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Un propriétaire et un gérant de bar accusés d'agression sexuelle plaident non coupables

Photo des accusés : Gavin MacMillan et Enzo De Jesus Carrasco.

Les accusés : le propriétaire de bar Gavin MacMillan et le gérant Enzo De Jesus Carrasco

Photo : Police de Toronto

Jean-Philippe Nadeau

À Toronto, les deux hommes accusés d'avoir séquestré et agressé une femme en 2016 dans un bar de la ville ont plaidé l'innocence à l'ouverture de leur procès. Gavin MacMillan et Enzo De Jesus Carrasco font face à plusieurs accusations de nature sexuelle. Les deux individus de 43 et 33 ans étaient le propriétaire et le gérant de l'établissement.

Gavin MacMillan et Enzo De Jesus Carrasco sont notamment accusés d'avoir drogué une femme âgée d'une vingtaine d'années qu'ils ne connaissaient pas et de l'avoir confinée dans le sous-sol du bar College Street durant toute la nuit du 15 au 16 décembre 2016.

Attention : des passages de cet article pourraient choquer certains lecteurs.

Dans son réquisitoire, la Couronne a expliqué que la jeune femme était venue à Toronto pour un travail d'assistante en photographie et qu'elle logeait chez son ami Ian Compton, parce que l'appartement du photographe représentait la meilleure solution aux problèmes d'hébergement qu'elle connaissait lorsqu'elle venait dans la métropole.

La femme avait donné rendez-vous à une amie vers 19 h, le 15 décembre, au bar des deux accusés. Son amie y suivait une formation pour être barmaid. L'établissement était d'ailleurs fermé au public ce soir-là pour le cours.

La Couronne a affirmé que la présumée victime y avait consommé plusieurs verres d'alcool en compagnie d'Enzo De Jesus Carrasco pendant que Gavin MacMillan donnait le cours.

Son amie avait fini par quitter les lieux, en la laissant seule avec le gérant de l'établissement. Ils étaient restés seuls tous les deux après le départ de tous les étudiants.

Intoxication et résistance

La Couronne a précisé que la femme, malgré son état d'ébriété, se débattait lorsque Jesus Carrasco a commencé à mettre sa main dans son pantalon et qu'elle repoussait ses avances. Selon elle, le gérant avait alors envoyé au propriétaire un message texte pour l'inviter à les rejoindre.

S'en était suivie une escalade d'événements au cours desquels la femme sera plusieurs fois agressée en groupe ou individuellement dans différents endroits de l'établissement. Les procureurs ont soutenu que la femme était tellement intoxiquée qu'elle s'est évanouie à au moins deux reprises.

La façade d'un bar avec une enseigne sur laquelle est écrit : College Street Bar. La photo a été prise de nuit.

Le bar College Street où la séquestration et l'agression présumées seraient survenues.

Photo : Radio-Canada / Lauren Pelley

Les détails que la Couronne a donnés à propos des présumées agressions sont particulièrement perturbants. Elle a d'ailleurs averti le jury à qui elle devra montrer, à compter de mardi, les scènes qui ont été captées par les caméras de surveillance derrière le bar à l'étage ou dans le bureau et l'entrepôt au sous-sol.

Seules les scènes qui se sont passées dans les toilettes n'ont pas été filmées par les caméras de surveillance, mais on voit les deux accusés en sortir tour à tour à plusieurs reprises durant la nuit, a expliqué le procureur Rick Nathanson.

Me Nathanson a ajouté que la femme sera forcée durant la nuit de consommer au moins deux lignes de cocaïne avec les deux individus et qu'elle sera violemment frappée durant les multiples agressions.

Il a précisé que la femme s'était rhabillée vers 6 h du matin le lendemain et qu'une vidéo la montre en train de monter dans un taxi avec le gérant, qui lui aurait fait croire qu'il la ramenait chez elle.

Le procureur a néanmoins souligné qu'Enzo De Jesus Carrasco l'avait conduite chez lui, où elle avait de nouveau été agressée sexuellement.

Premier témoin à charge

La Couronne a appelé le photographe qui hébergeait la présumée victime à Toronto. Ian Compton a affirmé que son amie était rentrée à l'appartement vers 11 h ce matin-là. Elle avait l'air désorientée, ses cheveux étaient ébouriffés, elle pleurait et elle m'a demandé d'appeler la police, s'est-il souvenu.

M. Compton a ajouté que la femme lui avait dit qu'elle n'aurait pas dû sortir ce soir-là et que quelque chose de grave lui était arrivé. J'ai appelé le 911... elle me disait que sa mère allait être très inquiète, a-t-il poursuivi.

Une femme colle un message en forme de coeur sur la vitrine d'un bar.

Des personnes avaient affiché des messages de soutien aux personnes survivantes d'agression sexuelle sur la vitrine du bar College Street en décembre 2016.

Photo : Radio-Canada / CBC

Il a souligné qu'il lui avait dit qu'elle ne devait pas avoir honte de ce qui s'était passé, parce qu'elle n'avait rien fait de mal. Le photographe a ajouté que des ambulanciers l'avaient conduite à l'hôpital, où une infirmière notera, selon la Couronne, de sévères ecchymoses sur les cuisses.

La Couronne a par ailleurs soutenu que les deux accusés ont aussi filmé leurs activités sexuelles avec leurs cellulaires, qui n'ont toutefois été confisqués qu'un mois plus tard, si bien que les vidéos de l'agression n'ont jamais été retrouvées.

Arrestation et saisie

Les deux individus seront arrêtés dans la soirée du 16 décembre 2016 ; le bar et l'appartement de l'un d'eux seront fouillés en vertu d'un mandat de perquisition. Huit vidéos des caméras de surveillance du bar y seront saisies.

La femme qui ne peut être nommée doit témoigner contre les deux hommes plus tard au cours du procès. La Couronne a expliqué qu'elle est épileptique et qu'elle prend des médicaments. Elle a précisé que des traces de cocaïne, de médicament et d'alcool avaient été retrouvées dans son organisme à l'hôpital.

Dans son allocution au jury, le juge a expliqué que le consentement ou non de la présumée victime serait au cœur des plaidoiries, puisque certains faits ne sont pas contestés dans cette affaire.

Modification à cet article :

Lors d'une audience le 18 octobre 2019, le juge a ordonné un interdit de publication sur le nom de l'amie de la présumée victime. Nous avons donc supprimé cette information de l'article afin de respecter l'ordonnance de la cour.

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Toronto

Crimes et délits