•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fermeture temporaire de l’usine Fortress de Thurso dès mardi

Un panneau annonce l'usine Fortress.

La chute du prix de la cellulose force la fermeture temporaire de l'usine Fortress de Thurso (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC - Radio-Canada © 2018 / Michel Aspirot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’usine Fortress de Thurso arrête dès mardi ses activités pour trois ou quatre mois. L’entreprise explique sa décision dans un communiqué par « le différend commercial en cours entre les États-Unis et la Chine, ainsi que l’affaiblissement de la demande intérieure chinoise de textiles et de vêtements ».

Cette situation a déstabilisé la demande de pâte dissolvante et entraîné une baisse importante des prix, précise-t-on. Le prix de la cellulose spécialisée que l’usine de Thurso produit et vend notamment à la Chine a diminué de 25 % dans les 6 derniers mois.

Aujourd’hui, presque 80 % des textiles et vêtements d’origine chinoise sont touchés par les tarifs douaniers aux États-Unis. Le prix de notre pâte a chuté de 300-400 $ la tonne, ce qui représente un manque à gagner chez nous de 45 à 60 millions de dollars annuellement, a précisé le président-directeur général de l'entreprise, Giovanni Iadeluca, en entrevue à l'émission Sur le vif.

Fortress a donc décidé de réduire temporairement sa production à son usine de cellulose en Outaouais. La compagnie préservera l’option de redémarrer l’usine une fois les prix du marché revenus à un niveau normal, ajoute-t-on.

Cette décision touche une grande partie des 323 employés travaillant à l’usine de Thurso.

« Ça va nous prendre une semaine, peut-être un peu plus, pour faire un arrêt ordonné de notre usine de façon sécuritaire. À ce moment-là, il y aurait une mise à pied d’à peu près 250 employés. »

— Une citation de  Giovanni Iadeluca, président-directeur général de Fortress

Il resterait de 40 à 50 employés qui continuent à garder l’usine en état de démarrage, ainsi que les opérations qu’on va continuer, a-t-il précisé en notant que l'usine restera en état de redémarrage rapide.

L’arrêt de la production permettra à Fortress d’écouler son surplus d’inventaire de pâte dissolvante.

M. Iadeluca a bon espoir que les prix puissent rebondir, car les principes fondamentaux de l'offre et de la demande sous-jacents restent stables.

Le syndicat Unifor, qui représente 200 employés de l'usine, a dit comprendre la décision de l'entreprise, malgré le « choc » que cela représente.

Pour l'heure, notre priorité est d'accompagner nos membres dans leurs démarches auprès de l'assurance-emploi. Mais nous avons aussi espoir qu'à moyen et long terme, l'employeur réussira à développer des marchés plus prometteurs, a fait savoir le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, par voie de communiqué.

Le maire de Thurso, Benoit Lauzon, n'est cependant pas aussi optimiste. Tout le monde s’attendait à ce que le marché reprenne. Le marché n’est jamais descendu aussi bas au niveau de la pâte cellulosique, a-t-il souligné. L’entreprise ne peut pas continuer à perdre des millions de dollars comme ça pour maintenir ses opérations.

Au début du mois de septembre, le gouvernement du Québec avait accordé un prêt de 5 millions de dollars à Fortress pour assurer à court terme le maintien de ses activités à l’usine de Thurso.

Le ministre de l'Économie et le ministre responsable de la région de l'Outaouais seront par ailleurs à l'usine Fortress mardi matin pour une conférence de presse à ce sujet. Une source gouvernementale indique que Québec offrira une aide financière à l'usine.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !