l'aurait autorisé à conduire le 10 août 2016 », tranche le juge au sujet des explications données par Falardeau-Laroche lors de son interrogatoire policier.

Le magistrat ajoute même que le jeune homme a « bien égoïstement » décidé de conduire dans le seul but de conserver son emploi.

Un choix coûteux

Son choix a coûté la vie à Marie-Pier Gagné, 27 ans, qui sortait elle-même d’un rendez-vous pour un suivi de grossesse au Centre mère-enfant.

Elle se trouvait sur le terre-plein central du boulevard Laurier lorsque le véhicule du conducteur épileptique a quitté la chaussée avant de la faucher.

L'équipe médicale a réussi à sauver l'enfant qu'elle portait mais n'a rien pu faire pour la femme de 27 ans.

Le bébé a subi une double fracture du crâne. Dans sa course, l'automobile de Falardeau-Laroche a heurté un autre véhicule, blessant sa passagère.

Émotifs à la sortie de la salle d'audience, les proches de Marie-Pier Gagné ont préféré ne pas faire de commentaire.

Les parents de Jonathan Falardeau-Laroche et ses avocats ont adopté la même discrétion.

Plusieurs avertissements

Huit mois avant la journée fatidique d'août 2016, Jonathan Falardeau-Laroche avait eu un autre accident, cette fois à l'entrée du pont Pierre-Laporte.

Le juge estime que cet événement aurait dû faire réfléchir le jeune homme, qui a plutôt menti à une médecin dans le but de ne pas perdre son permis de conduire.

De plus, des collègues de travail l'avaient avisé de ne plus conduire après l'avoir vu faire des crises d'épilepsie à plusieurs reprises.

Après le verdict, le jeune homme a rencontré une agente de probation dans le but de préparer un rapport pour aider le tribunal à déterminer la peine.

Le dossier reviendra devant le juge Rousseau au mois de décembre pour que soit fixée la date des observations sur la peine.

Falardeau-Laroche est en liberté pendant le processus judiciaire mais doit respecter différentes conditions, dont celle de ne pas conduire.

Québec

Crimes et délits