•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Du soutien en santé mentale pour les intervenants de première ligne

Un homme, qui semble désespéré, est isolé dans un couloir.

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario indique que de plus en plus de ses membres nécessitent des services de soutien en santé mentale.

Photo : Shutterstock

Bienvenu Senga

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) souhaite que ses membres aient accès à du soutien en santé mentale de la part de leurs pairs. Ces derniers sont capables, à cause de leurs propres expériences, d’offrir une approche complémentaire à celle des professionnels de la santé, indique le syndicat.

Cette semaine, le SEFPO organise ainsi des collectes de fonds dans quatre villes du Nord-Est de l’Ontario : North Bay, Timmins, Sault-Sainte-Marie et Sudbury.

Les fonds serviront à créer des sections permanentes des organismes Boots on the Ground et Badge of Life.

Ces organisations s’occupent du recrutement et de la formation de personnes œuvrant dans divers domaines, qui offrent à leur tour du soutien en santé en mentale à leurs pairs.

Selon Nathalie Rondeau, membre du conseil exécutif du SEFPO, les services qu’offrent ces personnes deviennent de plus en plus nécessaires.

Nous représentons beaucoup de gardes correctionnels en Ontario et avec les taux de suicide et les taux de défis liés à la santé mentale et à la dépendance auxquels les prisonniers et les gardes font face, c’est pas évident de travailler dans ces conditions-là, note-t-elle. 

Des fois, on fait face à des choses dans notre travail qui nous laissent des séquelles pour le reste de nos jours et il s’agit donc de vraiment soutenir [nos membres] pour leur donner ce dont ils besoin pour pouvoir vivre au jour le jour.

Nathalie Rondeau, membre du conseil exécutif du SEFPO

Moins de services dans le Nord

Si les besoins en service de santé mentale semblent augmenter dans le Nord de l’Ontario, la région est confrontée, selon Mme Rondeau, à un manque de services qui empêche de combler les besoins de plusieurs des membres de la SEFPO

Dans le Nord de l’Ontario, on est dans une situation qui est un peu différente qu’ailleurs en province. Les organismes sont surchargés, leurs fonds opérationnels sont coupés et ça produit un effet domino qui crée des listes d’attente, explique-t-elle. 

Or, estime Mme Rondeau, les personnes en détresse ont parfois simplement besoin de parler, d’un moment pour jaser de [leurs] émotions, d’avoir quelqu’un qui peut [les] écouter et prendre un café avec [elles] avant de passer à l’étape suivante

Un gros plan sur une porte d’ambulance.

Le SEFPO regroupe plusieurs intervenants de première ligne, dont des policiers, des ambulanciers et des agents correctionnels.

Photo : CBC/Gian-Paolo Mendoza

Dans le cadre de leur formation, les pairs de Boots on the Ground et de Badge of Life sont guidés par des professionnels de la santé et leur rôle n’est pas de remplacer ces derniers.

Mais selon Mme Rondeau, leur intervention auprès des intervenants de première ligne en détresse peut apporter une valeur ajoutée dans leur cheminement vers le rétablissement.

Des fois, il s’agit de parler avec quelqu’un qui a un vécu semblable, qui comprend les réalités, les difficultés quotidiennes au travail que peut rencontrer un policier, un garde correctionnel. Les personnes qui travaillent en santé mentale aussi connaissent aussi des traumatismes, celles qui travaillent dans les tribunaux et qui prennent des notes pendant les procédures judiciaires. C’est vraiment un grand palier et il faut s’assurer que ces personnes se sentent bien et qu’elles soient comprises par les personnes avec qui elles dialoguent, affirme Mme Rondeau.

C’est un aspect de relation. Des fois, c’est aussi simple que : j’ai déjà été dans cette salle-là, donc je comprends les paramètres de la situation parce que j’ai une bonne connaissance de l’édifice. C’est de rapprocher ces éléments-là.

Nathalie Rondeau, membre du conseil exécutif du SEFPO

Des essais de jumelage entre des membres du SEFPO de Thunder Bay et leurs pairs ont connu du succès, ajoute Mme Rondeau.

Elle souligne d’ailleurs que les deux organisations avec lesquelles le syndicat veut s’associer ont été choisies parce que ce sont celles que les membres connaissaient et appréciaient.

Au cours des activités prévues cette semaine, le SEFPO espère aussi mieux faire connaître l’importance des services de soutien par les pairs, qui demeurent méconnus de manière générale, croit Mme Rondeau.

Nord de l'Ontario

Santé mentale