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Procès pour corruption à Terrebonne : « Toujours les deux mêmes firmes d’ingénierie »

L'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille au palais de justice de Saint-Jérôme.

L'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille au palais de justice de Saint-Jérôme, le lundi 7 octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Geneviève Garon

La direction générale de la Ville de Terrebonne aurait envoyé une directive claire « non écrite » en 2001 : seules deux firmes d'ingénierie devaient être conviées aux appels d'offres sur invitation, soit BPR Triax et LBHA. Cette pratique était « connue », selon l'ancien directeur de l'ingénierie de la Ville, Marc Bouchard, qui affirme en avoir été informé par le directeur général de l'époque, Denis Lévesque. « Pour faire fonctionner la Ville, on invite juste ces deux-là », lui aurait-il dit.

Marc Bouchard témoigne au procès pour corruption dans les affaires municipales et abus de confiance de l’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille, 64 ans. Son ex-chef de cabinet, Daniel Bélec, 63 ans, l’ancien directeur général adjoint Luc Papillon, 55 ans, et l’entrepreneur Normand Trudel, 66 ans, sont aussi au banc des accusés.

Les administrateurs de la Ville auraient mis en place un stratagème de corruption basé sur le partage de contrats entre certains ingénieurs et entrepreneurs, en échange de pots-de-vin, entre 2000 et 2012. Jean-Marc Robitaille aurait lui-même émis une directive verbale afin de séparer la ville au profit de deux firmes d’ingénierie, selon la poursuite.

BPR Triax et LBHA obtenaient près de 80 % des contrats, estime le retraité Marc Bouchard. Les appels d’offres sur invitation, utilisés pour les contrats entre 25 000 $ et 100 000 $, auraient pris fin autour de 2011, à l’ère de la commission Charbonneau.

En contre-interrogatoire, le témoin a affirmé qu’à sa connaissance, la Ville n’avait jamais payé d’extras injustifiés.

L'ancien directeur général adjoint de la Ville de Terrebonne, Luc Papillon (à droite), au palais de justice de Saint-Jérôme.

L'ancien directeur général adjoint de la Ville de Terrebonne, Luc Papillon (à droite), fait partie des coaccusés.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Partie de pêche gratuite dans la baie d’Ungava

Marc Bouchard a fait un voyage de pêche dans la baie d’Ungava, en août 2003, à l’invitation d’André de Maisonneuve, le dirigeant de BPR Triax. Je n’ai rien payé. [...] Il m’a parlé des gens qui seraient là. C’était presque un honneur, soutient le témoin en nommant Jean-Marc Robitaille, Daniel Bélec et Normand Trudel parmi les invités, aux côtés d’autres fournisseurs de la Ville.

Parties de hockey, tournois de golf, bouteilles de vin, repas, tous les fournisseurs de la Ville offraient des cadeaux. C’était usuel, malheureusement, de l’époque, soutient Marc Bouchard. C’était la façon dont on faisait les affaires. Quand on avait des dossiers à régler, les journées étaient courtes, donc on réglait ça à l’heure du lunch.

Les élus municipaux aussi partageaient des repas avec les fournisseurs. C’était la culture, selon lui.

Marc Bouchard a précisé en contre-interrogatoire que ces cadeaux n’avaient jamais influencé ses décisions et qu’il n’avait pas parlé de contrats lors de son voyage de pêche.

Des virées à Las Vegas, plus de 200 000 $ en argent comptant, des rénovations gratuites et des voyages de chasse et de pêche font partie des pots-de-vin reçus par Jean-Marc Robitaille, Daniel Bélec et Luc Papillon, selon la preuve de la poursuite.

Mercredi, l’ancien directeur général de la Ville, Denis Lévesque, devrait témoigner.

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