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Le gouvernement de Hong Kong envisage de limiter l'accès à Internet

Des centaines de personnes sont masquées, plusieurs tenant la pancarte.

« Ne tirez pas sur nos enfants », indiquaient des pancartes portées par de nombreux manifestants, mercredi, à Hong Kong.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

AFP

Le gouvernement hongkongais envisage de limiter l'accès à Internet, a déclaré lundi à l'AFP un membre du conseil exécutif, trois jours après l'interdiction du port du masque dans les rassemblements, qui, contrairement à son objectif, a attisé la contestation.

Le gouvernement n'exclura pas la possibilité d'interdire Internet, a dit à l'AFP Ip Kwok-him, un membre du conseil exécutif et député fidèle à Pékin.

Internet est un outil indispensable pour le mouvement prodémocratie, qui utilise les forums en ligne et les messageries cryptées afin d'organiser les actions de la contestation.

M. Ip a cependant souligné que restreindre l'accès à Internet pourrait avoir des conséquences néfastes pour Hong Kong.

Je pense que l'une des conditions de mise en œuvre de l'interdiction d'Internet serait de ne pas nuire aux entreprises de Hong Kong, a ajouté ce membre du conseil exécutif, qui est l'organe consultatif de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

Cette nouvelle menace survient après trois jours consécutifs de rassemblements éclair et d'actions non autorisés, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, dans tout ce territoire semi-autonome.

De nombreuses stations de métro ont été vandalisées par des groupuscules radicaux et une bonne partie du réseau est restée à l'arrêt pendant le week-end. Certaines stations et boutiques n'ont pas rouvert lundi, jour férié à Hong Kong.

Des entreprises ayant des liens avec la Chine, notamment des banques, ont également été la cible de saccages.

Lundi soir, ce sont ainsi les murs de bureaux, situés près de Kowloon, de la Bank of China, un des plus grands établissements bancaires publics chinois, qui ont été maculés de slogans tracés à la bombe de peinture, tandis que du mobilier a été détruit.

Toujours dans la soirée, des groupuscules radicaux ont vandalisé des devantures de magasins, bloqué des artères dans de nombreux quartiers et causé des déprédations dans deux stations de métro.

Des manifestants regardent les flammes.

Un feu allumé devant une station de métro

Photo : Reuters / Susana Vera

La police a fait usage de gaz lacrymogène à au moins trois endroits.

Lundi après-midi, des rassemblements de manifestants masqués avaient eu lieu dans plusieurs centres commerciaux.

Une décision qui avive la contestation

C'est la décision, vendredi après-midi, d'interdire aux manifestants de dissimuler leur visage qui a mis le feu aux poudres.

Carrie Lam a pris cette mesure après avoir rencontré le conseil exécutif. Elle l'estime nécessaire pour mettre fin à quatre mois d'un mouvement de contestation sans précédent.

Lundi matin, deux premières personnes ont comparu pour avoir enfreint cette interdiction. Il s'agit d'un étudiant et d'une femme de 38 ans.

Les deux prévenus ont été accusés de rassemblement illégal, ce qui les rend passibles de trois ans d'emprisonnement, et d'avoir enfreint l'interdiction de porter un masque dans les réunions publiques, avec à la clé une peine maximale d'un an de prison.

Tous deux ont été libérés sous caution.

À l'extérieur du tribunal, des manifestants scandaient des slogans comme la loi est injuste!

Beaucoup d'opposants à cette interdiction redoutent qu'elle ne soit que le prélude à l'adoption de nouvelles mesures d'urgence par les autorités.

C'est une excuse pour introduire d'autres lois totalitaires, la prochaine ce sera la loi martiale, a affirmé à l'AFP un manifestant devant le tribunal.

Hong Kong est secouée depuis quatre mois par des manifestations prodémocratie de plus en plus violentes. Les contestataires dénoncent la mainmise grandissante de Pékin sur les affaires de cette région semi-autonome et les agissements de la police.

Le mouvement de protestation a débuté en juin contre un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Le texte a été abandonné début septembre, trop tard aux yeux de manifestants.

Depuis le 1er octobre, la colère s'est accrue.

Les pires échauffourées jusqu'ici ont eu lieu le 1er octobre, au moment même où la Chine populaire fêtait son 70e anniversaire. Pour la première fois, un policier a tiré à balle réelle sur un étudiant de 18 ans, le blessant grièvement.

Tout au long du week-end, des dizaines de milliers de Hongkongais ont participé à des rassemblements spontanés ou des marches pacifiques, portant un masque facial.

De jeunes manifestants masqués occupent une rue de Hong Kong.

Des centaines de personnes manifestent contre l'interdiction de porter le masque décrétée par l'exécutif de Hong Kong.

Photo : Getty Images / Laurel Chor

Dimanche, la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants sur l'île de Hong Kong. Des échauffourées ont également éclaté dans de nombreux quartiers.

Un chauffeur de taxi a été frappé jusqu'au sang dans le quartier de Sham Shui Po après avoir heurté deux manifestantes avec son véhicule. Un adolescent de 14 ans a été blessé par un policier en civil au cours des manifestations.

À Pékin, lundi, l'indignation ne retombait pas après un tweet de soutien au mouvement de protestation hongkongais posté par le directeur général des Rockets de Houston dans la NBA, Daryl Morey. Lutter pour la liberté. Soutien à Hong Kong, avait-il écrit vendredi dernier.

Le joueur de basketball vedette James Harden a présenté des excuses lundi, mais la chaîne nationale de télévision chinoise CCTV a annoncé qu'elle suspendait la diffusion des matchs des Rockets.

Trump s'en mêle

Nous souhaitons simplement une solution humaine, a dit le président américain Donald Trump. Je pense qu'ils doivent réaliser cela de façon pacifique, a-t-il ajouté, en relevant que le nombre de manifestants hongkongais était nettement moindre qu'auparavant.

M. Trump a ces dernières semaines plusieurs fois appelé Pékin à agir avec humanité, après avoir été dans un premier temps critiqué pour son apparente bienveillance à l'égard des autorités communistes.

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