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Le vin de canneberge au menu d'une ferme ontarienne

Des petits fruits rouges sur un grand tapis roulant, manipulés par des mains gantées.

La ferme Muskoka Lakes Farm & Winery cultive des canneberges pour en faire, entre autres, du vin et du cidre.

Photo : Radio-Canada / Natalie Nanowski

Radio-Canada

On associe souvent la canneberge à nos sauces des repas de l’Action de grâces ou de Noël, mais peut-être moins à l’industrie vinicole. Une ferme de la région de Muskoka, en Ontario, a réussi à se faire connaître grâce à son vin de canneberge, et depuis peu, son cidre.

La ferme Muskoka Lakes Farm & Winery, située à Bala, est une affaire de famille. Je suis né ici, c’est mon père et mon oncle qui ont mis la ferme sur pied, raconte Murray Johnston, président et propriétaire. Puis j’ai commencé à travailler là avec mon père, et ma femme [Wendy Hogarth]. Et maintenant mon fils est aussi partenaire.

Cette exploitation est l’une des deux dernières fermes à cultiver des canneberges en Ontario; au pays, c’est au Québec et en Colombie-Britannique que se concentre surtout la production.

Murray Johnston estime sa production annuelle, sur 11 hectares, à plus ou moins 200 tonnes, ce qui représente moins de 1 % de la production nationale. Mais à l’échelle locale, les activités de la ferme ont de quoi tenir la famille Johnston-Hogarth occupée.

Un homme, un peu plus âgé, portant une casquette au logo de son entreprise familiale, dans un champ à l'extérieur, un jour d'automne.

Murray Johnston est propriétaire est président de la ferme Muskoka Lakes Farm & Winery.

Photo : Radio-Canada / Yanjun Li

Les propriétaires ont décidé de décliner la canneberge à plusieurs sauces : en plus de la faire pousser pour la vendre à des marchés et des entreprises, ils produisent aussi du vin de canneberge, et plus récemment, du cidre.

La famille s’est également lancée dans l’écotourisme, pour mieux faire connaître au public cette petite baie indigène d’Amérique du Nord.

Du vin local

L’idée de produire du vin est venue à la fin des années 90, à un moment difficile pour la ferme. Il y avait une surproduction et les prix ont chuté, alors on a cherché des solutions pour continuer à pratiquer l’agriculture et se diversifier, parce que c’est ce qu’on adore faire, relate Murray Johnston.

On a commencé en 2001 et on a lancé nos 600 premières caisses en septembre.

On était un peu anxieux au début, mais finalement on était en rupture de stock 16 jours plus tard, enchaîne sa femme.

Gros plan sur un étalage de bouteille de vin. L'étiquette indique le mot "cranberry", autrement dit "canneberge".

Le vin de canneberge produit par Muskoka Lakes Farm & Winery.

Photo : Radio-Canada

La région de Muskoka n’est pourtant pas une région vinicole. On était curieux de voir ce qu’on pouvait faire avec ça. On surveillait ce qui se passait dans l’industrie du vin du Niagara, mais ici, on ne peut pas faire pousser de raisin, décrit Wendy Hogarth.

Alors on s’est demandé si le vin de canneberge c’était quelque chose, d’abord, qu’on pouvait fabriquer, et ensuite, que les consommateurs apprécieraient. Et la réponse à ces deux questions, c’est oui.

Elle estime que leurs clients aiment l’aspect local de la démarche.

Une femme aux cheveux foncés bouclés, souriante, devant une rangée de bouteilles de vin présentées pour la vente.

Wendy Hogarth est propriétaire de la ferme Muskoka Lakes Farm & Winery.

Photo : Radio-Canada

Les archéologues ont constaté qu’à l’origine, le vin était produit avec des figues, des dattes et melons d’eau dans la vallée mésopotamienne. En bref, on faisait avec ce qui poussait localement. Et c’est aussi ce qu’on fait ici.

Les consommateurs sont à la recherche de nouveaux goûts, et aiment l’idée de boire quelque chose qui reflète bien la région.

Wendy Hogarth, propriétaire, Muskoka Lakes Farm & Winery

Ce nouveau volet de la ferme familiale lui a fait prendre de l’expansion, et maintenant mon fils a même lancé un cidre, note Murray Johnston.

Écotourisme : vivre l'expérience du producteur de canneberges

La ferme invite aussi le public à voir de plus près comment on cultive la canneberge. Une industrie compliquée, qui nécessite d’inonder les cultures et les faire geler l’hiver.

Comme c’est une plante pérenne – [qui vit pendant plusieurs années] – ça implique beaucoup de gestion pendant l’hiver pour la préserver, explique Wendy Hogarth.

Une femme, de dos, dans un champ inondé, empile des canneberges dans un grand bac avec un râteau. Elle porte une salopette imperméable et des bottes, l'eau lui arrive aux genoux.

La production de canneberges se fait dans des champs inondés.

Photo : Radio-Canada / Natalie Nanowski

On avait remarqué que la région de Muskoka est une réelle attraction pour les gens qui veulent voir les couleurs d’automne, poursuit son mari. Et cette période coïncide avec le temps des récoltes pour nous, alors c’est l’endroit parfait pour permettre aux gens de vivre les récoltes, d’aller marcher dans la nature, voir les couleurs.

On a commencé avec des tournées en chariot dans les années 80, et maintenant on est ouvert toute l’année. La ferme permet notamment aux visiteurs de se plonger les deux jambes dans les champs rouge pleins d'eau.

Cette diversification lui a permis de survivre sur maintenant trois générations. L’agriculture c’est difficile, et c’est difficile d’essayer d’en vivre, encore plus pour les petites fermes familiales, rappelle Mme Hogarth. Alors nous diversifier, ça nous a aidés à rester en activité.

Une femme et un homme, vêtus de salopettes imperméables, au milieu d'un champ de canneberge rouge. L'homme, de dos, prend la femme en photo.

Les visiteurs de la ferme peuvent se prendre en photo au milieu des champs de canneberge inondés.

Photo : Radio-Canada

À travers toutes ses activités, la ferme veut avant tout rendre ses lettres de noblesse au petit fruit rouge parfois mal aimé, en raison de son acidité.

C’est sûr que par rapport aux bleuets et aux fraises – que vous pouvez manger tout de suite à la cueillette – la canneberge, qui a un goût fort, n’est peut-être pas aussi populaire. Mais on voit de plus en plus une demande pour cette baie en raison de toutes ses propriétés médicinales que les gens commencent à reconnaître, souligne Mme Hogarth.

C’est un peu comme le citron du Nord. On ne peut pas faire pousser de citrons ici, mais on peut faire pousser des canneberges.

Murray Johnston

Avec les informations de Natalie Nanowski, CBC

Toronto

Agriculture