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Des virées à Las Vegas pour corrompre l’ex-maire de Terrebonne

L'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille au palais de justice de Saint-Jérome, le lundi 7 octobre 2019.

L'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille au palais de justice de Saint-Jérome, le lundi 7 octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Geneviève Garon

Voyages à Las Vegas, rénovations à son chalet, argent comptant... L'ancien maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, aurait reçu des cadeaux valant des milliers de dollars de la part d'entrepreneurs et ingénieurs en échange de contrats. C'est ce que la poursuite entend démontrer à son procès pour corruption dans les affaires municipales et abus de confiance au palais de justice de Saint-Jérôme.

Les administrateurs de la ville auraient établi et maintenu un système de corruption notamment basé sur le partage de contrats, ayant pour effet de favoriser des firmes d’ingénierie et des entrepreneurs au détriment des autres, a expliqué le procureur aux poursuites criminelles et pénales Martin Duquette, dans sa déclaration d’ouverture à la juge Nancy McKenna, lundi.

L’ancien chef de cabinet du maire, Daniel Bélec, l’ex-directeur général adjoint de la Ville, Luc Papillon, et l’entrepreneur Normand Trudel figurent aussi au banc des accusés, après avoir été arrêtés en 2018 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) pour des crimes commis entre 2000 et 2012.

Luc Papillon, l’ex-directeur général de la Ville de Terrebonne.

L’ex-directeur général de la Ville de Terrebonne Luc Papillon, au palais de justice de Saint-Jérome, le lundi 7 octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’ex-maire au cœur du stratagème

Après la fusion municipale de 2001, le maire Robitaille aurait émis une « directive verbale » qui constitue la « pierre d’assise » du stratagème : séparer la ville au profit de deux firmes d’ingénierie, celle du défunt Jean Leroux et l’entreprise BPR Triax d’André Maisonneuve.

Les promoteurs qui faisaient affaire sur le territoire de Terrebonne subissaient donc de la pression des administrateurs de la ville pour les inciter à recourir aux services de ces firmes pour le développement de leur projet, selon Me Duquette.

De nombreux entrepreneurs, promoteurs, fournisseurs et ingénieurs auraient pris part à ce système.

Jean-Marc Robitaille marche en compagnie de Normand Trudel.

L'ex-maire de Terrebonne en compagnie de l'entrepreneur Normand Trudel à leur arrivée au palais de justice de Saint-Jérôme.

Photo : Ivanoh Demers

Voyages, chasse et pêche, rénovations...

Le maire et sa garde rapprochée auraient « exigé » des avantages de plusieurs dizaines de milliers de dollars répartis sur des années de la part d’hommes d’affaires dont fait partie Normand Trudel qui désiraient préserver leur privilège de faire affaire sur le territoire de la ville de Terrebonne.

Jean-Marc Robitaille et Luc Papillon auraient bénéficié de voyages à Las Vegas, gracieuseté de l’ingénieur Jean Leroux. Normand Trudel y aurait aussi pris part à l’occasion. Ce dernier aurait aussi payé comptant une partie des travaux d’agrandissement du chalet de M. Robitaille.

Les fonctionnaires de la ville se seraient prévalus de voyages de chasse et pêche dans des pourvoiries du Québec en présence des dirigeants d’entreprises qui ont des relations d’affaires avec la ville.

Daniel Bélec et Jean-Marc Robitaille se seraient aussi partagé plus de 200 000 $ remis par des entrepreneurs en échange de spécification des fournitures de ces entrepreneurs aux différents formulaires d’appels d’offres lancés par la ville.

Jean-Marc Robitaille, 64 ans, a été maire de Terrebonne pendant près de 20 ans avant de démissionner en novembre 2016, quelques mois après des perquisitions policières.

Grand Montréal

Procès et poursuites