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Un Nobel de médecine qui promet pour la lutte contre le cancer

Un buste d'Alfred Nobel

Accompagné d'une médaille à l'effigie d'Alfred Nobel, chaque prix est doté de 9 millions de couronnes (1,2 M$ CA), que se partagent les candidats s'ils sont plusieurs.

Photo : Associated Press / Henrik Montgomery

Agence France-Presse

Le prix Nobel de médecine a été attribué conjointement lundi aux Américains William Kaelin et Gregg Semenza et au Britannique Peter Ratcliffe pour leurs recherches sur l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène. Les mécanismes moléculaires qu'ils ont révélés sont en cause dans la croissance des tumeurs. Leurs travaux ouvrent ainsi des perspectives pour lutter contre le cancer et contre l'anémie.

« L'importance fondamentale de l'oxygène est connue depuis des siècles, mais le processus d'adaptation des cellules aux variations de niveau d'oxygène est longtemps resté un mystère », a indiqué l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska à Stockholm dans ses attendus.

« Le prix Nobel de cette année récompense des travaux ayant révélé les mécanismes moléculaires à l'oeuvre dans l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène » dans le corps, a-t-elle souligné.

Ces mécanismes sont également impliqués dans les tumeurs, dont la croissance dépend de l’apport en oxygène du sang, en particulier certains cancers à progression rapide comme celui du foie qui consomment tellement d’énergie qu’ils brûlent tout l’oxygène disponible autour d’eux.

« Des efforts intenses en cours dans les laboratoires universitaires et les entreprises pharmaceutiques se concentrent maintenant sur le développement de médicaments capables d’interférer à différents stades d’une pathologie soit en activant ou en bloquant le mécanisme de captation de l’oxygène », selon le jury Nobel.

Kaelin travaille au Howard Hughes Medical Institute aux États-Unis, Semenza dirige le programme de recherche vasculaire au John Hopkins Institute de recherche sur l’ingénierie cellulaire. Ratcliffe est le directeur de la recherche clinique au Francis Crick Institute de London et du Target Discovery Institute d’Oxford.

Les lauréats recevront le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 1,2 M$ CA) qu’ils se partageront.

En 2018, le prix de médecine était revenu à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l’immunothérapie, qui se sont révélées particulièrement efficaces dans le traitement de cancers virulents.

Les parieurs misent sur Greta pour le Nobel de la paix

Mardi, ce sera au tour du Nobel de physique d'être dévoilé, puis la chimie mercredi et la littérature jeudi.

Entre-temps à Oslo, le 11, sera dévoilé le nom du ou des lauréats du Nobel de la paix. La militante suédoise Greta Thunberg, à l'origine du mouvement « Vendredi pour l'avenir », est la favorite des parieurs.

Dans chaque spécialité, les spéculations vont bon train, mais tout pronostic est hasardeux, sinon impossible, car les listes nominatives des candidats restent cinquante ans secrètes.

Pour la paix, le Comité Nobel norvégien, qui décerne le prix, a enregistré 301 candidatures cette année.

Traditionnellement sensible aux préoccupations de l'opinion, le comité n'a pu passer à côté du phénomène Greta et de l'engouement qu'elle suscite auprès des jeunes générations dans son combat pour alerter les dirigeants du monde sur l'urgence climatique.

Les experts restent cependant divisés sur la réalité du lien entre conflits armés et dérèglement climatique.

Le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), Henrik Urdal, juge « extrêmement improbable » que la jeune fille obtienne le prix, soulignant aussi son jeune âge. Greta Thunberg a 16 ans.

La plus jeune lauréate, Malala Yousafzai, a reçu le prix Nobel à 17 ans en 2014.

Parmi les « nobélisables » sont aussi cités le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation avec l'Érythrée, et des ONG comme Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Elle retire le voile de sa tête.

La militante pakistanaise Malala Yousafzai a remporté le prix Nobel de la paix en 2014.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

Et la littérature dans tout ça?

En 2018, l'Académie suédoise, créée sur le modèle de l'Académie française et bouleversée par l'exposition de ses turpitudes internes après un scandale d'agression sexuelle, avait dû reporter d'un an l'annonce du Nobel – une première en 70 ans – faute du quorum d'académiciens requis.

Il y a donc cette année deux médailles, l'une pour 2018 et l'autre pour 2019. Mais pour Madelaine Levy, critique au quotidien Svenska Dagbladet, les lauréats pourraient ne « pas accepter le prix » dévalorisé à leurs yeux.

Comme chaque année depuis 1901, la liste des potentiels lauréats est aussi longue qu'incertaine, mais les académiciens devraient éviter des choix disputés pour faire oublier les déboires passés.

Ils pourraient sacrer la Polonaise Olga Tokarczuk, le Kényan Ngugi Wa Thiong'o, l'Albanais Ismaïl Kadaré, l'Américaine Joyce Carol Oates ou le Japonais Haruki Murakami, selon les critiques interrogés par l'AFP.

Dernier né des Nobel, le prix d'économie, créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède, sera décerné le 14 octobre.

Parmi les lauréats possibles, Micael Dahlén, professeur d'économie interrogé par l'AFP, avance un trio de femmes : les Américaines Anne Krueger pour ses recherches sur le commerce international, et Carmen Reinhart, qui travaille sur les dettes publiques et la croissance, ainsi que la Française Esther Duflo, spécialisée dans l'économie du développement.

Accompagné d'une médaille à l'effigie d'Alfred Nobel, chaque prix est doté de 9 millions de couronnes (1,2 M$ CA), que se partagent les candidats s'ils sont plusieurs.

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