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À la recherche du vrai visage de Marie de l'Incarnation

Une entrevue avec Philippe Roy-Lysencourt, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses à l'Université Laval

Photo : Courtoisie : Philippe Roy-Lysencourt

Jean-François Nadeau

Un professeur d'histoire de l'Université Laval tente de redonner vie à la fondatrice des Ursulines, Marie de l'Incarnation.

À partir d'un masque mortuaire retrouvé dans le grenier du monastère de la congrégation religieuse de Québec, Philippe Roy-Lysencourt souhaite reconstituer le visage en trois dimensions de la femme qui est arrivée en Nouvelle-France en 1639 dans le but d'évangéliser les Amérindiennes.

Le premier défi consiste à attester que le visage sur le masque mortuaire, comme le suggère la tradition orale chez les Ursulines, est bien celui de leur fondatrice.

Le masque mortuaire a été retrouvé dans le grenier du Monastère des Ursulines à Québec.

Le masque mortuaire a été retrouvé dans le grenier du Monastère des Ursulines à Québec.

Photo : Radio-Canada

Des indices

La composition du masque laisse croire qu'il a été fabriqué à l'époque de Marie de l'Incarnation.

C'est un mortier qui est composé de sable, de chaux et d'eau. On sait que le plâtre a été importé en Nouvelle-France à partir de 1678, donc on a un indice intéressant, explique Philippe Roy-Lysencourt.

Un masque mortuaire comme celui-ci, on ne l'apposait pas sur des personnes qui n'avaient pas une réelle importance dans la société.

Philippe Roy-Lysencourt, professeur d'histoire à l'Université Laval
Le masque funéraire qui serait celui de Marie de l'Incarnation.

Le masque funéraire qui serait celui de Marie de l'Incarnation.

Photo : Courtoisie : Philippe Roy-Lysencourt

Le titulaire de la chaire Marie-de-l’Incarnation va faire scanner le masque mercredi dans une clinique privée de radiologie et d'imagerie de Québec. Il s'envolera ensuite en France, à la mi-octobre, pour travailler avec le médecin légiste Philippe Charlier.

Spécialistes en reconstitution

Le docteur Charlier et son équipe sont spécialisés dans la reconstitution des corps anciens.

Ils travaillent avec des logiciels qui sont les mêmes que ceux qui sont utilisés par les polices scientifiques. Ils travaillent avec des musées canadiens. Ils ont recomposé comme ça, par exemple, le visage de Marie Madeleine et la tête d'Henri-IV, raconte Philippe Roy-Lysencourt.

Sceau à l'endos du masque funéraire.

Sceau à l'endos du masque funéraire

Photo : Courtoisie : Philippe Roy-Lysencourt

Une fois que le professeur de l'Université Laval aura la reconstitution en trois dimensions, il tentera de la comparer avec les tableaux et descriptions de l'époque, pour déterminer la probabilité qu'il puisse réellement s'agir du visage de Marie de l'Incarnation.

Il n'était pas possible pour les chercheurs, de travailler à partir de la dépouille de la fondatrice, qui se trouve dans la chapelle des Ursulines.

Son crâne, sur lequel il aurait été intéressant de travailler, où on aurait eu des certitudes, s'est décomposé très rapidement. Il y aurait eu des infiltrations d'eau dans le tombeau. Il nous reste quelques ossements encore, mais pas le crâne, explique Philippe Roy-Lysencourt.

La fondatrice des Ursulines est décédée à Québec en 1672.

Si tout se déroule comme prévu, la reconstitution numérique du visage devrait être complétée à la fin janvier.

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