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Quand le coût de l'immobilier pousse des Torontois à s'établir dans les villes voisines

Deux hommes parlent à la caméra, en entrevue.

Jean-Rock Boutin et Jason Brown ont acheté un immeuble en 2014 à Hamilton. Ils habitaient avant à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Colin Côté-Paulette

Alors que les partis fédéraux présentent leurs plans afin d’améliorer la situation du logement dans le Grand Toronto, le coût de la vie, lui, continue d’augmenter. Si certains Torontois se voient forcés de déménager dans d’autres municipalités, leur arrivée peut radicalement changer le marché de l'immobilier de leur ville d'accueil.

Il y a deux ans, Jean-Rock Boutin et son conjoint, Jason Brown, ont déménagé à Hamilton, soit à environ une heure de route à l'ouest de la Ville Reine. Ils ont pris cette décision après avoir été évincés de leur appartement à Toronto, dans lequel ils vivaient depuis 2002.

Leur propriétaire de l’époque désirait changer la vocation résidentielle de son immeuble pour en faire des espaces commerciaux.

Jean-Rock Boutin et Jason Brown entourés de plantes

Jean-Rock Boutin et Jason Brown ont quitté Toronto à cause des prix de l'immobilier prohibitifs.

Photo : Radio-Canada

Les deux hommes, qui avaient déjà acheté un immeuble à Hamilton quelques années auparavant, ont pris toutes leurs affaires pour aller s'installer dans la ville de l’acier.

On s’est dit : c’est clair qu’on n’a plus les moyens de rester à Toronto, ça devient beaucoup trop cher. [...] Et Hamilton nous apparaissait comme une alternative intéressante.

Jean-Rock Boutin

Pour 250 000 $, le couple est devenu propriétaire d’un immeuble de huit logements en 2014 et a investi environ 300 000 $ en rénovations. Une somme qui se rembourse rapidement selon eux, grâce aux loyers de leurs locataires.

Ici, on peut économiser plus et Hamilton a un climat intéressant, souligne M. Boutin.

Résumé des promesses du Parti libéral, du Parti conservateur, du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les quatre principaux partis politiques fédéraux ont tous fait des promesses pour faciliter l'accès au logement et à la propriété.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Le bonheur des uns fait le malheur des autres

Si certaines personnes viennent chercher une vie plus abordable à Hamilton, d’autres assistent à la transformation rapide d’un marché qui devient de plus en plus inaccessible.

Si vous avez grandi à Hamilton, que vous voulez rester ici et acheter votre première propriété, vous ne serez peut-être pas capable d’acheter dans le quartier ou vous avez grandi. Vous devrez probablement aller voir plus vers l’extérieur de la ville, soutient Melanie Cunningham, une agente immobilière de la firme One Percent.

Une femme dans un manteau regarde la caméra, rue James, à Hamilton.

Melanie Cunningham, une agente immobilière, a grandi à Hamilton. Elle a vu le marché immobilier changer énormément au cours des dernières années.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Depuis plusieurs années, la valeur des maisons augmente à Hamilton. Le prix moyen d'une propriété résidentielle était de plus de 554 000 $ en septembre dernier, contre environ 502 000 $ un an plus tôt, selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI).

Quelqu’un qui vient de Toronto se dira que c’est un bon endroit pour investir et pour vivre.

Melanie Cunningham, agente immobilière

La constante hausse du prix des loyers

Si la valeur des propriétés augmente, les loyers aussi. C'est un phénomène préoccupant pour les membres de l'organisme ACORN Hamilton, qui militent pour les familles à faible ou moyen revenu.

Un homme travaille à un bureau. On voit derrière lui des pancartes portant des messages à propos des logements sociaux de Hamilton.

Mike Wood, de l'organisme ACORN Hamilton, travaille pour que le marché locatif de Hamilton reste plus abordable pour les personnes à faible revenu.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

La situation empire à Hamilton. […] Je parle souvent à des gens qui gagnent le salaire minimum et qui ne peuvent pas se permettre de vivre à Hamilton, avec le prix des loyers présentement.

Mike Wood, président d'ACORN Hamilton

Le président d'ACORN Hamilton soutient que certains propriétaires négligent l’entretien d’un appartement jusqu’à ce que les locataires ne le supportent plus et décident de partir. Le propriétaire peut ensuite augmenter le loyer.

Un homme dans la rue fait un sourire à la caméra dans une rue de Hamilton.

Mike Wood, de l'organisme ACORN Hamilton, estime que les logements locatifs deviennent de moins en moins abordables dans la région de la ville de l'acier.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Selon la Ville de Hamilton, pas moins de 6364 ménages sont présentement inscrits sur la liste d’attente de la municipalité pour un logement social. Ce chiffre a progressé de 18 % entre 2015 et 2018.

Pour Edward John, le directeur du Service de logement de la Ville, cette augmentation s’explique par une hausse du prix et une diminution de l’offre de logements locatifs.

Il estime que le nombre de logements sociaux en fin de vie utile est également en hausse.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le logement comme enjeu électoral

Depuis le déclenchement de la campagne électorale, le 11 septembre, la crise du logement s'est imposée comme un des enjeux prioritaires des Canadiens.

À certains endroits, des manifestations ont été organisées pour attirer l'attention des partis fédéraux.

Le désespoir de certains citoyens a aussi donné lieu à des moments bouleversants lors de la campagne.

Un autre exemple frappant qui illustre la crise du logement dans le Grand Toronto est la circonscription de Willowdale, où 39 % des habitants disent débourser plus de 50 % de leur revenu pour se loger, selon une analyse des données de Statistique Canada.

Toronto

Indicateurs économiques