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Doug Ford pourra-t-il aussi éviter une grève des enseignants?

Une salle de classe vide.

Une salle de classe vide

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Julie-Anne Lamoureux

ANALYSE – Victoire pour le syndicat des employés de soutien qui a bien joué ses cartes et qui, selon les détails connus, a réussi à faire des gains durant cette négociation. Victoire du même coup pour Doug Ford et son gouvernement qui évitent la grogne, le chaos social.

Mais pour combien de temps?

Les négociations dans le milieu de l’éducation sont loin d’être terminées.

La convention collective des enseignants est aussi échue.

Tous les syndicats d'enseignants, l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario et l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens ont maintenant de nouvelles munitions au terme de l'exercice du week-end : le précédent créé par cette première ronde de négociations du secteur de l’éducation avec le nouveau gouvernement Ford.

La présidente du syndicat, Laura Walton, en point de presse.

La présidente du syndicat des employés de soutien des écoles, Laura Walton

Photo : CBC

Les employés de soutien ont fait des gains.

Même si les détails de l’accord conclu avec la province n’ont pas encore été rendus publics, la présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario dit n’avoir fait aucune concession.

La province nous a rejoints là où il le fallait pour obtenir une entente, a dit Laura Walton avec beaucoup d'aplomb et de satisfaction. Les enseignants en voudront tout autant.

La menace de déclencher la grève générale une semaine seulement après le début d'une grève du zèle a donné des résultats.

Habituellement, il peut s’écouler plusieurs semaines de moyens de pression avant de passer à l’étape suivante. Les enseignants ont maintenant un nouvel atout dans leur jeu.

Doug Ford parle lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Il est clair que le gouvernement est prêt à beaucoup pour éviter les remous.

La réalité du pouvoir a déjà fait son oeuvre.

Les conservateurs sont entrés au gouvernement avec un mandat majoritaire sans équivoque. Ils croyaient avoir les coudées franches pour faire ce qu’ils croyaient être le mieux.

Comme l’ancien premier ministre Mike Harris dans les années 1990.

Comme tout nouveau premier ministre, Doug Ford a annoncé les mauvaises nouvelles en début de mandat, au cours de sa première année.

Mais il ne s'attendait visiblement pas aux contrecoups, à des répercussions si grandes. Et contrairement à Mike Harris, il semble craindre l’incidence de mesures impopulaires sur la suite de son mandat.

La grogne a été telle que le premier ministre a atteint des records d'impopularité. Même pire que ceux de l'ancienne première ministre Kathleen Wynne à la fin de 15 années de règne libéral.

Doug Ford a beaucoup à faire pour remonter la pente dans l’opinion publique. Même les conservateurs fédéraux font tout pour ne pas être associés à lui.

Mêmes échéances, même combat?

Mais attention. La situation des employés de soutien n’est pas la même que celle des enseignants.

On se rappelle que Doug Ford a promis sur toutes les tribunes d'assainir les finances publiques. Tout juste avant d'ajourner la session parlementaire en juin, le gouvernement a déposé un projet de loi pour imposer un plafond de 1 % pendant trois ans sur les augmentations de salaire dans le secteur public.

Les syndicats d'enseignants n'auront pas le luxe d'un contexte électoral fédéral, puisque les élections auront lieu dans deux semaines.

Seule la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario a commencé à tenir des votes de grève. Les syndicats ne pourront donc pas compter sur le fait que Doug Ford ne veut pas faire de vagues pour ne pas nuire aux conservateurs fédéraux.

Comme le dit Louis Durand, professeur en relations industrielles à la Faculté de gestion de l’Université Laurentienne, c'était dans l'intérêt [du gouvernement] d'essayer d'en arriver à un accord en commençant.

Mais cela ne veut pas dire que le gouvernement dira oui à toutes les demandes par la suite.

Rapport de force

Chose certaine, la première négociation dans le milieu de l'éducation a donné le ton. Les enseignants partent avec un avantage sur la ligne de départ.

Mais tout peut arriver et tout peut dérailler.

Un gouvernement a toujours l'option d'adopter une loi spéciale pour imposer un contrat de travail et forcer le retour au travail. Cela s'est vu dans un passé pas si lointain en Ontario.

Les élus ontariens doivent revenir à l'Assemblée législative le 28 octobre. Doug Ford devra sortir de l'ombre, revenir à l'avant-plan et montrer de quelle façon il veut gérer la suite des choses.

Le gouvernement a tout fait cette fois pour éviter la grève et ses conséquences, mais est-ce seulement partie remise? Attend-il la fin de la campagne électorale pour reprendre le contrôle du gouvernail?

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