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Discrimination raciale : les étudiants veulent des changements à l'Université d’Ottawa

Un panneau sur lequel est inscrit le nom de l'Université d'Ottawa.

Des groupes étudiants disent que l'Université d'Ottawa n'en fait pas assez pour s'attaquer aux problèmes de racisme systémique sur le campus.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Radio-Canada

Des groupes étudiants réclament une réponse ferme de l'Université d'Ottawa en lien avec deux incidents, affirmant que l'administration de l'établissement n'en fait pas assez pour lutter contre le racisme systémique sur le campus.

L'étudiant Wiliston Mason a été arrêté en septembre dernier par un agent de sécurité privé alors qu'il tentait d'entrer dans un immeuble du campus.

L'incident fait suite à un autre événement survenu le 12 juin. Une vidéo rendue publique montrait une partie de l'affrontement entre Jamal Boyce, un étudiant à l'Université d'Ottawa, et des gardiens de sécurité.

Ceux-ci auraient exigé que l'étudiant noir leur présente une carte d'identité, alors qu'il faisait de la planche à roulettes sur le campus.

L'université a demandé à une enquêtrice externe d'examiner l'incident de juin. Son rapport, publié la semaine dernière, concluait à de la discrimination raciale. Le recteur et vice-chancelier Jacques Frémont a par la suite présenté ses excuses.

Le jeune homme noir regarde la caméra devant l'entrée d'un pavillon de l'établissement.

Wiliston Mason, un étudiant de l'Université d'Ottawa en résidence, soutient avoir eu une confrontation avec un gardien de sécurité le 14 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Des excuses qui ne vont pas assez loin

Le Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa, la Black Student Leaders Association et plus d'une douzaine d'autres groupes étudiants ont publié une lettre ouverte, mardi, demandant à l'université d'en faire plus et avec davantage de transparence.

Ils y déclarent que les excuses ne vont pas assez loin. Alors que l'administration soutient que le racisme n'a pas sa place sur notre campus, des attitudes, des actions et des agressions racistes implicites et explicites continuent de se produire dans notre établissement, peut-on lire dans la lettre.

La réponse de l'administration de l'université à un incident isolé n'aborde pas le racisme systémique de manière significative, selon les groupes étudiants de l'Université d'Ottawa.

Ils veulent des excuses présentées directement aux deux étudiants et une reconnaissance des problèmes systémiques sur le campus.

Jacques Frémont s'adresse aux médias devant une bannière aux couleurs de l'Université d'Ottawa.

Le recteur et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, a tenu une conférence de presse le 1er octobre à cet effet sur le campus de l'établissement postsecondaire. Il s'est excusé publiquement auprès de l'étudiant et de la communauté universitaire.

Photo : Radio-Canada

Par courriel, l’Université d'Ottawa confirme que M. Frémont a rencontré Jamal Boyce et qu'il lui a présenté des excuses officielles pour l'incident du mois de juin.

Il a également invité l'étudiant à se joindre au comité qui a été mis sur pied pour conseiller le recteur sur d'autres façons dont l'Université peut prévenir le racisme et promouvoir la diversité, l'acceptation et l'inclusivité sur le campus, poursuit l'établissement. La même invitation a été lancée à la Black Law Students' Association.

L’établissement d'enseignement précise que M. Frémont a aussi rencontré des représentants du Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa, assurant qu'un dialogue ouvert a été établi entre l'Université et les groupes étudiants.

Une précédente version de ce texte inversait les noms des étudiants Wiliston Mason et Jamal Boyce. Nous avons modifié cet article pour mieux refléter le fait que les excuses ont été présentées à M. Boyce.

Une politique plus claire

Au début de septembre, l'université avait clarifié sa politique sur la sûreté afin de limiter les situations pendant lesquelles les Services de protection peuvent exiger une preuve d’identité aux personnes qui se trouvent sur le campus. Mais les groupes étudiants demandent plus de clarté, y compris des règles strictes en matière de sécurité privée sur le campus.

Les associations étudiantes veulent aussi que tout le corps professoral et le personnel soient tenus de suivre une formation sur la lutte contre le racisme et que l'université commence à recueillir des données sur la discrimination raciale afin d'établir des chiffres précis à ce sujet.

L'Université d'Ottawa précise que l'enquêtrice poursuit le deuxième volet de son mandat, qui consiste à examiner les politiques et procédures des Services de protection et leur application de façon plus générale, et de faire rapport sur leurs répercussions sur les membres des communautés racisées.

Ce rapport devrait être terminé en novembre et il sera rendu public, souligne l'établissement.

Ottawa-Gatineau

Éducation