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Enquête sur Trump : les démocrates somment le Pentagone de remettre des documents

Vue aérienne du Pentagone.

Le Pentagone, à Arlington, en Virginie, près de Washington, où se trouve le quartier général du département de la Défense.

Photo : Associated Press / Charles Dharapak

Radio-Canada

Les élus démocrates enquêtant dans le cadre de la procédure de destitution de Donald Trump ont ordonné, lundi, au département de la Défense et au responsable budgétaire de la Maison-Blanche de leur remettre des documents concernant l'affaire ukrainienne.

Ces documents sont nécessaires pour enquêter sur la décision de la Maison-Blanche de suspendre une aide militaire cruciale pour l'Ukraine qui avait été autorisée par le Congrès pour lutter contre l'agression russe, ont expliqué dans un communiqué les présidents démocrates des trois commissions de la Chambre des représentants qui enquêtent sur l’affaire ukrainienne.

Les démocrates ont ouvert une enquête pour destitution dans la foulée de la plainte d'un lanceur d'alerte qui a sonné l'alarme au sujet d'un entretien téléphonique entre le président Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, en juillet 2019. Ce dernier demandait à son interlocuteur d'enquêter sur les origines de l'enquête sur la Russie et sur l'adversaire qu’il pourrait affronter en 2020 : le meneur de la course à l’investiture démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden, comme l'a confirmé un compte rendu de l'appel rendu public par la Maison-Blanche.

Quelques jours avant l'appel, l'administration Trump avait bloqué une aide militaire de 392 millions de dollars, débloquée deux mois plus tard à la suite de pressions des élus des deux partis. Les démocrates estiment que le président a utilisé cette aide militaire comme levier auprès du président ukrainien pour parvenir à ses fins.

Les leaders démocrates donnent au secrétaire à la Défense, Mark Esper, et au directeur du budget à la Maison-Blanche, Russell Vought, jusqu’au 15 octobre pour se plier à l’injonction.

Le Pentagone avait publiquement annoncé jeudi se préparer à coopérer avec le Congrès sur l'enquête. Comme nous l'avons déclaré auparavant, nous sommes prêts, le cas échéant, à travailler avec le Congrès et les parties concernées sur les questions concernant l'aide à l'Ukraine, a déclaré lundi à l'AFP une porte-parole du Pentagone, Jessica Maxwell.

Elle a souligné que le département américain de la Défense avait, de sa propre initiative, publié la semaine dernière une directive interne pour que les documents liés à cette question soient conservés.

Les démocrates ont déjà émis des ordonnances de production d'éléments de preuve liés au dossier ukrainien à la Maison-Blanche, au secrétaire d'État Mike Pompeo ainsi qu'à l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani. Ils ont également demandé au vice-président Mike Pence de remettre des documents, mais il ne s'agit pas pour l'instant d'une injonction.

Donald Trump, président des États-Unis

Les démocrates veulent protéger le lanceur d'alerte

Les démocrates envisagent par ailleurs de cacher le visage du lanceur d'alerte, qui pourrait témoigner par vidéo, et de maquiller sa voix lors de son témoignage, a rapporté le Washington Post lundi soir.

Ils craignent que les membres républicains des comités ne révèlent l'identité du membre de la communauté du renseignement qui a sonné l'alarme et qui a accepté de comparaître devant les comités chargés de l'enquête.

Le président Trump a attaqué de façon virulente celui qu'il a qualifié de faux lanceur d'alerte, a mis en doute son patriotisme et a dit chercher à savoir qui il est, même si la loi prévoit de protéger son identité.

Dimanche, l'un des avocats du lanceur d'alerte a indiqué que son cabinet représentait un deuxième lanceur d'alerte qui serait disposé à témoigner à propos du président Trump. Ce lanceur d'alerte a des informations de première main, a soutenu sur Twitter l'avocat Mark Zaid.

D'autres témoins convoqués cette semaine

Donald Trump salue de la main, aux côtés de Gordon Sondland.

Le président Trump en compagnie notamment de Gordon Sondland, à sa gauche

Photo : Associated Press / Pablo Martinez Monsivais

Les comités chargés des affaires étrangères, du renseignement et de la supervision gouvernementale doivent entendre mardi l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, qui était nommé dans la plainte du lanceur d'alerte.

Dans une série de textos remis par l'ancien envoyé spécial des États-Unis en Ukraine, Kurt Volker, qui a témoigné vendredi dernier, M. Sondland a pris la défense du président, assurant que ce dernier n'avait pas lié l'aide militaire aux requêtes faites au président Zelinsky. M. Sondland avait versé un million de dollars au comité d'investiture de Donald Trump.

L'ex-ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, doit témoigner vendredi. Diplomate de carrière à la réputation impeccable, elle a été rappelée sans explications à Washington avant la fin de son mandat à Kiev, qui avait commencé à l'été 2016. Cette femme [...] était susceptible de causer des problèmes, a dit d'elle le président Trump selon le compte rendu de son appel avec le président Zelensky.

Avec les informations de Washington Post, et Agence France-Presse

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