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200 M$ réclamés à Ottawa pour décontaminer l’est de Montréal

Un tracteur sur un terrain contaminé.

La Ville de Montréal souhaite pouvoir développer des terrains contaminés, comme celui de l'emplacement de l’ancienne raffinerie de Shell, qui est actuellement décontaminé par le Groupe C. Laganière.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Julie Marceau

La Chambre de commerce de l'Est de Montréal (CCEM) demande qu’Ottawa investisse 200 millions de dollars pour décontaminer les terrains dans l’est de la ville, une somme égale à celle investie par Québec dans ce dossier.

Dans son livre blanc intitulé Cap sur l’Est, dont Radio-Canada a obtenu copie, la CCEM soutient que la contamination des sols constitue un blocage au développement des terrains à l’est du boulevard Pie-IX, et que les subventions sont insuffisantes.

Actuellement, des millions de pieds carrés ne peuvent pas être redéveloppés en raison de leur contamination résiduelle, laquelle se situe souvent à des niveaux de toxicité élevés, rendant leur décontamination particulièrement coûteuse. De nombreuses entreprises songent à s’installer dans l’est, mais y renoncent du fait des coûts élevés, de la durée et des incertitudes associées au processus de décontamination, peut-on lire dans le document de près de 100 pages.

La CCEM y formule notamment ces trois recommandations :

  • obtenir 200 millions d’Ottawa pour décontaminer les sols;
  • prolonger le REM vers l’est pour améliorer la mobilité;
  • attirer des entreprises innovantes en bonifiant le programme québécois de congé fiscal pour les entreprises qui veulent investir dans l’est.

On a pour environ 45 millions de pieds carrés de terrains qui sont soit contaminés ou non connectés aux infrastructures municipales : les aqueducs, les égouts, les rues. Il y a d’immenses besoins d’investissements pour remettre à niveau ces terrains-là pour les rendre à nouveau actifs sur le plan économique, a expliqué lundi en entrevue Christine Fréchette, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l'Est de Montréal.

La PDG de la CCEM estime également que le développement de l’est de la métropole est un élément clé pour freiner l’exode vers les banlieues.

On garde dans un état stagnant les terrains qui pourraient servir pour du redéveloppement. Ça veut dire qu’on met une pression aussi sur l’étalement urbain, parce que, si on ne peut pas utiliser une portion de l’est de l’île de Montréal pour de l’activité économique, c’est dire qu’on devra aller ailleurs, ajoute Christie Fréchette.

Christie Fréchette, les bras croisés, regardant la caméra sur un site en train d'être décontaminé.

La PDG de la CCEM, Christie Fréchette, croit que la solution à l’exode vers les banlieues passera notamment par le développement de l’est de la métropole.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

En décembre 2018, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont signé la Déclaration pour revitaliser l’est de Montréal. À l’hiver 2019, un comité de travail a été mis sur pied. Puis, au printemps suivant, les deux ordres de gouvernement se sont engagés à décontaminer des terrains situés à l’est du boulevard Pie-IX ainsi qu’à les réaménager. Une première somme de 100 millions de dollars a été octroyée à la Ville de Montréal sur les 200 millions de dollars promis.

L’idée, c’est de déposer un projet en novembre au conseil municipal de la Ville pour que, dès janvier, on puisse aller de l’avant pour la décontamination, affirme Caroline Bourgeois, mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et responsable de l’Est de Montréal au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Le momentum, il est actuel, il y a un intérêt qu’on a rarement vu dans l’est.

Caroline Bourgeois, mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Tant la Ville de Montréal que la CCEM se réjouissent des fonds investis par Québec dans ce dossier, mais ils soutiennent que les besoins s’élèvent à des centaines de millions de dollars.

Le livre blanc, qui doit être dévoilé mardi, recommande également que l’investissement de millions de dollars soit géré par un fonds tripartite formé du Canada, du Québec et de Montréal.

Le document suggère aussi de bonifier le programme québécois de congé fiscal pour les grands projets d’investissements afin de favoriser les entreprises qui voudraient investir dans l’est de Montréal.

Actuellement, l’investissement minimal dans ce programme est fixé à 100 millions de dollars ou à 50 millions de dollars si l’investissement est réalisé en région. La CCEM recommande que ce dernier seuil soit également offert aux entreprises qui investissent dans l’est de Montréal.

Prolonger le REM vers l’est

La CCEM souligne également dans son livre blanc que l’est de Montréal est mal servi en matière de transport en commun et recommande de prolonger le REM dans l’est tout en poursuivant la planification du prolongement du SRB Pie-IX jusqu’à la rue Notre-Dame Est.

À l’heure actuelle, l’offre de transports collectifs et alternatifs – par exemple l’autopartage, l’auto en libre-service, le covoiturage, le vélopartage, le taxi-partage, le taxi-bus et la navette fluviale – est largement insuffisante et l’aménagement urbain n’encourage pas les transports actifs, déplore-t-on dans le document.

Les zones d’emploi, notamment les parcs industriels où sont situés une part importante des emplois dans l’est, sont particulièrement mal desservies. La moitié des travailleurs de l’est utilise la voiture comme principal moyen de transport pour se rendre au travail (plus de 60 %, si on exclut le Plateau, Rosemont–La Petite-Patrie et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension), ajoute la CCEM.

La Chambre de commerce de l’Est de Montréal, qui compte quelque 1200 membres, regroupe 32 000 entreprises situées à l’est du boulevard Saint-Laurent.

Grand Montréal

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