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Après la grève évitée des employés de soutien, l'Ontario négocie avec les enseignants

Stephen Lecce levant les yeux au ciel durant un point de presse.

Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Stephen Lecce

Photo : The Canadian Press / Cole Burston

Radio-Canada

Après avoir évité une grève de 55 000 employés de soutien dans les écoles, le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, a bon espoir de pouvoir aussi conclure une entente de principe avec les enseignants.

Le gouvernement de Doug Ford a conclu un accord de principe, dimanche soir, avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), représentant les employés de soutien, quelques heures seulement avant le déclenchement possible d'une grève, qui aurait entraîné la fermeture de centaines d'écoles.

Le ministre Lecce affirme avoir tiré d'importantes leçons de ces négociations.

Selon lui, le « chemin a été tracé » pour les pourparlers maintenant avec les quatre syndicats d'enseignants ontariens.

À l'heure actuelle, aucun de ces syndicats (AEFO, FEESO, FEEO et OECTA) n'a conclu d'entente avec le gouvernement pour le renouvellement des conventions collectives, qui sont échues depuis le 31 août.

Ces négociations se déroulent alors que le gouvernement a annoncé des compressions en éducation, y compris une augmentation de la taille des classes au secondaire, pour des raisons d'économie budgétaire. Le nombre moyen d'élèves par groupe doit passer de 22 à 28 de la 9e à la 12e année.

Le président de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), Harvey Bischof, qualifie l'entente de principe conclue entre la province et les employés de soutien de « signe encourageant ». Il veut maintenant que Doug Ford annule les coupes de personnel enseignant.

On veut les mêmes programmes et cours qui étaient offerts aux élèves l'an dernier.

Harvey Bischof, président de la FEESO

Les différents syndicats d'enseignants n'ont pas organisé de vote de grève pour l'instant.

Denis Chartrand, le président de l'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario (ACEPO), s'est dit « optimiste » face aux négociations avec les enseignants, lors d'une entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils.

Selon la politologue Geneviève Tellier, de l'Université d'Ottawa, le gouvernement Ford a acheté la paix dans les écoles à court terme seulement.

À court terme, soupir de soulagement pour M. Ford [qui a évité une grève des employés de soutien]. À moyen terme, c'est peut-être pas aussi simple que ça, parce que s'il a fait des concessions, les autres syndicats vont vouloir la même chose, explique-t-elle.

Pour sa part, la chef du NPD, Andrea Horwath, presse M. Ford, qui limite les apparitions publiques depuis le début de la campagne électorale, de « sortir de sa cachette », et d'annuler ses compressions en éducation.

Le gouvernement Ford a-t-il cédé?

Les employés de soutien appartenant au SCFP doivent se prononcer sur l'entente de principe conclue avec le gouvernement lors d'un vote de ratification à une date indéterminée pour l'instant.

Laura Walton, du SCFP, dit que l'accord de trois ans contient de « modestes » augmentations de salaire de 1 % par année, la protection de la banque de congés de maladie de ses membres et un réinvestissement gouvernemental de 20 millions de dollars dans les écoles. Merci d'avoir délié les cordons de la bourse, dit-elle.

Le professeur de gestion Louis Durand, de l'Université Laurentienne, pense que c'est une « bonne entente » pour le Syndicat.

Le Syndicat se retrouvait avec une très bonne position pour la négociation avec la campagne électorale fédérale en arrière-fond.

Louis Durand, professeur de gestion

En effet, les négociations se déroulaient avec pour toile de fond la campagne électorale fédérale durant laquelle le chef libéral Justin Trudeau a évoqué sans cesse le nom de Doug Ford et ses coupes, liant à répétition le premier ministre ontarien à son adversaire conservateur Andrew Scheer.

Une grève dans les écoles en Ontario aurait sans doute donné des munitions à M. Trudeau lors du débat des chefs, lundi soir, lui qui accuse M. Scheer de cacher son plan financier, comme l'avait fait le chef conservateur ontarien avant les élections provinciales et avant de procéder à des compressions une fois élu.

Pour sa part, le ministre Lecce a qualifié l'entente avec les employés de soutien de « succès progressif » en prévision des négociations avec les enseignants.

Le premier ministre Doug Ford, lui, s'est félicité d'avoir pu éviter une grève, tout en ajoutant ceci : Nous allons continuer de négocier de bonne foi avec tous les partenaires impliqués.

Rémi Sabourin, le président de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), a félicité le syndicat des employés de soutien sur Twitter.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC News

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