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L'industrie automobile de l'Ontario frappée durement par la grève à GM aux États-Unis

Un véhicule Chevrolet Bolt EV 2018 chez General Motors Orion Assembly à Lake Orion, au Michigan.

L'administration Trump a lancé en mai une enquête pour déterminer si les véhicules et les pièces détachées importés constituaient une menace pour la sécurité nationale.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Colin Côté-Paulette

Plusieurs milliers de travailleurs de General Motors et de fabricants de pièces d'auto en Ontario sont en arrêt de travail forcé à cause de la grève de près de 49 000 employés de GM aux États-Unis.

Le débrayage des membres du syndicat United Auto Workers (UAW) en est à sa quatrième semaine.

À l’usine de moteurs de GM à St. Catharines, en Ontario, près de 800 employés sont en arrêt de travail forcé depuis 2 semaines.

Normalement, on y produit des pièces qui sont assemblées dans des usines américaines de la compagnie, mais ces usines sont touchées actuellement par le conflit de travail.

Si la grève dure plus longtemps, l’usine [de St. Catharines] pourrait fermer complètement, parce ce qu’on n’aura pas d’endroit pour envoyer nos produits, croit Tim McKinnon, le président de l’unité GM de la section locale 199 du syndicat Unifor. 

Actuellement, seulement le tiers des employés sont au travail.

Selon M. MicKinnon, les travailleurs de l’usine qui produisent des transmissions peuvent seulement les envoyer actuellement à celle de GM à Ingersoll, en Ontario. 

Quant à l’usine d’assemblage de GM à Oshawa, elle a également dû réduire sa production et effectuer pas moins de 2000 mises à pied à cause de la grève aux États-Unis.

Les sous-traitants écopent aussi

L’entreprise Lakeside Plastics, à Tecumseh, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, s’est vue contrainte de mettre à pied 120 employés à la fin du mois de septembre.

Seule une dizaine d’employés s’affairent maintenant à concevoir des garnitures intérieures et extérieures des voitures de GM.

Aussi longtemps qu’ils [les grévistes] n’obtiennent pas d’entente, la compagnie [Lakeside Plastics], ne veut pas ramener les employés au travail, souligne Emile Nabbout, le président la section locale 195 du syndicat Unifor.

Malgré les effets négatifs de la grève des membres du syndicat UAW, les syndicalistes ontariens affirment soutenir les travailleurs américains.

GM n’a pas de loyauté envers les États-Unis ou le Canada, alors c’est important qu’ils prennent part à cette bataille, estime M. Nabbout. 

Plus la grève dure, plus l'Ontario souffre

Par courriel, un porte-parole des UAW indique que les deux parties ont repris les négociations après le rejet dimanche de la dernière offre syndicale par la partie patronale.

Pour le professeur de stratégie en sciences de l’administration à l’Université Laval Yan Cimon, ce sont les changements que GM effectue dans ses activités qui entrent en conflit avec les demandes syndicales.

Il n’y a pas de stabilité dans l’allocation des véhicules et donc pas de stabilité dans l’allocation des emplois, explique ce dernier. 

L’expert décrit aussi une grève qui perdurerait comme « un scénario peu enviable ».

Ce conflit-là est très préoccupant pour l’industrie automobile canadienne, parce qu’elle risque de voir son empreinte diminuer et aussi parce qu’on risque de voir des petits fournisseurs tomber, commente M. Cimon. 

Toronto

Industrie automobile