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Nouvel épisode dans le bras de fer entre Washington et Pékin

Trois agents de sécurité en uniforme marchent dans un espace public devant une mosquée.

Des agents de sécurité ouïgours en patrouille près de la mosquée Id Kah, à Kashgar, dans le Xinjiang, le 4 novembre 2017.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ng Han Guan

Agence France-Presse

« Il n'y a pas de problèmes de droits de l'homme » au Xinjiang, a assuré la Chine mardi, après le placement sur liste noire par les États-Unis de 28 entités chinoises impliquées dans la surveillance de cette région à majorité musulmane.

Selon des organisations de défense des droits de la personne, plus d'un million de musulmans, principalement de l'ethnie turcophone ouïgoure, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans cette région du Nord-Ouest chinois.

Pékin dément ce chiffre et fait référence à des centres de formation professionnelle afin de lutter contre l'islamisme, le séparatisme et le terrorisme, le Xinjiang ayant été par le passé la cible d'attentats attribués aux Ouïgours.

En réponse, le département américain du Commerce a annoncé lundi avoir placé 28 organisations gouvernementales et commerciales chinoises sur liste noire, leur interdisant d'importer des produits depuis les États-Unis. Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas tolérer et ne toléreront pas la répression brutale des minorités ethniques à travers la Chine, a dit Wilbur Ross, secrétaire au Commerce des États-Unis.

Sans surprise, la réaction chinoise a été vive.

La Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue, a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, estimant qu'il n'y avait pas de problèmes de droits de l'homme au Xinjiang, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Alors que Washington et Pékin sont aux prises depuis un an et demi avec une guerre commerciale, M. Geng a accusé les États-Unis d'utiliser la question du Xinjiang comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine.

La décision américaine intervient d'ailleurs à quelques jours de la reprise des négociations commerciales entre Pékin et Washington, après plus de deux mois d'interruption.

Qui est visé ?

Le gouvernement américain a précisé que 8 des 28 organisations visées étaient des entités commerciales, les autres étant des organismes gouvernementaux, dont le Bureau de la sécurité publique (police) du Xinjiang.

Cette mesure permettra que nos technologies [...] ne soient pas utilisées pour réprimer des populations minoritaires sans défense, a expliqué M. Ross.

Les entités ciblées ont toutes été impliquées dans la mise en place de la campagne chinoise de répression, de détention arbitraire et de surveillance de haute technologie, selon son ministère.

Parmi les entités concernées figurent la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d'intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux États-Unis.

Hikvision, numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance, avec 34 000 employés, a profité à plein de l'omniprésence des caméras de surveillance en Chine, notamment au Xinjiang.

La société a critiqué une décision américaine sans base factuelle, demandant au gouvernement américain un réexamen de sa décision, fondé sur les principes d'équité, de justice et de non-discrimination.

Dans un article publié en avril, le New York Times affirmait que Pékin utilisait des caméras de reconnaissance faciale à des fins de profilage racial pour surveiller les Ouïgours.

Megvii, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba, a affirmé dans un communiqué s'opposer fermement à une décision américaine sans aucun fondement, qui dénote une incompréhension de notre entreprise. L'entreprise a défendu l'incidence positive de sa technologie sur la société.

Quant à SenseTime, elle s'est dite profondément déçue et va travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation.

Au printemps déjà, Huawei, numéro deux mondial des téléphones intelligents, avait été placée sur liste noire par l'administration Trump, dans ce contexte de guerre commerciale et de rivalité technologique et sur fond de soupçons d'espionnage, au profit de la Chine.

Le groupe chinois est menacé de perdre son accès à Android, le système d'exploitation américain qui équipe l'immense majorité des téléphones intelligents dans le monde.

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