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Trois Madelinots honorés par le ministère de la Sécurité publique

Les trois personnes souriantes après la cérémonie.

Nathalie Arseneau, Gaston Déraspe et Joël Sauvé

Photo : collaboration Joël Sauvé

Brigitte Dubé

Trois Madelinots ont été honorés dimanche, lors de la remise de distinctions de la part de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault, dans le cadre de la Journée nationale de reconnaissance des pompiers.

Le citoyen Gaston Déraspe, qui a fait preuve de sang-froid lors de l’incendie survenu pendant la tempête de novembre 2018, a reçu une Citation de reconnaissance, tout comme le directeur du Service de sécurité incendie de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, Joël Sauvé, pour avoir coordonné les opérations pendant les deux jours de tempête.

Des pylônes de lignes électriques sont penchés ou couchés sur le sol dans un paysage enneigé.

Des vents violents ont soufflé sur les Îles-de-la-Madeleine, le 28 novembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Pour sa part, la technicienne en prévention des incendies, Nathalie Arseneau, a reçu une Citation d’honneur en reconnaissance de son travail.

La Citation de reconnaissance vise à honorer une personne ou un organisme qui a facilité le travail de membres d’un service de sécurité incendie lors d’un événement nécessitant leur intervention.

La Citation d’honneur vise à honorer une personne ou un organisme qui a contribué de façon exceptionnelle au développement et à la promotion de la sécurité incendie.

Source : Ministère de la Sécurité publique

Deux jours de tempête où tout pouvait arriver

Maison à peine visible dans la poudrerie.

Tempête à Pointe-Basse, aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : courtoisie Susan Rutledge

Joël Sauvé n’est pas près d’oublier cette tempête, alors que la neige était abondante et que des rafales atteignaient 140 km/h.

Le 29 novembre, au deuxième jour de la tempête, je me suis réveillé à 4 h 30 et j’ai constaté que la communication cellulaire était coupée, raconte M. Sauvé. Pour nous les pompiers, le réseau cellulaire est essentiel. C’est notre moyen de communication pour les urgences. La coupure datait de 4 h 29. C’était toute une coïncidence! Ça nous a aidés parce que ça nous a donné la chance de trouver des solutions de rechange plus tôt.

Les conditions météo se sont détériorées et les pannes électriques se sont multipliées. Les poteaux électriques tombaient un peu partout. On a réussi à joindre nos pompiers qui avaient encore un téléavertisseur et les autres, on est allés les chercher un par un à leur domicile, se rappelle-t-il.

Les gens ne pouvaient pas nous joindre par le 911, alors les policiers ont contacté la radio locale pour donner un numéro direct pour nous contacter et on nous transmettait les appels.

Un incendie qui ne pouvait plus mal tomber

Un immeuble est la proie des flammes.

Malgré la violence du brasier, personne n'a été blessé dans l'incendie d'u immeuble abritant des logements sociaux, aux Îles-de-la-Madeleine, le 29 novembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Mais le pire n’était pas encore arrivé.

Vers 12 h 55, les pompiers reçoivent un appel pour un début d’incendie. On pensait que c’était simplement un feu de cuisson. C’est un appel de routine pour nous, explique-t-il.

Nos pompiers étaient déjà mobilisés donc on a pu intervenir plus rapidement, se souvient M. Sauvé. Ils ont été surpris lorsqu’ils ont constaté que le feu s’était propagé dans le comble du bâtiment. À ce moment-là, le défi est devenu tout autre. Il fallait évacuer les gens.

Il y avait de l’hésitation. Les gens pensaient que ce n’était pas grave, que c’était seulement un exercice. Il a fallu les forcer à sortir et les aider.

Comme l’édifice était en rénovation, le vent s’était infiltré dans le comble et propageait les gaz chauds à la grandeur.

Pour nous, c’était difficile de diriger les jets d’eau comme on voulait, mentionne le directeur. À cause du vent, c’était trop risqué d’envoyer des pompiers sur le toit. Ç’a été un exercice très difficile.

Le héros du jour : Gaston Déraspe

Gaston Déraspe, recevant la Citation de reconnaissance des mains de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault.

Gaston Déraspe, recevant la Citation de reconnaissance des mains de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault

Photo : Stephane Audet

Aux yeux de Joël Sauvé, Gaston Déraspe est un homme exceptionnel et il a fait preuve d’un sang-froid incroyable.

Quand l’alarme a été donnée, on demandait s’il y avait quelqu’un qui était capable de se servir d’un extincteur.

Ce résident du HLM ne s’est pas posé de questions, raconte M. Sauvé. Il a pris un extincteur et s’est dirigé tout de suite vers l’appartement où se trouvait l’incendie, au 2e étage. Il a réussi à rabattre les flammes et il a refermé la porte derrière lui. On dit souvent aux gens, lorsqu’ils évacuent, de fermer la porte. Ce petit geste-là a probablement sauvé des vies. En empêchant la fumée de se propager dans les corridors, il a certainement évité que des gens soient incommodés par la fumée.

Son geste a fait une grande différence. Je lève mon chapeau à Gaston Déraspe!

Joël Sauvé, directeur du Service de sécurité incendie de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine

Gaston Déraspe a ensuite dirigé les pompiers vers le foyer d’incendie et a aidé à l’évacuation des résidents. Il a fait un travail exceptionnel, estime M. Sauvé.

Pour sa part, Joël Sauvé a été honoré pour la coordination des opérations de l’incendie, mais aussi pour toutes les décisions prises pendant la durée de la tempête, qui a duré deux jours.

Cette reconnaissance, je la partage avec l’ensemble de mon équipe. Un chef d’orchestre, c’est bien beau, il a beau être bien bon, mais s’il n’y a pas de musiciens, il n’y a pas de musique. Ça fait chaud au coeur.

Joël Sauvé, directeur du Service de sécurité incendie de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine

Selon lui, la cérémonie de dimanche était très émouvante parce qu’elle a permis aux Madelinots de côtoyer des gens qui ont sauvé des vies. Chacun avait son histoire.

20 ans de travail pour Nathalie Arseneau

Nathalie Arseneau en compagnie de la ministre Guilbeault.

Nathalie Arseneau en compagnie de la ministre Guilbeault

Photo : Stephane Audet

Joël Sauvé estime que l’honneur décerné à Nathalie Arseneau est tout à fait mérité. Elle a commencé bénévolement il y a 20 ans. Elle a eu le goût de s’impliquer à la suite d’un incendie où elle a perdu une de ses amies. Elle avait la volonté d’aider des gens, mentionne le directeur.

En 2015, elle a obtenu son diplôme de technicienne en prévention incendie et a décroché le poste à temps plein en 2018.

Tout le monde la connaît, dit M. Sauvé. M. Déraspe lui a dit à la blague lors de la cérémonie : "C’est de ta faute si j’ai fermé la porte! Tu nous le dis tout le temps! J’ai pensé à toi pendant l’incendie".

C’est la preuve que son travail est important, conclut Joël Sauvé.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Incendie