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Le gouvernement irakien promet de répondre aux revendications des manifestants

On voit en arrière fond des voitures et des camions de policiers.

Un policier dans une rue de Bagdad

Photo : Reuters / Wissm Al-Okili

Radio-Canada

L’Irak connaît un retour au calme progressif après une semaine de protestations sanglantes, où plus de 110 personnes ont été tuées et plus de 6000 autres ont été blessées.

Autant le président Barham Saleh que le premier ministre Adel Abdel Mahdi ont promis de répondre aux revendications des manifestants, tout en appelant au dialogue avec les manifestants.

De son côté, l’armée a reconnu un usage excessif de la force à Sadr City, un quartier très populaire de Bagdad, où réside le tiers de la population de la capitale.

Dans un discours prononcé lundi, le président Saleh a appelé à cesser l’escalade tout en annonçant une série de mesures, parmi lesquelles l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les actes de violence et la sanction des responsables.

Il a également appelé à la constitution d’un groupe d’experts indépendants qui proposerait une série de réformes après des discussions avec toutes les parties, y compris les manifestants. Enfin, il a appelé à un remaniement gouvernemental.

Le premier ministre Adel Abdel Mahdi a publié un communiqué dans lequel il a annoncé un retour au calme après la levée du couvre-feu, soulignant que les forces de l’ordre maîtrisaient désormais la situation.

Par ailleurs, le gouverneur de Bagdad a remis sa démission qui a été acceptée.

Suspension de la protestation

Le journal libanais Al Akhbar, qui cite des sources irakiennes, rapporte que des discussions sont en cours entre le gouvernement, les partis politiques et les représentants des manifestants afin de suspendre les manifestations pour que l’Arabaïn, le plus grand événement religieux chiite, ne soit pas perturbé.

Selon certains activistes, les manifestations reprendraient après la fin des célébrations chiites.

Par ailleurs, le chef du Hachd al-Chaabi, puissante coalition paramilitaire dominée par des milices chiites proches de l'Iran, s'est dit prêt à intervenir pour empêcher un coup d'État ou une rébellion, si le gouvernement le lui ordonnait.

Dénonçant des comploteurs qui seront punis, Faleh al-Fayyadh a prévenu que le Hachd, désormais en grande partie intégré aux troupes permanentes, voulait la chute de la corruption et non la chute du régime répondant à l'un des slogans des manifestants.

Les manifestations qui ont duré près d’une semaine dénonçaient le chômage, la corruption et la dégradation des services publics. Les citoyens souffrent depuis des années de coupures d’eau et de pannes d’électricité fréquentes.

La situation irakienne suscite l’intérêt de plusieurs pays en raison des enjeux géostratégiques. Le premier ministre Abdel Mahdi a annoncé avoir discuté avec le secrétaire d'État américain Mike Pompeo de la situation, pendant que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov menait à Bagdad une visite prévue avant le début de la contestation.

De son côté, le guide de la révolution iranienne Ali Khamenei a qualifié la vague de violence de complots des ennemis. Il a tweeté lundi : Les ennemis veulent semer la discorde, mais ils ont échoué. Leurs complots ne réussiront pas.

Attaques contre des médias

Locaux saccagés, transmission coupée et journalistes menacés : plusieurs télévisions ont raconté comment des hommes armés et masqués s'en étaient pris à elles au beau milieu de la nuit, en raison disent-elles de leur couverture des manifestations.

NRT TV et Al-Dijla, deux chaînes privées irakiennes, ainsi que la télévision saoudienne Al-Arabiya affirment ne pas connaître l’identité des assaillants. Les trois ont annoncé samedi que leurs locaux à Bagdad avaient été attaqués.

NRT TV, basée au Kurdistan (nord), a rapporté que des hommes armés avaient détruit la plupart de ses équipements, interrompant temporairement la diffusion.

Une autre chaîne privée irakienne à Bagdad, Al-Nahrein, avait également subi une attaque durant laquelle ses équipements avaient été détruits.

Les chaînes privées locales Houna Baghdad et Al-Rasheed ont fait état de menaces, avant que la seconde disparaisse des écrans.

Par ailleurs, Internet est toujours inaccessible à Bagdad et dans plusieurs localités du sud.

Avec les informations de Agence France-Presse

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