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La Police de Toronto lance une stratégie en santé mentale et en toxicomanie

Un policier en uniforme soulève un ruban qui sert à fermer un secteur lorsque les policiers érigent un périmètre de sécurité. La photographie a été prise le soir, car il fait sombre et seuls les néons et lampadaires illuminent la scène.

La Police de Toronto se dote d'une nouvelle stratégie en matière de santé mentale et de toxicomanie pour mieux soutenir les policiers et les membres de la communauté.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Myriam Eddahia

La Police de Toronto se dote d'une « stratégie en matière de santé mentale et de toxicomanie » pour mieux interagir avec les membres de la communauté présentant des problèmes de cette nature et pour offrir un meilleur appui aux agents dans le besoin.

Cette stratégie se concentre sur huit volets qui ont pour objectif de mieux outiller les policiers à intervenir auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Parmi elles, l'antiracisme ou encore la résolution d'une situation sans recourir à la force ou, si la force est nécessaire, de réduire le recours à la force.

Ce volet intitulé « Préserver la vie » se penche sur les stratégies verbales et non verbales visant à réduire l'intensité d'un conflit ou d'une crise.

Cette nouvelle stratégie veut que les techniques de désescalade soient une priorité lors de la formation des policiers.

Les agents continueront de recevoir une formation régulière sur l'amélioration des interactions avec les personnes pouvant être aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de dépendance, peut-on lire dans la stratégie publiée lundi (Nouvelle fenêtre).

Cette approche s'inscrit dans un plan de modernisation du corps policier torontois qui souhaite miser davantage sur les liens avec la communauté.

Le 5 juillet 2015, Andrew Loku a été tué par la police au moment où il brandissait un marteau dans le corridor d'un immeuble d'appartements situé dans l'ouest de la métropole.

M. Loku avait reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique, à cause de ses symptômes de dépression, d'isolement et de perte d'identité. Il était en outre hanté par ses souvenirs de torture et de la guerre civile sud-soudanaise.

À la suite d'une enquête du coroner, un jury avait remis 39 recommandations à la province dont celle de créer un registre de données sur les interventions de la police, en particulier lorsqu'il y a mort d'homme, auprès des personnes de couleur et/ou souffrant de problème de santé mentale.

Aide aux policiers

La nouvelle stratégie de la Police de Toronto se veut aussi un plan d'action pour mieux accompagner les policiers susceptibles de souffrir de problèmes de santé mentale ou de dépendance.

En 2018, neuf policiers en Ontario se sont enlevé la vie.

Un rapport publié la semaine dernière par un groupe d'experts mis sur pied par le coroner en chef de l'Ontario concluait que les policiers de la province avaient besoin de ressources en santé mentale et en prévention du suicide.

Il soulignait la nécessité de mettre fin à la stigmatisation entourant les troubles de santé mentale chez les membres de la police et les membres du public, comme le veut la stratégie dévoilée par le service policier de Toronto.

Dans le cadre de cette stratégie, nous nous engageons également auprès des membres de notre service, qu'ils soient assermentés ou civils, afin d'améliorer et de promouvoir la santé mentale et le bien-être au travail, note la présidente par intérim de la Commission des services policiers de Toronto, Uppala Chandrasekera.

Afin de faire preuve de plus de transparence, la Police de Toronto s'engage aussi à étudier et à mettre en œuvre toutes les méthodes de collecte de données [...] en relation avec les interactions de la police avec des personnes qui semblent avoir des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, peut-on lire dans la stratégie.

Les progrès accomplis seront consignés dans un rapport annuel qui sera rendu public.

En incluant la collecte de données, l'analyse et un rapport public annuel, cette stratégie permettra une plus grande responsabilisation et une plus grande transparence, affirme l'ancien coprésident du comité consultatif externe de la police sur la santé mentale, Hamlin Grange.

Semaine de sensibilisation aux maladies mentales

La stratégie présentée lundi par la Police de Toronto est le résultat de plusieurs années de travail de la Commission de services policiers de Toronto, de son ancien sous-comité sur la santé mentale et de l'actuel comité consultatif externe sur la santé mentale.

Cette stratégie voit le jour dans le cadre de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales, qui a lieu du 6 au 12 octobre 2019.

En 2017, 4157 personnes ont mis fin à leurs jours au pays, selon Statistique Canada.

Toronto

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