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Suspendus pour avoir vapoté : la polyvalente de L’Ancienne-Lorette serre la vis

Ottawa s'inquiète de la hausse de popularité du vapotage chez les moins de 18 ans.

Photo : iStock

Jonathan Lavoie

Des élèves de la polyvalente de L'Ancienne-Lorette ont été suspendus pour avoir vapoté à l'école. L'établissement prend les grands moyens pour contrer cette habitude tenace chez les jeunes.

Nous avons réalisé que certains élèves se permettaient de vapoter dans l’école et même en classe, constate le directeur Marc Chamard, qui veut maintenir la ligne dure.

Dans une lettre envoyée à tous les parents, il prévient que tous les objets de vapotage seront confisqués sur-le-champ, puisque ce produit est interdit de vente aux mineurs.

Un jeune de dos discute avec la journaliste Guylaine Bussière.

Plusieurs jeunes ont confié à la journaliste Guylaine Bussière avoir été suspendus après avoir vapoté à l'intérieur de la polyvalente.

Photo : Radio-Canada

Les élèves surpris à vapoter dans l’école ou sur les terrains de l’établissement seront aussi suspendus automatiquement pour une journée. La direction considère qu’il s’agit d’un manquement majeur aux règles mises en place.

Sur le terrain de l'école, plusieurs jeunes ont confié avoir été suspendus jusqu'à trois jours après s'être faits prendre à vapoter à l'intérieur de l'école. Certains n'étaient pas gênés d'admettre qu'ils n'avaient pas cessé d'enfreindre le règlement pour autant.

Je me suis fait expulser trois jours parce que j’avais vape [sic] dans une cabine et j’étais pas le seul, il y en a qui sont ici qui se reconnaissent. On était huit dans une cabine, la TES [technicienne en éducation spécialisée] est rentrée et elle nous a tous pognés.

Un adolescent qui a été suspendu trois jours pour avoir vapoté dans l'école

Infractions en hausse

À en croire les mesures prises par certains établissements scolaires, le vapotage est le fléau de l'heure, avance le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Entre 2015 et 2018, le nombre de constats d’infraction remis à des mineurs qui fumaient sur les terrains d’établissements scolaires a plus que doublé, pour atteindre 283.

Ces données ne permettent cependant pas de différencier les infractions liées à la cigarette traditionnelle de celles relatives au vapotage.

Les risques du vapotage

C’est sûr que c’est inquiétant, laisse tomber Mathieu Morissette, chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

Il rappelle que les États-Unis font face à une épidémie de maladies pulmonaires liées à la consommation de cigarettes électroniques. Le dernier bilan fait état de 23 morts et plus de 1000 cas recensés.

Mathieu Morissette, chercheur à l'IUCPQ et professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval.

Mathieu Morissette, chercheur à l'IUCPQ et professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Selon le spécialiste, le Canada et les jeunes ne sont pas à l’abri des complications relativement au vapotage. Un premier cas de maladie grave liée au vapotage a d'ailleurs été rapporté au Québec à la fin de septembre.

Ce n’est pas parce qu'une personne ne se présente pas à l'urgence avec une dyspnée [obstruction des poumons] qu'il n'y a pas de troubles pulmonaires qui sont en train de se former, qui vont se présenter plus tard et qui ne seront peut-être pas aussi bien réversibles.

Sans vouloir faire peur, ce n’est pas parce qu'on n'a pas de symptômes que notre poumon est encore beau et rose.

Mathieu Morissette, chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Manque de connaissances

Pour l’instant, les autorités médicales sont incapables de préciser quels ingrédients contenus dans le liquide à vapoter sont les plus dangereux.

Je pense que la meilleure façon de prévenir les effets à court, moyen, long terme du vapotage, c'est d'en savoir beaucoup plus sur le vapotage. Ça passe par la recherche, par connaître d'avance quels ingrédients pourraient causer des maladies pulmonaires, élabore Mathieu Morissette.

Un adolescent expire une épaisse fumée provenant d'une cigarette électronique qu'il vient de respirer.

Selon une étude de l'Université de Waterloo, environ 15 % des Canadiens âgés de 16 à 19 ans vapotent à l'occasion.

Photo : Radio-Canada

Il souligne toutefois que les produits faits maison ou achetés sur le marché noir figurent au haut de la liste des produits qui pourraient être parmi les plus toxiques.

Il donne l’exemple des huiles végétales, comme l’huile de cannabis, qui contiennent naturellement de la vitamine E, potentiellement dangereuse lorsqu’elle est inhalée.

Ce sont des ingrédients, de par leur nature huileuse, qui peuvent être problématiques pour la santé pulmonaire. Ce sont des agents qui sont ciblés présentement comme étant potentiellement dommageable pour la santé pulmonaire, résume le chercheur.

Selon lui, les saveurs ajoutées aux liquides devront également faire l'objet de recherches plus poussées.

Pourquoi on cible les saveurs? Parce qu'on ne connaît rien sur les effets pulmonaires des saveurs. Naturellement, lorsqu'on est ignorant dans un domaine, on va rapidement le cibler pour être la source de cause potentielle.

Selon la Société du cancer du Canada, le vapotage chez les jeunes Canadiens âgés de 16 à 19 ans a bondi de 74 % entre 2017 et 2018.

L’organisme cite une étude de l’Université de Waterloo selon laquelle 14,6 % des jeunes interrogés affirment avoir vapoté au moins une fois dans les 30 derniers jours.

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