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La Maison-Blanche refuse toute collaboration à l'enquête « contraire à la Constitution »

Plan rapproché du visage de Donald Trump.

Le président Donald Trump a condamné une « chasse aux sorcières ».

Photo : Getty Images / Alex Wong

Sophie-Hélène Lebeuf

Dans une lettre de huit pages au ton vitriolique envoyée mardi aux dirigeants démocrates, la Maison-Blanche a indiqué qu'elle ne collaborerait pas à leur enquête sur l'affaire ukrainienne.

S'il restait les moindres doutes quant à une éventuelle coopération de l'administration Trump, la lettre signée par le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Pat Cipolonne, les a torpillés sans équivoque.

Illégitime, sans fondement, hautement partisane, dénuée d'équité fondamentale : l'investigation est dénoncée dans les termes les plus durs.

Plus tôt dans la journée, la Maison-Blanche a empêché l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, de comparaître devant les trois comités de la Chambre des représentants qui mènent la charge dans cette enquête pour une éventuelle mise en accusation en vue d'une destitution.

La lettre envoyée par la suite a clairement indiqué que le veto de la Maison-Blanche aurait une portée bien plus considérable, signalant une nouvelle escalade entre l'administration Trump et les démocrates.

Afin de remplir ses devoirs envers le peuple américain, la Constitution, le pouvoir exécutif et tous les occupants futurs du bureau de la présidence, le président Trump et son administration ne peuvent participer à votre enquête partisane et inconstitutionnelle dans ces circonstances, écrit M. Cipollone, dénonçant une enquête violant la Constitution, la règle de droit et tous les précédents.

Vos efforts hautement partisans et anticonstitutionnels menacent de causer des dommages graves et durables à nos institutions démocratiques, à notre système d'élections libres et au peuple américain.

Extrait de la lettre de la Maison-Blanche

L'avocat de la Maison-Blanche reproche notamment aux démocrates de ne pas avoir soumis la décision de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, d'ouvrir une enquête pour destitution au vote des élus. Il les accuse de plus d'avoir privé le président du droit de contre-interroger les témoins et d'appeler ses propres témoins.

La Maison-Blanche allègue que les démocrates semblent considérer la procédure de destitution non seulement comme un moyen d'annuler les résultats démocratiques de la dernière élection, mais aussi comme une stratégie pour influencer les prochaines élections.

Ironiquement, les démocrates accusent justement le président Trump de menacer l'intégrité des élections, allégation au cœur de leur enquête. Lors d'une conversation téléphonique avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet dernier, Donald Trump lui a notamment demandé d'enquêter sur un adversaire politique qu’il pourrait affronter en 2020 : le meneur de la course à l’investiture démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden.

Revenant sur cet appel, Pat Cipollone a martelé qu'il était approprié. C'est cette conversation qui avait amené un lanceur d'alerte à sonner l'alarme.

Les démocrates dénoncent une nouvelle entrave à la justice

Critiquant de fausses affirmations, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dénoncé par communiqué la dernière tentative [du président] pour dissimuler sa trahison de notre démocratie.

Monsieur le président, vous n'êtes pas au-dessus de la loi. Vous devrez rendre des comptes.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

Les efforts continus pour cacher au peuple américain la vérité quant à l'abus de pouvoir du président seront considérés comme une nouvelle preuve d'entrave à l'enquête, a-t-elle prévenu. Une telle accusation ferait partie des articles invoqués dans une éventuelle procédure de destitution.

Des appuis à l'enquête en hausse

Le nouveau bras de fer entre l'administration Trump et les leaders démocrates de la Chambre des représentants survient alors que les sondeurs observent une évolution dans l'opinion publique quant à la pertinence d'une enquête depuis que le scandale ébranlant la présidence Trump a éclaté.

Le plus récent, réalisé pour le compte du Washington Post et publié mardi matin, indique que les appuis à l'enquête sont en hausse, ce qui confirme une tendance révélée par les sondages récents sur la question.

Ainsi, 58 % des Américains soutiennent les démarches des démocrates, contre 38 % qui s’y opposent. Chez les démocrates, les appuis grimpent à 86 %.

Chez les indépendants, une catégorie d'électeurs clés, les appuis s'établissent pour l'instant à 57 %, tandis qu'ils sont à 28 % chez les électeurs républicains.

Même s'ils demeurent bas auprès des électeurs se réclamant du parti du président, les appuis ont tout de même augmenté dans les dernières semaines. Fait à noter, les appuis ont augmenté pour toutes les allégeances politiques confondues.

L'enquête sur la Russie n'avait jamais réussi à faire bouger l'aiguille de façon significative.

Toutefois, le nombre d'électeurs appuyant une mise en accusation formelle demeure sous la barre des 50 %, presque à égalité avec ceux qui s'y opposent.

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