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Un groupe de travail lance un lexique en inuktitut pour le milieu de l’éducation

Des femmes parlent sur scène, une projection sur l'écran derrière elle et des cartables déposés devant elles.

Le dévoilement du lexique en inuktitut avait lieu le 8 octobre.

Photo : gracieuseté UQAT

Thomas Deshaies

Un groupe de travail composé de membres des communautés de Ivujibik et Puvirnituq, au Nunavik, et de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ont lancé un lexique en langue inuktitut à l’intention des étudiants et professionnels du milieu de l’éducation.

Cet outil, disponible en ligne, qui sera aussi publié sous forme de livre prochainement, est notamment utile pour les enseignants inuit du Nunavik.

L’agente de recherche à l’Unité de recherche, de formation et de développement en éducation en milieu inuit et amérindien (URFDEMIA) de l’UQAT, Véronique Paul, explique que certains mots n’existaient pas en inuktitut, l’un des dialectes de la langue inuit.

Il y a beaucoup de mots qu’on utilise dans le cadre de la formation des maîtres [enseignants], qui sont non existants en inuktitut. L’inuktitut est une langue très riche, mais des mots comme curriculum, épistémologie, concept étaient non existants, explique-t-elle.

Depuis 1984, première année d’implication de l’UQAT pour la formation des enseignants inuit en collaboration avec les intervenants locaux, les professionnels de l’éducation des communautés et de l’université ont amorcé l’élaboration du lexique.

Il s’agit donc d’un travail de collaboration et de longue haleine, selon ce que rapporte Mme Paul. La découverte d’un mot français qui n’avait pas d’équivalent en inuktitut enclenchait un processus de réflexion.

Lorsqu’on prend le mot « concept ». On s’explique entre collègues francophones ce qu’est un concept, ensuite on l’explique en anglais à nos collègues inuit, qui eux en discutent. Ils y pensent par rapport à leur propre culture, à leur propre environnement, construisent un mot avec cela, illustre-t-elle.

Toutes les langues autochtones du Canada et du Québec sont en danger et doivent être protégées, parlées et utilisées.

Véronique Paul, agente de recherche

Cette initiative contribue à la préservation des langues autochtones et des dialectes qui en découlent. Elle permet aussi aux enseignants de pouvoir mener une carrière professionnelle dans le milieu de l’éducation, en utilisant leur propre langue.

Pour les Inuit, de réfléchir à l’éducation, de réfléchir au développement de la scolarisation de leurs jeunes, cela leur prend un vocabulaire dans leur langue première, qui va leur permettre de poursuivre le développement de l’éducation, souligne Mme Paul.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation