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Frédérick Gaudreau à la tête de l’UPAC pour 7 ans

Frédérick Gaudreau, commissaire à la lutte contre la corruption

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’Assemblée nationale a confirmé mardi la nomination de Frédérick Gaudreau à la tête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qu’il dirigeait depuis déjà un an en tant que commissaire par intérim.

Contrairement à ce qui s'était fait avant, sa nomination devait être entérinée par les deux tiers des membres de l'Assemblée nationale, au moins, en vertu de la loi 1, adoptée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

On cherchait ainsi à assurer l'indépendance du corps policier chargé de mener des enquêtes et de lutter contre toute forme de corruption. Auparavant, ce type de nomination relevait de l'exécutif, donc du gouvernement.

Quand Philippe Couillard dirigeait le Québec, la CAQ et le Parti québécois (PQ) plaidaient pour que le patron de l'UPAC soit nommé par les deux tiers de l'Assemblée nationale, ce qu'a toujours refusé le gouvernement libéral.

Les députés ont donc approuvé, mardi, la candidature proposée par le gouvernement de François Legault avec 110 votes pour, aucun contre et une seule abstention, celle de la députée indépendante de Marie-Victorin, Catherine Fournier.

L'autre député indépendant, Guy Ouellette, était absent au moment du vote. M. Ouellette avait été arrêté par l'UPAC en 2017. Aucune accusation n'a suivi.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec, répond aux journalistes.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, s'est réjouie de ce vote unanime.

Je prends le temps de remercier les trois partis d’opposition qui ont pris la décision de s’élever au-dessus de la partisanerie dans l’intérêt supérieur de l’UPAC, de l’État.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Mme Guilbault a ajouté qu’elle avait l’intention de rencontrer M. Gaudreau pour discuter avec lui de ses orientations générales et stratégiques.

Gaudreau conscient des défis à relever

La nomination officielle de Frédérick Gaudreau pour un mandat de sept ans met fin à une longue période d'incertitude et d'instabilité à la direction d'un des principaux corps policiers du Québec.

Le policier a insisté, mardi, sur la bonne gestion et la transparence de son organisation. Il a aussi pris l'engagement de travailler à rétablir la confiance de la population envers l'organisation.

La transparence de l'organisation passe par la saine gestion de son administration, par les redditions de compte aux élus, à la population et au Comité de surveillance de l'UPAC.

Frédérick Gaudreau, commissaire à la lutte contre la corruption

On ne travaillera pas en cow-boy, a-t-il ajouté au micro de Patrice Roy, réitérant sa décision d’éviter de parler des enquêtes en cours.

M. Gaudreau succède à Robert Lafrenière, qui avait quitté la direction de l'UPAC sans explication, le 1er octobre 2018, jour de l'élection générale. On n'a jamais su les raisons de son départ précipité, trois ans avant la fin de son mandat. Il occupait ce poste depuis 2011.

Appelé à commenter la sortie de son prédécesseur, qui avait notamment évoqué l’imminence d’arrestations devant les députés de l’Assemblée nationale, le nouveau patron de l'UPAC a lancé : Moi je ne l’aurais pas fait parce qu’on doit respecter le processus judiciaire dans son ensemble.

À titre de commissaire de l'UPAC, Frédérick Gaudreau pourra réclamer un salaire annuel pouvant atteindre 223 118 $. M. Gaudreau est un policier de carrière. Ancien haut gradé de la Sûreté du Québec (SQ), où il a agi notamment à titre de chef du service des enquêtes sur la criminalité contre l'État, il est policier depuis 1997. Il a œuvré dans la lutte contre la cybercriminalité et mené des enquêtes sur les délits informatiques.

Retour sur l’histoire de l’UPAC

Pas un civil

Le suspense planait sur l'approbation par l'Assemblée nationale de M. Gaudreau, car le PQ et Québec solidaire (QS) voulaient qu'un civil prenne les commandes de l'UPAC.

Ils réclamaient un civil pour faire le ménage qui s'imposait dans l'organisation et rétablir le lien de confiance avec la population. Mais ils ont donc tous deux fini par se ranger à la proposition gouvernementale.

En point de presse, le député solidaire Alexandre Leduc a déploré le fait que sa formation avait dû faire pression en coulisses auprès de la ministre Guilbault pour obtenir des informations afin d'évaluer la candidature de M. Gaudreau.

Idéalement, le gouvernement souhaitait lui aussi un civil à la tête de l'UPAC, mais aucun ne s'est démarqué parmi les candidatures reçues. Un comité indépendant était chargé d'analyser les candidatures et de proposer au moins deux noms au gouvernement.

Avec les informations de La Presse canadienne

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