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Les anciens leaders du NPD à la rescousse

Après Alexa McDonough, Ed Broadbent est venu prêter main-forte à Jagmeet Singh, dimanche, à Ottawa.

Ed Broadbent et Jagmeet Singh marchent côte à côte dans la rue.

Jagmeet Singh a demandé conseil à Ed Broadbent en vue du débat de lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Contrairement aux autres partis fédéraux, le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’hésite pas à sortir ses anciens chefs de leur retraite, cette année. L’objectif : montrer que la mouture actuelle du parti est en phase avec les valeurs qui l’ont toujours guidé dans ses actions. Et remonter dans les sondages, si possible.

En cette veille de débat des chefs, Jagmeet Singh n’a fait qu’une seule apparition publique dimanche : une balade au marché fermier d’Ottawa avec Ed Broadbent, qui a dirigé le NPD de 1975 à 1989. Une sortie planifiée par le parti, qui a mis en scène le troisième et le huitième chef de son histoire.

Même s’il a quitté la politique active il y a longtemps, M. Broadbent conserve une crédibilité certaine auprès de l’électorat, ainsi qu’une influence forte au sein du NPD, explique-t-on dans l’entourage de M. Singh.

Ce dernier a d’ailleurs profité de l’occasion pour lui demander conseil en vue du débat des chefs qui aura lieu lundi — le seul débat en anglais de la campagne à réunir les six principaux chefs de partis du Canada.

M. Broadbent, 83 ans, lui a recommandé de rester lui-même et de répéter la même chose qu’au débat de TVA. Selon lui, Jagmeet Singh a été superbe ce soir-là. Il ne doit rien changer, a-t-il dit en résumé.

Occupés à serrer des mains et à se faire prendre en photo, les deux hommes n’auront échangé que quelques phrases à propos du débat de lundi. Pour le NPD, M. Broadbent est une force progressiste connue du grand public. Alors, de les voir ensemble, ça ne peut être que bénéfique, surtout que les deux s’entendent bien, explique un dirigeant du parti.

Un homme parle à M. Singh en montrant du doigt M. Broadbent.

MM. Singh et Broadbent ne sont pas passés inaperçus, dimanche, au marché fermier d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Ce n’est pas la première fois que Jagmeet Singh croise sur son chemin l’un de ses prédécesseurs.

Le 24 septembre dernier, à Halifax, sa route a rejoint celle d’Alexa McDonough, qui a mené les troupes du NPD de 1995 à 2003. La principale intéressée n’a eu que de bons mots pour lui, allant même jusqu’à dire que M. Singh était un trésor que le reste du pays s’apprête à découvrir.

M. Singh tient la main de Mme McDonough dans les airs.

Alexa McDonough a abandonné la direction du NPD en 2003. Seize ans plus tard, le parti est maintenant dirigé par Jagmeet Singh.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Quarante-huit heures après le déclenchement de la campagne, Jagmeet Singh avait également rendu visite à Olivia Chow, la veuve de Jack Layton, qui a piloté le parti de 2003 jusqu’à son décès, en 2011. L’ancienne députée néo-démocrate, qui a tenté sans succès de se faire élire à la mairie de Toronto en 2014, l’a reçu chez elle pour une « soirée pizza ».

Il y a beaucoup de militants fantastiques qui viennent ici pour profiter de l’énergie d’Olivia et Jack, avait expliqué M. Singh autour de la table de la cuisine. On va vraiment en avoir besoin; la route s’annonce difficile.

Mme Chow et M. Singh sont entourés de militants, dans une pièce de la maison de l'ex-députée.

Olivia Chow et Jagmeet Singh, le 13 septembre dernier

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le fantôme de Jack Layton, à qui l’on attribue la fameuse « vague orange » avec 103 députés néo-démocrates élus en 2011, un record, n’est jamais bien loin.

Sur la côte ouest, l’équipe du NPD dit avoir trouvé « par hasard » une vieille pancarte de l’ancien leader dans le compartiment à bagages de l’autocar loué pour faire campagne en Colombie-Britannique. Elle en a déduit que le parti avait loué le même autocar en 2011, et que ladite pancarte était là depuis huit ans. Hasard ou coïncidence?

Dans tous les cas, Jagmeet Singh a finalement ramené la pancarte à Ottawa pour qu’elle soit accrochée quelque part dans le nouvel édifice Jack-Layton, au centre-ville.

Il tient une affiche de Jack Layton.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, poursuit sa campagne à Vancouver mardi.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a également été mis à contribution. Le seul chef de gouvernement néo-démocrate au pays est venu à la rencontre de Jagmeet Singh dans un restaurant de Victoria, le jour de la grève mondiale pour le climat. Les deux hommes, manifestement heureux de se voir, ont discuté pendant plusieurs minutes devant l’œil des caméras.

Les deux hommes se regardent en riant.

Jagmeet Singh et John Horgan, le 27 septembre dernier

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Si l'on parle souvent de nos anciens chefs, c’est parce que leur legs est énorme, explique une source au sein du parti, qui prend pour exemple Tommy Douglas, qui est considéré au Canada anglais comme le père de l’assurance maladie. C’est une façon pour nous de montrer ce que le parti a apporté dans le passé, et ce qu’il peut continuer à apporter aujourd’hui.

Notre dossier Élections Canada 2019

Mais comme dans tous les partis, l’harmonie n’est pas nécessairement au rendez-vous avec tous les anciens leaders du NPD.

Thomas Mulcair, par exemple, a critiqué Jagmeet Singh à plusieurs reprises depuis qu’il est devenu analyste politique pour les médias de Québecor. Encore récemment, l’ancien chef du NPD, à qui les militants ont montré la porte en 2016, a soutenu sur les ondes de QUB radio que la meilleure plateforme environnementale, tous partis confondus, était celle… du Parti vert du Canada.

L’ancienne première ministre néo-démocrate de l’Alberta, Rachel Notley, a également déclaré cette semaine à CBC qu’elle n’était pas sûre de voter pour le parti de Jagmeet Singh aux élections fédérales du 21 octobre prochain… ce qui a fait dire au principal intéressé qu’il devait travailler plus fort pour avoir son appui.

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