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Équateur : des indigènes marchent sur Quito contre la hausse du carburant

Des manifestants dont certains ont le visage masqué.

Des manifestants dans les rues de Quito

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Agence France-Presse

Des centaines d'indigènes et de paysans équatoriens marchaient lundi vers la capitale Quito pour se joindre aux protestations contre une hausse massive du prix du carburant décidée par le gouvernement du président Lenin Moreno.

Certains armés de bâtons et le visage masqué, ces manifestants originaires des régions andines du Sud s'étaient mis en route dimanche, à pied ou à bord de camionnettes, pour rejoindre Quito où une grande manifestation est prévue mercredi aux côtés des syndicats.

Selon les dirigeants autochtones, d'autres groupes d'indigènes se dirigeaient depuis le nord du pays vers la capitale.

Lundi après-midi à Quito, des incidents ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre aux abords du siège du gouvernement, dans le quartier du centre historique bouclé par la police.

État d’urgence

Dans un mouvement social inédit depuis 2007, des blocages du secteur des transports et des grèves paralysent le pays. Les violences ont poussé le gouvernement à décréter jeudi l'état d'urgence.

Dans la localité de Machachi, à 35 km de Quito, des militaires et des policiers ont essayé de disperser la caravane à l'aide de gaz lacrymogène, a constaté l'AFP. Sur la chaussée, des barricades faites de pneus incendiés, de branchages et autres détritus dégageaient une épaisse fumée.

La caravane de centaines d'indigènes et de paysans est arrivée lundi soir à Cutuglagua, à proximité de Quito.

Nous allons être plus de 20 000 indigènes, a déclaré lundi à Quito le président de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (CONAIE), Jaime Vargas.

En janvier 2000, le président Jamil Mahuad avait été renversé à la suite de violentes manifestations indigènes auxquelles avait participé la CONAIE, dans un contexte de crise économique.

Pour répliquer au gouvernement, cette organisation a annoncé elle aussi dimanche un état d'urgence dans tous les territoires indigènes.

La CONAIE a affirmé dans un communiqué que les militaires et les policiers qui s'approcheraient des territoires indigènes seraient capturés.

Son porte-parole, Apawki Castro, a déclaré à l'AFP que des membres des forces de l'ordre étaient déjà retenus par des communautés indigènes dans trois provinces. Cette affirmation n'a pas été confirmée par les autorités.

Blocage, blessés et arrestations

Des blocages de voies de circulation étaient signalés dans 19 des 24 provinces du pays, selon les autorités, qui dénombrent 1 mort, 73 blessés (dont 59 parmi les forces de l'ordre) et 477 arrestations durant les manifestations des derniers jours. À la mi-journée, 16 provinces étaient concernées par les blocages.

« C'est une situation très difficile qui pourrait entraîner une certaine instabilité, avec la chute de gouvernements », a déclaré à l'AFP Simon Pachano, politologue de la Faculté latino-américaine de sciences sociales de Quito.

La décision du président Moreno de supprimer les subventions sur les carburants, pour un montant total de 1,3 milliard de dollars (l'économie équatorienne est dollarisée), est entrée en vigueur jeudi. En échange, l'Équateur peut accéder à des crédits de 4,2 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI).

Cela a entraîné des hausses du prix du carburant allant jusqu'à 123 %. Le gallon américain (3,79 litres) de diesel est ainsi passé de 1,03 $ à 2,30 $, et le gallon d'essence ordinaire de 1,85 à 2,40 $.

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