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De la graine d’entrepreneur chez un adolescent de 16 ans

« Ils m’ont dit : “Fonce! Ce n’est pas grave d’avoir un échec, c’est avec ça que tu apprends le plus dans la vie”. »

Émile Gariépy avec sa récolte de citrouilles

Émile Gariépy

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Julie Vaillancourt

Depuis qu’Émile Gariepy, un cultivateur de 11 ans, a été révélé au pays tout entier lors de son passage à l’émission Dans l’œil du dragon, son entreprise s’est développée à la vitesse grand V. La production de l’adolescent, maintenant âgé de 16 ans, est passée de 800 à 50 000 citrouilles par année. L’enfant qui cultivait en dilettante est devenu un véritable entrepreneur, selon ce qu'a constaté La semaine verte.

Les week-ends d’automne, la maison des parents d’Émile Gariepy est à peine visible derrière les immenses boîtes de carton remplies à ras bord de citrouilles. Trois camions de livraison viendront bientôt chercher la précieuse cargaison pour l’acheminer dans les épiceries de la province.

La progression de l’entreprise est digne des plus belles réussites du Québec inc.

Passionné par l’agriculture depuis la petite enfance

Émile assis sur une citrouille.

Le jeune Émile à 2 ans.

Photo : Radio-Canada / Archives famille Gariepy

La passion d’Émile Gariepy pour l’agriculture ne date pas d’hier. Il habite à Saint-Roch-de-l’Achigan, un milieu rural de la région de Lanaudière. Il a fait son premier jardin à quatre ans. J’avais planté du maïs et des concombres et j'étais heureux d'aller arracher les mauvaises herbes, se rappelle l’adolescent.

Mais de là à cultiver un champ entier de citrouilles, question de reprendre une culture délaissée par son cousin, il y a une marge. C’est pourtant ce qu’il a fait dès l’âge de 10 ans, encouragé par sa mère.

J'ai dit : “Si c'est ce que tu aimes, vas-y, mais moi j'ai déjà mon jardin.” Il partait avec sa boîte à lunch le matin, son tracteur à gazon, il allait cultiver ses citrouilles, il revenait le soir, puis il était heureux là-dedans, raconte Mélanie Lafortune.

Mélanie Lafortune sourit à l'objectif.

Mélanie Lafortune.

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Un passage remarqué à la télévision

Il a 11 ans lorsque l’émission Dans l’œil du dragon l’invite. C’est le plus jeune entrepreneur à mettre les pieds sur le plateau.

On voit déjà qu’il a l’esprit entrepreneurial. À Serge Beauchemin, qui propose de payer ses études, il répond poliment : D’accord, mais est-ce que je peux écouter les (autres) offres?

Ce qui subsiste de son passage à l’émission? Le fait d’oser, répond-il. Ils m’ont dit : “Fonce. Ce n’est pas grave d’avoir un échec, c’est avec ça que tu apprends le plus dans la vie.”

Des enfants mettent les citrouilles dans la remorque d'un tracteur.

La récolte de citrouilles.

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Foncer, c’est ce qu’il fait. Cette année, le jeune agriculteur s’est lancé dans la culture de courges sucrées, des légumes de consommation qui se vendent à longueur d’année. Il a réalisé qu’il valait mieux diversifier son offre que de miser uniquement sur les citrouilles, des légumes ornementaux qui ne valent plus grand-chose passé le 31 octobre.

Dès l’an prochain, il compte tripler sa production, une expansion qui nécessitera une mécanisation accrue des opérations. Je vais automatiser ma station de lavage, les citrouilles vont se laver toutes seules, je vais acheter un nouveau tracteur avec GPS, tout ce qui est possible pour aller plus rapidement, raconte l’adolescent.

Son père, lui-même chef d’entreprise, ne peut que s’incliner devant la progression de l’entreprise d’Émile. Sa production double à chaque année, souligne Patrick Gariepy. Ça se passe à une vitesse folle. Il a une tête de cochon, quand il a quelque chose dans la tête, il le réalise.

Émile avec deux citrouilles dans les mains.

Émile Gariépy place les citrouilles propres dans une boîte.

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

Mais d’ici là, Émile doit terminer son secondaire 5. Pas facile, les soirs d’octobre. J’ai de la chimie, de la physique, des maths forts, de l’anglais enrichi. Après l’école, il faut que j'aille couper des citrouilles. Parfois, je fais des devoirs jusqu'à minuit.

Que lui réserve l’avenir? J’aimerais vivre de l’agriculture. Quand j’ai commencé, mon but, c’était de faire pousser des citrouilles, pas de devenir un grand entrepreneur prospère. Gageons qu’il réalisera les deux!

Le reportage de la journaliste Julie Vaillancourt et du réalisateur Pier Gagné est diffusé dans le cadre de l’émission La semaine verte le samedi à 17 h à ICI Télé.

Des boîtes remplies de citrouilles.

Les citrouilles des Fermes Émile Gariépy.

Photo : Radio-Canada / Pier Gagné

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