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Débat électoral dans Ottawa–Vanier : l’inaction des libéraux critiquée et les conservateurs isolés

Une intervention du Parti vert au sujet d’un appel de la candidate néo-démocrate a surpris les participants.

Les candidats sont réunis autour de la table dans le studio et regardent l'animateur Philippe Marcoux.

Le débat des « Matins d'ici » a réuni (de g. à dr.) Oriana Ngabirano du Parti vert, Mona Fortier du Parti libéral, Stéphanie Mercier du NPD et Joël Bernard du Parti conservateur.

Photo : Radio-Canada

Emmanuelle de Mer

Quatre candidats dans Ottawa–Vanier ont croisé le fer mercredi matin à l’émission Les matins d’ici dans un débat enlevé. La candidate libérale a dû défendre le bilan du gouvernement Trudeau, tandis que les participants n’ont pas trouvé de consensus pour lutter contre la criminalité et bonifier le logement abordable dans le quartier qu’ils souhaitent représenter.

La pauvreté, source ou non de la criminalité?

Pour la candidate libérale et députée sortante Mona Fortier, la lutte à la criminalité nécessite principalement de sévir contre les armes à feu, les gangs de rue et les problèmes de drogue. Elle a rappelé notamment les promesses libérales d’interdire les fusils d’assaut de type militaire et de travailler avec la Ville d’Ottawa pour restreindre l’utilisation des armes de poing.

Joël Bernard a dénoncé le renforcement législatif proposé par les libéraux, soutenant que les criminels n’obéissent pas à la loi. [...] Nous, on va s’attaquer au problème : les criminels et les gangs de rue. Son parti propose entre autres de mieux équiper les services policiers et de sévir contre les armes illégales qui traversent la frontière canado-américaine. Le crime c’est le crime! Il y a des lois au Canada; on est un pays d’ordre. Ceux qui contreviennent devraient faire face à la justice, a lancé M. Bernard.

Je pense qu’il faut arrêter avec les solutions punitives et passer à des solutions préventives. On parle de traiter le crime comme un problème de santé publique. C’est ce qu’il faut faire en ce moment, c’est une crise.

Oriana Ngabirano, Parti vert du Canada, Ottawa–Vanier

De leur côté, la candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) et celle du Parti vert ont plutôt soutenu que la véritable source de la criminalité est la pauvreté. Le NPD propose d’ailleurs des mesures pour que la vie dans Ottawa–Vanier soit plus abordable. Nos solutions, s’est de rendre des services aux gens comme un système de soins universel et le logement abordable, a illustré la candidate Stéphanie Mercier.

La pauvreté est la source. Il y a des gens derrière ces activités criminelles, a renchéri Oriana Ngabirano. Le Parti vert mise notamment sur le revenu minimum garanti. La candidate a ajouté que la centralisation de services communautaires à Ottawa–Vanier a attiré une certaine clientèle. C’est une concentration qui crée un ghetto et qui amplifie les crimes, a-t-elle noté.

La pauvreté n’est pas la raison pour laquelle quelqu’un commet un crime, a rétorqué M. Bernard. La candidate du Parti vert a ajouté qu’il était essentiel d’offrir des occasions et des exemples positifs afin que les moins nantis améliorent leur quotidien.

Le logement abordable, un enjeu de taille

La candidate libérale a subi le tir groupé de ses opposants en matière de logement abordable. Les candidats du Parti conservateur et du Parti vert ont dénoncé l’inaction des libéraux dans Ottawa–Vanier. Mona Fortier a été incapable de préciser le nombre de logements abordables construits dans le quartier.

Ça ne se construit pas en deux mois, a-t-elle lancé à Mme Ngabirano, citant le manque d’investissement du gouvernement conservateur précédent. Un argument aussitôt dénoncé par la candidate du Parti vert, critiquant du même coup l’inaction des deux partis dans ce dossier.

Le conservateur Joël Bernard a reconnu que le manque de logements abordables constituait un grand problème dans Ottawa–Vanier. Mais la solution, selon lui, passe par des emplois mieux rémunérés. La prospérité dans Ottawa–Vanier ou la croissance économique n’existe pas, a-t-il avancé.

