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Jagmeet Singh entretient l'ambiguïté sur la contestation de la loi sur la laïcité

Jagmeet Singh porte la main à sa poitrine devant un micro.

Jagmeet Singh a indiqué que tout premier ministre serait « juridiquement » obligé de prendre en considération une éventuelle contestation de la loi 21 devant la Cour suprême.

Photo : La Presse canadienne / Chris Wattie

Marc-Antoine Ménard
Joëlle Girard
Bernard Barbeau

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh reste évasif quant à sa position sur une éventuelle intervention du gouvernement fédéral dans une contestation de la Loi québécoise sur la laïcité de l’État, si la cause devait se rendre devant la Cour suprême du Canada.

Pressé de questions à ce sujet en point de presse, après le débat des chefs en anglais, M. Singh a répété qu’un éventuel gouvernement néo-démocrate n’interviendrait pas dans la contestation actuelle de la loi 21 menée par une étudiante soutenue par des groupes devant la Cour supérieure du Québec.

Mais les choses seraient peut-être différentes si la cause devait se retrouver devant le plus haut tribunal du pays.

Si cela se rend en Cour suprême, tout premier ministre devrait prendre cela en considération.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Juridiquement, tous les premiers ministres doivent regarder ce qui se passe à la Cour suprême et c’est quelque chose de normal, a déclaré Jagmeet Singh.

M. Singh, qui est de confession sikhe et qui porte le turban, n'a jamais caché qu'il était en désaccord avec la loi 21, qui interdit le port de signes religieux pour certains employés de l'État en position d'autorité ainsi que pour les enseignants du primaire et du secondaire dans le réseau public du Québec.

Interpellé par Trudeau

Les questions à M. Singh à ce sujet sont survenues après qu’il eut été interpellé par son adversaire libéral, Justin Trudeau, pendant le débat.

Le langage de M. Trudeau lui-même a semblé évoluer à ce sujet. Alors qu’il affirmait en début de campagne que le fédéral n’interviendrait pas dans une contestation « pour l’instant », le chef libéral a dit lundi soir que le gouvernement « pourrait devoir intervenir » dans le dossier.

Or, en point de presse après le débat, le chef libéral a répété sensiblement la même formule qu'il avait évoquée en début de campagne. J’ai dit que je n’allais pas intervenir dans le cas actuel parce que des Québécois sont en train de défendre leurs droits comme la Constitution le prévoit, [...], mais je ne fermerai pas la porte d’intervenir à une autre étape parce que je trouve que le gouvernement fédéral se doit toujours de pouvoir défendre les droits fondamentaux.

Nous n’avons pas encore pris de décision quant à la possibilité d’une intervention, a ajouté le premier ministre sortant, mais je ne peux pas et ne vais pas fermer la porte parce que ce serait irresponsable de la part d’un gouvernement fédéral.

Le leader bloquiste Yves-François Blanchet a pour sa part estimé que M. Trudeau se montrait moins nébuleux que MM. Singh et Scheer sur cette question.

Yves-François Blanchet parle en point de presse.

Yves-François Blanchet estime que les chefs de partis fédéraux doivent clarifier leur position sur la loi 21.

Photo : La Presse canadienne / Chris Wattie

J’admettrais une chose en faveur de M. Trudeau : il est clair, il va combattre cette loi, ce qui va profondément contre qui il est et quel est son héritage, a-t-il résumé. Très bien. Je ne suis pas sûr que c’est ce que veut le Québec, mais au moins, c’est clair.

M. Scheer et M. Singh sont beaucoup moins clairs, a poursuivi M. Blanchet. Les gens ont le droit de savoir précisément, au cours de deux prochaines semaines, à quoi s’attendre de ces deux chefs. Et j’entends obtenir des réponses claires jeudi, à l'occasion du débat en français.

Je pense qu’il sera en effet intéressant de demander aux chefs de parti de bien vouloir répéter intégralement en français certaines des affaires qu’ils ont dites en anglais, a-t-il aussi dit, en les taxant de clientélisme.

Je pense qu’il n’y a aucun parti, parmi ceux qui étaient là, qui ne prendraient pas fait et cause contre la loi 21. C’est une posture électorale que de dire qu’ils tolèrent la loi 21 parce qu’ils essaient de perdre le moins de votes possible au Québec.

Scheer ferme la porte

Pour sa part, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a résumé sa position de façon simple, en réaction aux propos du chef bloquiste qui a évoqué, durant le débat, une possible contradiction entre M. Scheer et son lieutenant québécois, Alain Rayes.

Mon équipe et moi, nous avons toujours été clairs, on ne va pas intervenir. Point final, a-t-il tranché.

Notre dossier Élections Canada 2019

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