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Coopérative pour acheter Le Quotidien : 400 000 $ amassés

Des journalistes travaillent dans la salle des nouvelles du journal Le Quotidien.

La salle des nouvelles du journal Le Quotidien

Photo : Radio-Canada

Gilles Munger

Les employés du Quotidien, qui veulent lancer une coopérative de solidarité pour acheter le journal, ont déjà recueilli 400 000 $ des 800 000 $ qu'ils souhaitent amasser d'ici au 25 octobre. Les entreprises et organismes sont invités à s'impliquer.

En conférence de presse mardi, six ambassadeurs ont été présentés. Parmi eux : Jean-Denis Toupin, directeur général de Constructions Proco, et Émilie Gauthier, propriétaire de la boutique Marie-Josée de Jonquière.

La rectrice de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Nicole Bouchard, estime que les universités, tout comme les journaux, sont des remparts contre les fake news et le populisme malsain.

Nous devons compter sur une masse critique de journalistes qui a le temps de mener des enquêtes, de rencontrer des personnes impliquées et des experts de tous horizons pour avoir le temps d'approfondir et documenter leurs dossier.

Nicole Bouchard, rectrice de l'Université du Québec à Chicoutimi

Le directeur général du Patro de Jonquière, Yannick Gagnon, croit pour sa part que la survie du Quotidien est essentielle pour que le Saguenay-Lac-Saint-Jean conserve sa dignité.

Le journal Le Quotidien, pour le milieu communautaire et pour beaucoup d'organismes, c'est le seul endroit où on a la chance d'avoir une parution pour mettre en valeur nos actions, fait valoir le DG.

Louis Tremblay en studio

Louis Tremblay est le président du Syndicat du Quotidien.

Photo : Radio-Canada

Le président de Nutrinor, Dominic Perron, croit que la formule d'une coopérative offre toute la transparence requise pour permettre à un média de durer dans le temps.

Il n'y a rien de plus solide en frais d'appropriation d'un modèle collectif que la coop de solidarité, note-t-il.

Indépendance journalistique

Le président du syndicat du Quotidien, Louis Tremblay, pense qu’il n'y a pas lieu de s'inquiéter de voir des entreprises, des syndicats et des organismes publics donner de l'argent pour sauver le journal. Il indique que le conseil d'administration de la coopérative aura des règles de gouvernance qui respecteront l'indépendance de la salle de rédaction.

Louis Tremblay ajoute qu'il reste beaucoup de détails à régler pour déterminer comment les dons reçus pourront se transformer en part sociale de la coopérative.

Je ne vous promettrai jamais de rendement.

Louis Tremblay, président du syndicat du Quotidien

Le président rappelle que le véritable objectif est de fournir de l'information de qualité à la population en offrant des conditions de travail décentes aux employés.

Chance de succès

Le responsable de la mise en place de la coopérative ajoute que l'objectif est de présenter une offre crédible au syndic responsable du dossier de Groupe Capitales Médias. Les artisans des six journaux du groupe de presse veulent créer autant de coopératives distinctes chapeautées par une grande coopérative nationale de l'information indépendante.

Dans la réorganisation du service, Louis Tremblay espère pouvoir sauver de 80 % à 90 % des 350 employés des six journaux. Le Quotidien en compte une cinquantaine.

On ne veut pas promettre à tout le monde que tout le monde va conserver son emploi, mais on n'assistera pas à une hémorragie d'emplois comme le voudrait un modèle où on irait vers la convergence, met-il en relief. Il laisse ainsi entendre que la coopérative est un meilleur scénario que le regroupement avec un autre groupe comme Quebecor.

Quant à la survie de la version papier du journal, Louis Tremblay réitère qu'il est trop tôt pour prendre une décision. Il croit néanmoins que la version gratuite sur le web est appelée à disparaître.

Saguenay–Lac-St-Jean

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