Quand on regarde les circonscriptions autour, on voit la croissance économique. Mais Ottawa–Vanier est toujours oubliée.

Joël Bernard, Parti conservateur du Canada, Ottawa–Vanier

La croissance économique n’est pas possible sans augmenter le bien-être des gens, a plaidé Oriana Ngabirano. Le Parti vert propose notamment de légiférer le droit au logement et d’instaurer un pourcentage de logements abordables ou sociaux dans les constructions privées.

De son côté, le NPD s’est engagé à construire 500 unités de logement abordable d’ici 10 ans dans Ottawa–Vanier. Le parti retirerait aussi une portion de la taxe fédérale sur ces logements pour faire en sorte que les logements soient non seulement plus abordables, mais puissent être construits rapidement, a expliqué Stéphanie Mercier.

Une collaboration progressiste?

Par ailleurs, la candidate du Parti vert a surpris les participants en annonçant que sa rivale néo-démocrate lui avait demandé la veille de se retirer de la course, laissant entendre que le NPD obtiendrait davantage d’appuis. Ça montre totalement un manque de respect pour le processus démocratique, a lancé Oriana Ngabirano.

J’ai un énorme respect pour vous, a répondu Stéphanie Mercier, soulignant qu’il s’agissait d’un appel non pour qu’elle retire sa candidature, mais bien pour collaborer entre des forces progressistes.

Je pense qu’Ottawa–Vanier a besoin d’un grand changement et je pense qu’en tant que deux candidates progressistes, on peut le faire. Malheureusement, [vous n’avez] pas voulu.

Stéphanie Mercier, Nouveau Parti démocratique, Ottawa–Vanier

Mme Ngabirano a aussi critiqué son opposante sur le fait qu’elle ne vivait pas à Ottawa–Vanier – contrairement à elle – mais à Gatineau. La candidate néo-démocrate s’est expliquée en disant qu’elle avait choisi de déménager à Gatineau – après cinq ans à Ottawa – en raison de droits de scolarité exorbitants. Elle travaille cependant à l’Hôpital Montfort et étudie à l’Université d’Ottawa. Dès qu’elle pourra se le permettre financièrement, elle compte revenir vivre à Ottawa–Vanier.

Notre dossier Élections Canada 2019

Pas de pont interprovincial pour les conservateurs

Joël Bernard, opposé à l’idée d’un pont interprovincial près d’Ottawa–Vanier, a demandé une position claire à Mona Fortier dans ce dossier. Il a rapporté que le candidat libéral dans Gatineau, Steven McKinnon, avait déclaré publiquement qu’elle appuyait ce projet.

Après quelques explications, Mme Fortier a déclaré qu’elle n’appuyait pas l’idée d’un autre pont, optant plutôt pour davantage d’investissement dans le transport en commun. Il faut avoir une stratégie régionale de transport interprovinciale et de transport en commun. On ne peut pas choisir d’avoir à la pièce des solutions, a-t-elle souligné.

Réforme électorale et avortement

Questionnée par les candidats néo-démocrate et conservateur, Mona Fortier a dû défendre la décision de son parti de ne pas aller de l’avant avec la réforme électorale annoncée en 2015. La députée sortante a rappelé qu’aucun modèle n’avait obtenu de consensus. Elle propose de tenir une conversation citoyenne sur la question

Quel modèle serait privilégié par le Canada dans les prochaines années? C’est quelque chose que je suis prête à avoir.

Mona Fortier, Parti libéral du Canada, Ottawa–Vanier

Mona Fortier a de son côté demandé au candidat conservateur quelle était sa position au sujet de l’avortement, se disant grandement préoccupée par un recul possible si vous [les conservateurs] êtes élus.

Joël Bernard a d’abord dénoncé le fait que les libéraux continuent d’agiter cette perspective, puisque son parti n’a pas l’intention de rouvrir le débat. Je suis pro-vie, mais les femmes ont le droit de choisir, comme la loi du Canada le dit, a-t-il ajouté.

Le candidat du Parti populaire du Canada, Paul Durst, ne se sentait pas suffisamment à l'aise en français pour participer au débat.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale