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Batwoman, l’héroïne lesbienne qui a l'an 2019 gravé dans la peau

La femme aux cheveux courts porte un manteau de cuir et est assise sur une moto.

Ruby Rose, dans le rôle de Batwoman

Photo : Facebook / Batwoman

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

CRITIQUE - Loin de son passé de faire-valoir aussi hétéronormatif que cliché, Batwoman revient en personnage féminin fort dans la nouvelle série présentée par la chaîne CW. Une série qui a tout pour plaire aux fanatiques de superhéros et superhéroïnes, en plus d'être tout à fait moderne, d’après la chroniqueuse culturelle Eugénie Lépine-Blondeau, qui a donné ses premières impressions en ondes à l'émission Tout un matin.

Alors que tout le monde semble avoir les yeux rivés sur le film Joker, qui s’intéresse à l’histoire d’origine de l’ennemi juré de Batman, une série vient tout juste d’émerger de l’univers de Gotham : Batwoman, dont l'épisode pilote a été présenté dimanche soir.

On retrouve une ville de Gotham abandonnée par Batman, qui n’a pas donné signe de vie en trois ans. La population l’attend, laissant briller le faisceau lumineux en forme de chauve-souris, symbole de leur espoir infatigable. Mais l’attente est trop longue : pour assurer la protection des citoyens et citoyennes, la Ville choisit de faire appel aux Crows, une agence de sécurité privée.

Kate Kane, la cousine de Batman, rentre au bercail après plusieurs années d’exil. Elle avait quitté la ville après s’être fait renvoyer de l’Académie de police en raison de son homosexualité. Par un concours de circonstances, elle se retrouve à revêtir le costume de son cousin. Elle devient Batwoman, la seule qui pourrait effrayer le nouveau groupe criminel de Gotham, composé d'Alice et de son troupeau d'effrayants lapins masqués.

D’après Eugénie Lépine-Blondeau, le pilote a tout pour rendre accros les gens qui aiment ce genre de série. Il y a une histoire d’amour non résolue, une relation père-fille conflictuelle, des scènes de combat, des gadgets, des superhéros, des personnages comiques et complices, et aussi une enquête – une longue enquête – non résolue.

Une série très « 2019 »

Pourquoi faut-il s’intéresser à Batwoman? Parce que c’est une série qui est vraiment dans l’air du temps, poursuit la chroniqueuse.

C’est une émission résolument féministe, avec beaucoup de personnages féminins forts, beaucoup de personnages issus de la diversité aussi, et des personnages féminins qui sont en situation de pouvoir.

Une citation de :Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle

Elle souligne que la série est d’autant plus représentative que Batwoman, un personnage homosexuel, est jouée par une actrice ouvertement lesbienne, Ruby Rose, qu’on a aussi vue dans L’orange lui va si bien (Orange Is the New Black).

La jeune femme vêtue d'une robe jaune pose pour les photographes.

La comédienne Ruby Rose lors du tapis rouge du film The Meg, l'an dernier

Photo : AFP / LISA O'CONNOR

Ça fait partie des revendications de certains groupes LGBTQ, que les personnages qui les représentent soient joués par des comédiens qui font partie de cette communauté, explique Eugénie Lépine-Blondeau.

Un passé moins féministe

La chroniqueuse de Tout un matin rappelle que l’histoire du personnage est également intéressante. Elle s’appuie sur un article du journal français Le Point (Nouvelle fenêtre), dans lequel on explique que le personnage a vu le jour dans les années 1950, en plein maccarthysme – cette chasse aux communistes dans la société américaine.

On pense alors que la communauté gaie est un bassin pour d’éventuels agents soviétiques. Dans cette même période, le psychologue Frederic Wertham publie Seduction of the Innocents, un ouvrage dans lequel il accuse les superhéros et superhéroïnes comme Wonder Woman, Batman et Robin de pervertir la jeunesse.

C’est que ces deux derniers entretiennent une relation ambiguë; Batman et Robin partageraient-ils un amour homosexuel? C'est donc en 1956 qu’apparaît Batwoman, qui dissipe ces soupçons en devenant l’amoureuse du Chevalier noir.

Mais son rôle est alors très stéréotypé. L’héroïne ultra-féminine se bat non pas avec ses poings, mais avec des armes dérivées de produits de maquillage; elle emploie par exemple sa houppette pour faire suffoquer l’ennemi avec de la poudre.

Dans la série Batwoman, qui a commencé hier, on est loin de ça, [...] on offre un personnage quand même fort, et fort probablement inspirant également, s'enthousiasme Eugénie Lépine-Blondeau.

L’héroïne de la série est beaucoup plus moderne, en phase avec la version revue par DC Comic en 2006, où Batwoman n’était plus l’amoureuse de Batman, mais plutôt une lesbienne spécialisée en arts martiaux.

La série Batwoman est présentée sur la chaîne de télévision canadienne Showcase tous les dimanches soir à 20 h, de même que sur iTunes. Une version traduite en français sera présentée sur Club illico plus tard cette année.

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