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  • Exclusif
  • L'Office du tourisme de Québec se tourne massivement vers le web pour sa publicité

    Le reportage de Nicolas Vigneault

    Photo : getty images/istockphoto / bob_bosewell

    Nicolas Vigneault

    L'Office du tourisme de Québec a plus que doublé ses investissements dans les publicités numériques au cours des 4 dernières années, a appris Radio-Canada.

    La facture dédiée aux médias numériques est passée de 1,5 M$ à 3,3 M$ entre 2014 et 2018, selon des documents obtenus par la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics.

    L'écart entre les montants dépensés en publicité imprimée et sur le web n'a jamais cessé de s'accentuer au cours de cette même période.

    L'Office investissait par exemple 979 000 $ en publicité imprimée en 2014, comparativement à 1,5 M$ sur le web. En 2018, les investissements en publicité imprimée étaient seulement de 34 400 $ contre 3,3 M$ pour le numérique.

    « Tout ce qu'on fait est à 95 % numérique présentement », admet Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l'Office du tourisme de Québec.

    Une clientèle ciblée

    Les grandes entreprises numériques permettent à l'organisation d'atteindre une clientèle cible de façon très précise, soutient-il.

    « Tout ce qu'on fait dans notre cellulaire, ces compagnies-là le savent. Si on veut joindre une femme à New York qui veut venir faire du ski à Montréal ou dans le nord de l'Ontario, on est capable de l'intercepter via les stratégies numériques pour lui proposer un voyage à Québec ».

    Des exemples de publicités de l'Office du tourisme destinées aux marchés français et américain.

    Des exemples de publicités de l'Office du tourisme destinées aux marchés français et américain.

    Photo : Courtoisie/Facebook

    L'Office du tourisme de Québec, dont 45 % du financement est public, soutient avoir pris ce virage numérique afin maximiser le rendement de chaque dollar investi en publicité.

    « À l'époque où on faisait une publicité dans les journaux, on n'était pas en mesure de savoir combien de personnes avaient lu notre publicité. Maintenant avec le numérique et l'intégration de la vidéo, on sait combien de personnes ont cliqué sur la publicité », poursuit M. Bilodeau.

    Contribution aux médias québécois

    Reconnaissant que la migration de la publicité vers les formats numériques peut faire très mal aux journaux du Québec, la direction de l'organisation précise qu'environ 15 % de ses placements publicitaires se font sur des plateformes web québécoises.

    « On place des vidéos, du contenu dans des sites de Radio-Canada, Québecor, Châtelaine, Coup de pouce. Donc, on contribue pour les médias québécois », indique M. Bilodeau.

    Les études de consommation de la clientèle visée par l'Office sont néanmoins très claires, nuance M. Bilodeau.

    Les gens sont dans le numérique, pourquoi j'irais mettre de la publicité dans les journaux?

    Éric Bilodeau, directeur des communications et du marketing de l'Office du tourisme de Québec

    Les habitudes ont changé

    Les agences qui conseillent les organisations sur leurs placements publicitaires se tournent également de plus en plus vers le web.

    « Il faut aller chercher les gens là où ils sont », affirme Marielle Ruelland, vice-présidente et associée chez Medialliance.

    La stratège publicitaire qui œuvre dans le milieu depuis 35 ans a vu des changements importants dans les habitudes de consommation des médias dans la population.

    « Quand il y avait le phénomène de La petite vie ou des Filles de Caleb, nous savions que nous allions chercher la moitié de la population d'un seul coup. Maintenant, il faut avoir plusieurs points de contact », illustre M. Ruelland, ce qui explique selon elle l'utilisation de plus en plus fréquente des réseaux sociaux et des plateformes numériques par plusieurs organisations.

    Québec

    Médias