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Denise Bombardier n’incite pas les jeunes à parler français, selon un linguiste

Les jeunes filles chantent debout l'une à côté de l'autre, vêtues d'un chandail blanc ainsi que d'un foulard vert et blanc aux couleurs du drapeau.

Critiquer le français parlé par les jeunes francophones risque de les amener à choisir l'anglais.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

« La plupart des francophones hors Québec sont bilingues, constate le linguiste Pierre Calvé, retraité de l’Université d’Ottawa. Si on leur tape dessus en leur disant que leur langue est mal parlée, si on les humilie, ils vont choisir l’autre langue. » Cette approche peut favoriser l’insécurité linguistique, selon lui.

M. Calvé reconnaît que l’essayiste québécoise Denise Bombardier est une passionnée. Il considère toutefois que dans les discussions qui entourent la sortie du documentaire Denise au pays des francos, elle y va à grands coups de hache, alors que c'est un sujet qui demande un bistouri, tant il y a de nuances.

Denise Bombardier écoute une personne qui répond à une de ses questions.

Dans « Denise au pays des francos », l’essayiste rencontre des francophones qui vivent dans des provinces majoritairement anglophones.

Photo : Manitomedia

Les propos de Mme Bombardier à Tout le monde en parle ont notamment soulevé un tollé chez les francophones du Canada.

Le linguiste estime qu'un anglicisme ou deux ne met pas le français en danger.

Tatiana Vassiouchkina, qui est en 12e année à l'École secondaire Toronto Ouest, fait valoir que la langue est en évolution constante. On ne peut pas juste dire que les jeunes sont incompréhensibles et les blâmer de parler la langue comme ça, dit-elle.

Une adolescente écoute une question

Tatiana Vassiouchkina

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

De l'insécurité linguistique chez les jeunes

Tatiana raconte toutefois que les élèves francophones de Toronto, où l'anglais est omniprésent, sont parfois mal à l'aise lors de rassemblements avec d'autres jeunes francophones qui viennent de milieux plus homogènes et qui ont davantage d'occasions de parler français.

Madeleine Penman-Derstine, en 11e année elle aussi à Toronto Ouest, raconte qu'elle est très fière d'être francophone, même si c'est parfois difficile.

Il lui arrive de douter de la qualité de son français, ce qui arrive aussi à d'autres jeunes. J'ai un ami qui sait très bien écrire et s'exprimer, raconte-t-elle, mais parfois, s'il doit parler devant la classe, c'est difficile.

Des statistiques inquiétantes

Pierre Calvé donne raison à Denise Bombardier sur une question : statistiquement, dit-il, il y a un déclin du français à l'extérieur du Québec. Les mariages mixtes, la langue parlée à la maison, celle des amis sont tous des facteurs qui contribuent à l'assimilation.

Pour que la langue survive, il faut, selon M. Calvé, un certain nombre d'individus qui la parlent, concentrés sur un territoire, et soutenus par des institutions.

Il cite l'exemple de l'Acadie. Moi je suis absolument épaté de voir les gens parler français et d'être aussi fiers de le faire, raconte-t-il. C'est là-dessus qu'il faut miser si on veut encourager les gens à continuer à parler français.

D'après les informations de Camille Gris Roy

Francophonie

Société