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Via Musica : rester accordé à sa langue maternelle musicale

Reconnaître un être cher, faire sa part pour la communauté, valoriser la philanthropie dans la communauté franco-albertaine… Les créateurs de fonds de dotation ont chacun leurs bonnes raisons de contribuer au bien-être de leur communauté.

Un groupe de personne réunies derrière une table où on célèbre l'anniversaire de soeur Thérèse Potvin avec un gâteau.

Denise Lavallée, assise à droite, lors d'une assemblée des membres de Via Musica en 2012 où on célèbre l'anniversaire de soeur Thérèse Potvin.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Do, do, do. Denise Lavallée fredonne un de ces airs « typiquement français » que lui a appris soeur Thérèse Potvin quand elle était enfant avec sa méthode d’enseignement musical basée sur les chants populaires français. C'est une approche pédagogique grâce à laquelle elle continue de « faire chanter [son] piano » et qu’elle veut mettre à la portée de tous les élèves franco-albertains.

Soeur Thérèse Potvin pose à côté d'un présentoir où sont exposés des livres d'apprentissage de la musique de la série « Via Musica ».

Soeur Thérèse Potvin.

Photo : Gracieuseté

Quand sa voix s’est éteinte, soeur Thérèse Potvin laissait derrière elle un répertoire musical de 1600 chansons qu’elle avait pris soin de préserver. Issues du folklore musical francophone, elles constituent le socle de sa méthode d’enseignement de la musique reprise dans la série de livres Via Musica.

 C’est un grand héritage à laisser [aux membres de] la prochaine génération que de leur offrir ce trésor de chansons françaises pour qu’ils les connaissent et qu’ils les vivent , estime Denise Lavallée.

Depuis sept ans, cette pianiste concentre ses efforts pour que la pédagogie de soeur Thérèse Potvin soit reprise dans les écoles, d’abord en donnant de son temps à l’association Via Musica, puis en fondant, avec une poignée d’autres bénévoles le fonds de dotation qui porte le même nom.

Soeur Thérèse et sa congrégation, les Soeurs de L’Assomption, vieillissaient et ne pouvaient plus s’occuper de cette oeuvre, raconte-t-elle.

Dans le cadre de la série Philanthropie, quand tu nous tiens… Radio-Canada s’est entretenue avec des créateurs de fonds de dotation de la Fondation franco-albertaine qui ont accepté de nous raconter ce qui les a poussés à se lancer dans cette aventure. À lire aussi dans cette série :

Un français sans bémol

Née il y a une cinquantaine d’années à Edmonton, Denise Lavallée rappelle qu’elle a dû « aller das des écoles d’immersion [car] on avait pas encore le droit à des écoles francophones ».

Si elle n’a pas pu apprendre à lire et à écrire, comme elle l’aurait aimé, en français, elle a appris à chanter dans sa langue maternelle musicale grâce à un enseignement de musique sans pareil basé sur l'approche de soeur Thérèse Potvin.

J’ai toujours suivi ce que soeur Thérèse Potvin a fait dans le domaine de la musique.[...] Ça m’a beaucoup marquée comme personne puis comme jeune francophone en Alberta.

Denise Lavallée, cofondatrice du fonds de dotation Via Musica

En s’inspirant de la pédagogie du compositeur hongrois Zoltan Kodály, la femme de foi propose d’enseigner la musique en décortiquant des chants folkloriques français, du vocabulaire des paroles aux histoires qu’ils racontent et des gestes aux danses qui les ponctuent.

C’est un outil incroyable pour enseigner le français : les bonnes tournures de phrase, le bon vocabulaire, mais aussi les intervalles et les rythmes typiquement français qui sont différents des rythmes et des intervalles typiquement anglais, affirme Denise Lavallée.

Convaincue par cette méthode, qui non seulement fait connaître la musique aux jeunes, mais leur transmet aussi leur langue maternelle musicale et leur histoire, Denise Lavallée veut elle aussi s’assurer que cette tradition orale francophone continuera de se faire entendre. C'est ainsi que l’idée du fonds de dotation est née.

Denise Anctil de l'école Claudette-et-Denis-Tardif à Sherwood Park enseigne des chants basés sur la méthode Via Musica.

Il y a 200 ans, on chantait ces chansons-là à nos enfants [...] parce que c’est tout ce qu’on avait. Aujourd'hui [...] ça peut se perdre, craint Denise Lavallée. Une bonne base en musique, ça commence par le chant. Une bonne base en identité culturelle, ça commence par sa langue maternelle musicale.

Faire sa part pour la communauté

Les bourses du fonds Via Musica permettent chaque année à des enseignants en musique, ou à des étudiants qui veulent le devenir, de se perfectionner en participant à des ateliers basés sur la philosophie de Zoltan Kodály.

La dernière boursière se rend d’ailleurs en Hongrie, où elle suivra une année de formation sur cette méthode à l'Institut Kodály.

C’est très gratifiant de pouvoir aider des gens qui vont beaucoup contribuer dans la communauté, confie Denise Lavallée. Et dans notre cas, c’est par l’éducation musicale dans nos écoles. Ça donne un vrai sens de continuité, de perpétuité et d’héritage pour les prochaines générations.

Le fonds de dotation Via Musica est aussi une manière de réaliser un voeu de soeur Thérèse Potvin, indique Denise Lavallée.

Une photo de Denise Lavallée qui sourit.

Denise Lavallée, cofondatrice du fonds Via Musica.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Elle voulait qu’on fasse la promotion de cette pédagogie musicale là, puis qu’on forme autant que possible des enseignants dans les écoles, témoigne-t-elle. Mais, elle ne voulait pas qu’on l’honore, elle. Un souhait que Denise Lavallée a respecté en ne donnant pas au fonds de dotation le nom de celle qui l’a tant inspirée, mais celui de la série de livres qu’elle a créée.

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Alberta

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